Festival Raconte-Arts: début de la 15e édition jeudi à Tizi-Ouzou

Festival Raconte-Arts: début de la 15e édition jeudi à Tizi-Ouzou
APS

TIZI-OUZOU – La 15ème édition du Festival Raconte-Arts débutera jeudi au village Tiferdoud (70 km au Sud-est de Tizi-Ouzou) et s’étalera sur une semaine en perpétuation depuis 14 ans d’une « dynamique d’engagement citoyenne ».

Lancée en 2004, la manifestation a acquis « un impact certain dans la région et même au-delà », estiment plusieurs observateurs et acteurs de la scène artistique locales.

Cette 15ème édition sera marquée par la consécration d’une journée au village hôte pour se faire connaître auprès des visiteurs. Une initiative qui consacre une idée force de cette manifestation qu’est « la participation citoyenne effective ».

« Nous avons décidé, à partir de cette édition, d’instituer une journée consacrée au village hôte pour faire valoir ses atouts auprès de ses hôtes en accord avec un principe fondateur du festival qu’est la participation citoyenne », a expliqué Hacène Metref, l’un des membre fondateurs et directeur du festival. Un principe qui était l’une « des motivations premières ayant présidé au lancement de la manifestation », a-t-il relevé.

Ce principe a été « adopté sans difficultés par les citoyens et les villages qui l’ont pris à bras le corps en s’engageant eux-mêmes dans la préparation de la manifestation », s’est félicité M. Metref, ajoutant : Le festival « n’est plus la propriété des ses promoteurs, mais de tous ceux qui y participent ».

A ce propos, et à la question sur l’éventualité d’exporter le festival, le responsable répond que « cela ne relève pas des organisateurs car il n’a pas de tuteurs, il suffit que l’idée soit prise par des acteurs locaux et chaque région ou wilaya aura son festival ».

Une manière de vivre ensemble

De par son mode d’organisation impliquant une large participation, le festival constitue « une aubaine pour promouvoir la citoyenneté », a estimé, pour sa part, Mohamed Salem Sadali, membre du comité de village de Tiferdoud et coordinateur du comité d’organisation de cette 15ème édition.

L’organisation de cette édition, a-t-il précisé, « n’a pas été déterminée par le prix du village le plus propre décerné au village Tiferdoud en 2017, mais, s’inscrit en droite ligne des objectifs que nous nous sommes tracés ».

« Après la consécration reçue en 2017, il fallait maintenir cette ferveur de participation au sein de nôtre village et l’accueil de ce festival s’est imposé pour nous comme une suite logique de nos objectifs », a expliqué M. Sadali, poursuivant : « Nous avons atteint nôtre premier objectif qui était de vivre dans un cadre agréable et propre, il fallait l’agrémenter de quelque chose qui puisse apporter de la joie de vivre et, aussi, maintenir la participation et perfectionner la solidarité créée ».

Pour le coordinateur du comité d’organisation, l’objectif de cette manifestation est de « promouvoir le vivre ensemble, s’organiser et penser des projets d’avenir ensemble, surtout pour les jeunes générations qui n’ont pas vécu cette solidarité ancestrale qui existait au sein de nôtre société ».

Ressusciter la cohésion sociale par l’engagement

Ce festival est une manière de  » ressusciter la cohésion sociale par l’engagement » de chacun pour une œuvre commune, a souligné pour sa part, Jugurta Nekmouche, anthropologue et directeur de thèses à l’Université Mouloud Mammeri (UMMTO) de Tizi-Ouzou.

« C’est une idée originale qui peut prétendre à la réparation, par l’engagement pour une œuvre commune, de la cohésion sociale entamée par plusieurs facteurs, à commencer par la longue nuit coloniale et de tout ce que nôtre société a vécu comme drames et tragédies depuis l’indépendance », a-t-il jugé.

La solidarité, qui était une valeur ancestrale au sein de nôtre société a été, « entamée dans ses ressorts par les différentes péripéties de nôtre Histoire et il est nécessaire de recréer des liens au sein de la société à la faveur de la paix sociale retrouvée », fait-il remarquer.

Aujourd’hui, « la notion même de temps a évolué, les gens sont éparpillés et pris par les péripéties de leur quotidien et il est primordiale de trouver des formules permettant des dynamiques communes ».

A ce propos, a-t-il renchérit, « la société peut saisir, à travers ce festival, qui est à la base une manifestation festive et de détente, que le sens de son salut est dans une dynamique d’engagement pour une œuvre commune » et partant, ajoute-t-il  » permettre de relancer le relais générationnel rompu ».

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