Femmes algériennes : trop intelligentes pour être heureuses ?

Femmes algériennes : trop intelligentes pour être heureuses ?

 

Même si les femmes sont encore sous-représentées à la tête des grandes entreprises et des partis politiques, on constate qu’elle gagne de plus en plus de terrain sur plusieurs territoires qui étaient réservés exclusivement aux hommes. Plus diplômées que les hommes, elles ont les compétences intellectuelles et les qualités personnelles pour aspirer aux postes les plus prestigieux au pays, mais les hommes les attendent au tournant afin de les punir à cause de leurs attentes un peu trop élevées.

Pendant que je me torturai l’esprit à trouver une bonne accroche pour cet article, une question a surgi de nulle part pour me ramener à une évidence que je ne voulais peut-être pas voir. Elle est arrivée au moment où je pensais savoir quoi écrire dans cette chronique pour me faire changer de cap.

On sait déjà qu’il ne faut surtout pas généraliser. L’intelligence est relative et il existe aussi des hommes merveilleux. Cet article s’adresse aux femmes qui ont réussi leurs carrières ou qui ont les compétences pour le faire, mais elles se rendent compte que ce qui aurait dû être un avantage, se transforme en cauchemar.

Pour traiter un tel sujet, il faut tenir compte des spécificités de la société algérienne et de la complicité de la femme elle-même dans le maintien de ce rapport de domination qui procure un sentiment de sécurité, indispensable à la plupart d’entre elles.

Est-ce que l’homme algérien a déjà pris le vrai pouvoir ?

Après mûre réflexion, je me rends compte que la vraie question est là. La femme algérienne a toujours su asseoir son pouvoir de façon subtile.

Honnêtement, quel est l’homme algérien qui peut prétendre avoir le plein contrôle sur les affaires familiales ? S’il y en a un qui répond : « Moi ! », c’est que sa femme a été assez habile pour lui faire avaler que c’est lui qui a le contrôle sur les destinées de leur foyer. Il faut avouer aussi que les hommes aiment, discrètement, savoir que la maison est bien gardée pendant qu’ils passent leurs journées dans le café du quartier.

À force d’analyser la position de la femme dans la société algérienne, je ne peux m’empêcher de conclure qu’elle est souvent restée en arrière-plan pour ne pas bousculer nos vieilles coutumes, qui font que l’homme est traditionnellement le chef de famille incontesté et incontestable.

Puis elles ont envahit les universités et les grandes écoles 

Les hommes qui sont terrorisés par cette marche silencieuse se rassurent en  se disant que même si elles avancent vite, elles ne pourront jamais accéder au « pouvoir suprême » dans le monde de l’entreprise et de la politique.

Même s’il est vrai qu’elles ne prennent aujourd’hui que ce qu’on leur donne, au nom d’une égalité, fictive, des sexes, il y a de plus en plus de femmes déterminées à arracher leur place aux côtés des hommes et c’est cette catégorie qui est visée dans cet article.

Celles qui se complaisent dans ce rapport de domination mâle/femelle, ne sont pas pas concernées. Je ne dis pas qu’elles ont raison ou tort de le faire, elles ne sont tout simplement pas concernées par cette analyse.

La femme algérienne a une relation ambigüe au pouvoir

Elle veut prendre les commandes sans vraiment le vouloir. Certaines d’entre elles se complaisent à vivre avec ces inhibitions qui les empêchent d’avancer, par peur de froisser la gent masculine, et de se retrouver avec l’étiquette de « 3icha radjel ».

Si elle est encore célibataire, elle risque de finir vieille fille et si elle est mariée, sa plus grande crainte est d’avoir un salaire plus important que celui de son mari, comme si elle était condamnée à vivre dans l’ombre, pour ne pas remettre en question la virilité de son homme.

Une relation virile dont elles ne veulent pas vraiment se séparer 

Même si quelques femmes osent asseoir leur pouvoir de nos jours, la démarche de la plupart d’entre elles reste prudente, car elles ont besoin de « la puissance » d’un homme pour se sentir rassurées. Beaucoup n’hésitent pas à le faire savoir. Elles veulent un homme qui soit « les zommes », « Radjel », ou encore « Thargaz ». Elles ne veulent pas d’un mâle qui se plie à leurs quatre volontés, tout le temps. Une petite crise de colère aide, selon elles, à remettre les pendules à l’heure pour bien comprendre qui porte le pantalon à la maison.

Je suis conscient que ce genre de discours peut irriter les défenseurs des droits de la femme. Je ne le comprenais pas non plus, mais dans la réalité algérienne, allez comprendre pourquoi la majorité des femmes veulent vivre dans une relation de domination, où elles jouent le rôle de l’âme fragile qui a besoin d’être protégée.

Féminité ou pouvoir ?

À l’époque où c’était l’homme qui était chargé de nourrir la famille, la question n’était pas d’actualité, mais notre mode de vie actuelle impose à la femme d’aller à la chasse avec son mari, et c’est à partir de ce moment que le terrain devient glissant. Contrairement à l’homme, elle ne possède pas, instinctivement, ce désir impérieux qui va à l’encontre de sa pudeur. Elle n’est pas assoiffée de pouvoir.

