On a vu « Torchaka » pour vous

On a vu « Torchaka » pour vous

Qu’est-ce que l’estime ?  L’attachement ? l’adoration ? l’affection ? ou encore cette même chose ‘maudite’ dont il ne faudra pas prononcer le nom ‘el Hob’ : l’amour. Du rire aux larmes, les allumettes (personnages) pointent du doigt, dans un microcosme social, l’univers démuni de sentiments, celui des allumettes (des Algériens).

Torchaka : une pièce ayant remporté le grand prix du 11e festival du théâtre professionnel et battu le record national des ventes depuis l’indépendance, connait chaque jour un succès phénoménal. Écrite et mise en scène par Ahmed Rezzag, la pièce de théâtre, présentée au Théâtre National Mahieddine Bachtarzi (TNA), dure environ 90 minutes, où une vingtaine de comédiens issus de différents théâtres régionaux interprètent des personnages touchants et attachants.

« Torchaka », campé par Adila Soualem et « Zalamit », rendu par Oussama Boudchiche, vont être saisis par un sentiment vif, des papillons dans le ventre et des étoiles dans les yeux reflétant ainsi une relation affective intense, ce qui suscitera la moquerie, l’étonnement et l’incompréhension des autres allumettes (les leurs).

Hamid Achouri a interprété le rôle de Sidi Zelmout, doyen et chef de la communauté, qui confronté à une telle situation ne saura pas expliquer à ses administrés l’existence d’un amour aussi insensé. Dans des situations rocambolesques, Samira Sahraoui, Khelifa Chahrazed, Yasmine Abdelmoumen, Sali, Mounira Ait Meddour, Mustapha Laribi, Ben Abdellah Djellab, Yacine Zaïdi et d’autres, se sont donnés la réplique à travers des dialogues allusifs et très expressifs au rythme soutenu.

Le décor, représente des boîtes d’allumettes de différentes tailles placées ici et là offrant des espaces de jeu intéressants aux comédiens qui ont exploité la scène dans sa globalité. L’ensemble des comédiens, parmi lesquels également, Sabrina Koreichi, Linda Blues, Sabrina Boukeria, Mohamed Lahoues, Riad Djefaflia, Chaker Boulemdaïs, Nassim Meznane et Mustapha Azzouz, a su porter le rythme de la scène et donner vie à ce texte merveilleusement bien écrit.

Écrire sur l’amour peut paraître banale cependant, dans Torchaka, il s’agit de mettre en scène, de l’amour, ces non-dits et toutes ces choses que l’on préfère garder pour soit à défaut d’être moqué. En effet, dans sa pièce, Ahmed Rezzak illustre parfaitement la notion de cet aspect mal exprimé et mal reconnu, en démontrant la frustration sentimentale qui pousse certaines personnes à développer une colère enfouie, exprimée souvent par la violence et la haine. Des faits et gestes qui dénaturent l’amour et font de lui un sentiment pour les faibles.

Ahmed Rezzak met également en exergue comment dans nos sociétés conservatrices, les humains ont du mal à manifester, exprimer, révéler à quelqu’un qu’on l’aime.

Torchaka est sans doute le spectacle à ne pas rater, si vous ne l’avez pas encore vu, retenez ces dates : le 22 24 et 25 février au TNA.

Yasmine Amziane
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