Violences sexuelles: Angelina Jolie écorche la communauté internationale

Violences sexuelles: Angelina Jolie écorche la communauté internationale
Angelina Jolie, qui est également envoyée spéciale du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, a énuméré la liste des promesses, des lois et des résolutions qui ont été adoptées à travers le temps, mais qui ont échoué à éliminer les violences sexuelles dans les situations de guerre. PHOTO DARRYL DYCK, LA PRESSE CANADIENNE

Angelina Jolie a sévèrement critiqué la communauté internationale, mercredi, qui selon elle a failli dans sa mission d’éliminer les violences sexuelles en situation de conflit et l’actrice hollywoodienne a exhorté les Nations unies à finalement s’atteler à la tâche.

L’actrice récipiendaire d’un Oscar s’adressait aux dirigeants étrangers et aux militaires qui étaient réunis mercredi pour un sommet des Nations unies sur les opérations de maintien de la paix à Vancouver, où il a beaucoup été question du rôle important des femmes en situation de conflit.

Cette rencontre a aussi été l’occasion de discuter de mesures pour prévenir l’utilisation des enfants-soldats et protéger les enfants pris au centre de conflits. Les participants ont d’ailleurs dévoilé une série d’engagements qui ont été signés par 53 pays.

Le Canada a joué un rôle important pour mettre de l’avant ces débats en tant qu’hôte du sommet; le gouvernement s’est d’ailleurs engagé à verser 21 millions pour augmenter le nombre de femmes dans les missions de maintien de paix et les autres opérations militaires.

Il a fait cette promesse alors que de plus en plus de gens reconnaissent que la présence des femmes est essentielle dans les opérations de maintien de paix, notamment pour interagir avec les victimes de violences sexuelles. Seulement 7 pour cent des 13 000 policiers déployés comme Casques bleus sont des femmes et chez les militaires, elles ne représentent que 2 pour cent des troupes.

Angelina Jolie, qui est également envoyée spéciale du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés, a énuméré la liste des promesses, des lois et des résolutions qui ont été adoptées à travers le temps, mais qui ont échoué à éliminer les violences sexuelles dans les situations de guerre.

Elle n’a pas mâché ses mots lorsqu’elle a critiqué l’ONU, qui n’a pas réussi à augmenter ses effectifs féminins dans les opérations de maintien de paix.

«Cela fait 21 ans que l’ONU a promis pour la première fois de répondre aux agressions sexuelles perpétrées par des soldats de maintien de paix et d’augmenter le nombre de femmes déployées dans les opérations», a-t-elle déclaré.

«Pourtant, l’exploitation de civils sans défense a toujours lieu. Et encore moins de 4 pour cent des Casques bleus sont des femmes.»

L’actrice a toutefois reconnu qu’un changement de culture s’amorçait, soulignant que des dirigeants militaires avaient commencé à «s’occuper des tabous autour de ces enjeux et de passer à l’action».

Le Canada, le Royaume-Uni et le Bangladesh ont été salués pour leurs engagements en ce sens.

Plusieurs pays européens ont aussi promis d’augmenter substantiellement les femmes dans leurs forces de maintien de la paix. «J’espère qu’ils ne font que commencer. Nous ne ferons que renforcer nos sociétés et améliorer le maintien de la paix», a-t-elle affirmé.

LEE BERTHIAUME
La Presse Canadienne
VANCOUVER

Sabrina Lallemand
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