DESINTOX. Non, la cause des douleurs avant les règles n’a pas été découverte

DESINTOX. Non, la cause des douleurs avant les règles n’a pas été découverte
Les douleurs prémenstruelles peuvent être aussi douloureuses que celles pendant les règles. © Martin Lee / Rex Featur/REX/SIPA

Les douleurs prémenstruelles sont causées par une protéine inflammatoire libérée par le foie, peut-on lire dans les médias depuis quelques jours. Sauf que la cause est confondue avec la conséquence. Explications.

Les règles sont connues pour être douloureuses, mais les jours précédents n’épargnent pas non plus 80 % des femmes : fatigue, douleurs abdominales, ballonnements, migraines et nausées représentent quelques exemples de symptômes prémenstruels phares. La moitié de celles qui souffrent cherchent des traitements pour apaiser leurs douleurs, et leur médecin les oriente souvent vers des anti-inflammatoires.

Une médication logique et plutôt efficace, mais qui pourtant n’avait pas été scientifiquement validée, la corrélation entre les symptômes prémenstruels et une inflammation n’ayant jamais été mise en évidence. C’est désormais chose faite par des chercheurs de l’Université de Californie (États-Unis) : ils révèlent dans une étude publiée dans leJournal of Women’s Health un lien significatif entre les symptômes prémenstruels et un niveau de protéine C réactive élevé (supérieur à 3 mg par litre), une protéine bien connue comme marqueur d’inflammation.

Malgré ce que de nombreux médias, notamment britanniques, ont révélé, cette étude ne montre absolument pas que cette protéine est la cause de ces douleurs !

Les taux de cette protéine s’élèvent car les femmes ont mal, et non le contraire
« La protéine C réactive, synthétisée par le foie, est un marqueur des douleurs de manière générale, résume auprès de Sciences et Avenir le Dr Bertrand de Rochambeau, gynécologue-obstétricien de l’Hôpital Privé Marne Chantereine et vice-président du SYNGOF (Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France). En somme, les taux de cette protéines’élèvent car les femmes ont mal, et non le contraire. Si l’on veut montrer la cause, il faut donc ne pas tenir compte de ce marqueur et chercher ailleurs. »

Certes, cette étude ne démontre pas la cause des symptômes prémenstruels, même si les chercheurs soulèvent l’éventualité d’une dysfonction immunitaire contribuant à l’inflammation chronique qui précèderait leur apparition. Mais ces travaux demeurent utiles : en analysant les données de 2.939 femmes afin d’évaluer l’association entre les niveaux de CRP et la sévérité des symptômes périmenstruels, les chercheurs valident l’utilisation d’anti-inflammatoires pour réduire ces symptômes.

Ces derniers sont-ils un marqueur d’autres pathologies inflammatoires ? Avec cette nouvelle étude se pose la question d’un lien entre la présence de symptômes prémenstruels et le développement d’autres maladies inflammatoires. « Certains travaux ont déjà suggéré une association entre ces symptômes prémenstruels et un risque accru d’hypertension, explique Elizabeth Bertone-Johnson, de l’Université du Massachussetts,dans un commentaire associé à l’étude. Les anti-inflammatoires présenteraient donc un double bénéfice, à court et à long terme : soulager les douleurs prémenstruels et prévenir le risque de maladie chronique. »

 

 

Par Lise Loumé
Sciences & Avenir

 

Sabrina Lallemand
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