Les filles victimes de sexisme dès l’école primaire

Les filles victimes de sexisme dès l’école primaire

Les préjugés sexistes existent dans tous les domaines de la société algérienne et atteignent les filles dès leur jeune âge, autrement dit, dès l’école primaire. Une situation qui serait bien plus grave qu’on le croirait et pas que dans notre société. En effet d’après une récente étude américaine, ce serait dès l’âge de 6 ans que le sexe féminin (partout dans le monde) intégrerait ces idées reçues.

Bien que les préjugés, la misogynie et les stéréotypes hommes/femmes soient de plus en plus combattus, ils ont  toujours et encore leurs influences et effets  sur les filles et cela dès leur plus jeune âge. Plusieurs causes à cela, d’abord le foyer familial et l’éducation: on apprend à nos enfants que les garçons sont plus libres que les filles, plus intelligents, plus forts et qu’ils  ont plus d’autorité que le sexe féminin. Une fois ces « principes et valeurs » inculqués dans l’esprit des petits garçons, la machine est lancée pour en faire de véritables sexistes et machos.  Il n’est pas rare de voir, en Algérie, un petit garçon d’à peine 8 ans ordonner à sa sœur de rentrer à la maison, ou de la frapper pour une raison ou une autre…

L’école et tous ses manuels scolaires ne sont pas si innocents qu’ils ont en l’air . La représentation des hommes et des femmes dans les livres d’apprentissage  révèle la vision particulièrement stéréotypée et sexiste de la société ( Madame est infirmière et monsieur est médecin, Papa travaille dehors et maman s’occupe des tâches ménagères, les garçons jouent au foot dehors tandis que les filles restent à la maison pour jouer à la poupée…)

Une étude publiée dans le journal Science  vendredi 27 janvier affirme que « dès 6 ans, ces dernières se sentent moins intelligentes que les garçons » Pour arriver à ces résultats, les scientifiques ont d’abord raconté à 400 enfants (entre 5 et 7 ans) une histoire sur un personnage « vraiment très intelligent » sans préciser son sexe. Ces derniers ont ensuite dû identifier le protagoniste entre des photos montrant deux hommes et deux femmes ayant les mêmes caractéristiques d’âge et style vestimentaire. A l’âge de 5 ans, les garçons et les filles avaient tendance à identifier les personnes de leur propre sexe. Cependant  entre 6 et 7 ans, les filles étaient moins nombreuses dans ce cas-là.

Les chercheurs ont effectué une deuxième expérience. Ils ont présenté deux activités aux enfants. Une a été décrite comme « une activité pour les enfants très très intelligents » et l’autre comme « une activité pour les enfants qui font beaucoup beaucoup d’efforts ». Tous les enfants de 5 ans voulaient jouer avec la première alors que dans la tranche d’âge de 6 à 7 ans, les filles optaient pour la seconde activité. Ce n’est pas le jeu en lui-même qui n’intéressait pas les filles, mais sa description qui les poussaient à s’en détourner.

Ainsi, les filles pensent qu’elles ne sont aussi intelligentes que les garçons, elles ont tendance à s’écarter de certaines voies dites difficiles . Il est important de corriger ces idées reçues et empêcher ces stéréotypes sexistes de s’immiscer dans la tête des fillettes, affirmons-leur sans cesse qu’elles sont intelligentes et qu’elles peuvent accomplir tout ce qu’elles désirent.

Yasmine Amziane
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