À trop être ambitieuse, elle a peur d’être assimilée à un garçon manqué, car nous définissons notre identité sexuelle par opposition à l’autre. Il y a des comportements de femmes et des comportements d’hommes, et selon les croyances populaires, il ne faut surtout pas franchir la ligne rouge.
Notre époque est celle de la parité à tous les niveaux. Les résistances sont inconscientes et elles se construisent depuis l’enfance. Les jeux de garçons, et les jeux de filles ont largement contribué à mettre les règles de conduite en place.

« Une femme trop brillante risque de finir vieille fille, ou comme on dit chez nous : bayra »

Cette affirmation est vraie, mais elle a ses limites. Cela reviendrait à dire aux femmes : »Soyez belles, bêtes, et fermez-là ».

À l’heure où « les Zommes », mariables, se font de plus en plus rare en Algérie, partir à la recherche de l’âme sœur équivaut à une expédition sur la planète Mars. Entre les vieux garçons qui ont juré de rester célibataires, ceux qui n’ont pas les moyens de s’engager, ceux qui ont changé d’orientation sexuelle, les hommes qui n’ont qu’une chose en tête, et tous les autres qui ont quitté le pays, la femme algérienne est, il faut l’avouer, dans de sales draps.

Il faut se rendre à l’évidence. Dans notre pays, il n’y a pas beaucoup d’hommes avec qui vous pourrez parler du nouveau livre de Dan Brown ou du dernier logiciel de Microsoft. Ils ne veulent pas passer pour des cons devant des femmes qui parlent de technologies pendant un dîner de famille, sans qu’il ne puisse eux-mêmes apporter leur grain de sel à la discussion.

L’algérien, comme tous les hommes de la planète, veut être la priorité de sa femme. Il ne supporte pas qu’elle fasse passer sa carrière devant lui. Plusieurs études le démontre, dont cette très sérieuse étude publiée dans la revue américaine « Personality and Social Psychology Bulletin », qui explique que ce phénomène est dû à la peur de voir la virilité masculine remise en cause et d’une peur du constante du rejet.

Même si l’homme est fier de vivre avec une femme émancipée, il se sent dévalué. Le jeu de séduction qui s’engage à la rencontre d’une femme intelligente est stimulant. Arriver à séduire une femme au quotient intellectuel supérieur est valorisant au début, mais après la parade nuptiale, le mâle est face à la réalité. Face à une femme qui comprend tout ce que dit le banquier, pas lui.

Il y a des femmes qui réussissent « malgré » leur intelligence

Beaucoup d’algériennes vivent avec cette peur d’effrayer les hommes. Elles pensent, à tort, que personne n’osera les aborder à cause de leur niveau intellectuel. Certaines préfèrent adopter la stratégie de l’autruche. Elles cachent leurs talents et laissent toute la place à l’homme pour briller dans le couple et la société. D’autres choisissent des hommes charismatiques qui ont des valeurs fortes et une grande confiance en soi. Un homme qui a une carence d’estime en soi a tendance à dévaloriser sa campagne s’il trouve qu’elle est plus intelligente que lui.

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Par Mohamed IDIR
Expert en développement humain & communication

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13 comments

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13 Commentaires

  • Mouhoub
    29 mai 2016, 11 h 00 min

    Bonne analyse !

    REPLY
  • néo
    31 mai 2016, 0 h 26 min

    chose qui n’est pas mentionné c’est qu’il y’a une grande différence entre être une personne intelligente et réussir sa vie professionnelle . après y’a plusieurs formes d’intelligences … mais bon les femmes réussissent de plus en plus mais est une preuve d’intelligence ou d’efforts ?
    ou sont les femmes qui sont assez intelligentes pour savoir aborder une conversation , savoir parler avec leurs maris , qui ne tentent pas de rabaisser , respectent les rôles ?
    pour moi une personne intelligente est une personne curieuse , se pose beaucoup de questions et c’est celle qui travaille sur le développement personnel avant tout, respecte les autres , écoute et apprend , lit pour apprendre ,ressentir les expériences de l’auteur et non pas pour connaitre une histoire, après tire des leçons pour les appliquer ensuite !
    conclusion, plus on est intelligent plus on connait le sens de cette vie mieux on sait gérer et enfin plus on est heureux !

    REPLY
    • Ruth Sabat@néo
      31 mai 2016, 2 h 03 min

      Quelle est le rôle de la femme pour vous ?

      REPLY
  • soumia
    31 mai 2016, 20 h 39 min

    Si elles ont envahit les universités les ecoles et les sociétés c’est pas parcequ’elles sont intelligentes mais parce qu elles ont trouvé le terain libre! Si elles sont malheureuses c’est pas parceque elles sont trop intelligentes !! mais parceque les zommes sont trop lâches ! La femme algerienne fait tout aujourd’hui "trabi, tkabar tsa3af et en plus elle travaille ! Elle devient autonome et le M. qu est ce qu’il fait le M.? Ah oui faut pas critiquer un homme jamais de la vie radjal mafihch l3ib! c’est pas le nombre des hommes qui est en manque mais plutot la qulité.

    REPLY
  • Libobey
    1 juin 2016, 14 h 20 min

    J’ai vraiment adoré cet article, l’auteur a très bien su expliquer et très simplement la situation de la femme algérienne de nos jours…

    REPLY
  • Libobey
    1 juin 2016, 14 h 20 min

    J’ai vraiment adoré cet article, l’auteur a très bien su expliquer et très simplement la situation de la femme algérienne de nos jours…

    REPLY