Des femmes sans visage sur des affiches électorales

Des femmes sans visage sur des affiches électorales
Une femme passe devant une affiche pour les élections législatives, le 2 mars 2017 à Alger, en Algérie. © Anis Belghoul/AP/SIPA

C’est une première en Algérie : des femmes sans visage sont affichée sur les listes électorales, des femmes avec les visages floutés sont également diffusées à la télévision pour la présentation de leur programme électoral. Heureusement, la Haute instance de surveillance des élections vient de réagir à de tels comportement en mettant en demeure divers partis pour avoir autorisé ces comportements inappropriés. 

La loi Algérienne oblige une représentation minimale des femmes sur les listes électorales, ainsi, l’assemblée nationale se compose à peu près de 32% de femmes. Pourtant, à quelques semaines des élections législatives qui se tiendront le 4 mai prochain, nombreux sont ceux qui ont été surpris par leur représentation sur les affiches électorales. En effet, plusieurs partis politiques ont tout bonnement décidé de ne pas montrer le visage de ces femmes candidates mais de laisser seulement apparaître leur identité accompagnée d’un dessin de femme voilée.  La chaîne télévisée algérienne, diffuse sa matinale comme chaque jour, cette fois-ci, une candidate est l’invité de la matinale, elle parle de son parti politique, de leur programme électoral, seulement le visage flouté.  vidéo

 

Certains partis politiques n’incluent des femmes dans leurs listes que parce que la réglementation l’exige. En effet, la loi en question, datée de 2012, impose des quotas de représentation des femmes dans les assemblées élues, poussant ainsi certains partis à intégrer des candidates dans le seul but de rester dans les clous. Pourtant, ce ne sont pas les hommes qui exigent des femmes qu’elles soient dissimulées mais bien elles-mêmes. Pourquoi vouloir être anonyme alors que l’on concourt à devenir députée et donc, à prendre la parole au Parlement pour représenter ses concitoyens ?

Est-ce un choix personnel ou imposé ? Ces « femmes fantômes » souhaitent-elles vraiment devenir députées ou n’ont-elles prêté leur nom que pour remplir les quotas ? ​Quoi qu’il en soit, en Algérie, pour représenter le peuple il faut respecter une règle minimale de visibilité. C’est la raison pour laquelle les différents partis politiques ont été sommés par la commission électorale nationale d’afficher les visages des candidates sur leurs affiches et de mettre un terme à cette pratique.

 

Yasmine Amziane
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