À l’occasion de la sortie de son nouveau clip, le rappeur Sopsy nous ouvre son coeur

À l’occasion de la sortie de son nouveau clip, le rappeur Sopsy nous ouvre son coeur
Sopsy, rappeur algérien Crédit Photo : Élite Presse®

Sopsy est un jeune rappeur algérien qui vit loin de son pays, mais cela ne l’empêche pas de le porter toujours dans son cœur. Il ne manque aucune occasion pour le crier haut et fort, poussé par un sentiment d’impuissance, son arme fatale, c’est le rap. Il jongle merveilleusement bien avec les mots et son unique objectif est d’éveiller les consciences. 

Comme beaucoup de jeunes, il n’a pas eu d’autres choix à part celui de quitter la terre de ses ancêtres, là où il est né, là où il a grandi, pour aller vivre sous un ciel plus clément, à Paris. La rupture n’est jamais facile. Quitter son pays, ses amis, ou encore sa famille, est un lourd fardeau, surtout pour un rappeur qui trouve l’inspiration en se mêlant à son public.

C’est avec le cœur lourd, mais plein d’espoir, qu’il a répondu à nos questions, à l’occasion de la sortie de son dernier clip : « Ithren ».

Après avoir produit deux albums en arabe, il confirme sa grande polyvalence avec ce nouveau clip en kabyle.

Cliquez ici pour écouter le clip sur la page officielle de Sopsy

Est-ce que vous pouvez vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

Sofiane, 30 ans, né à Drâa ben khedda dans la wilaya de Tizi-Ouzou où j’ai grandi. Je suis licencié en psychologie de travail et de l’organisation depuis 2009, rappeur depuis mon adolescence et plus précisément depuis 2006-2007.

Vous avez combien d’albums sur le marché ?

Deux albums à mon actif sur le marché algérien, le premier qui s’intitule « ida hdart« , sorti en 2011, le second  » WARRIORS« , sorti en 2013, sans compter les duos réalisés avec d’autres chanteurs de variétés algériennes, ainsi que plusieurs rappeurs.

Pourquoi avoir choisi Sopsy comme nom d’artiste ?

Tout simplement parce que c’est un  » mix » entre mon prénom Sofiane et mes études de psychologie. Pendant mon cursus universitaire j’étais vraiment passionné par ce domaine. Je trouve que « Sopsy » est court, simple, et facile a retenir.

Pourquoi avez-vous choisi ce style de musique en particulier ?

Pendant l’adolescence j’écoutais, comme presque tous les jeunes de mon âge, du rai, et quelques tubes internationaux, sans avoir de penchant particulier. Honnêtement, mon univers musical n’était pas vraiment défini. Il n’y avait rien de spécial qui me plaisait, jusqu’au jour où une amie m’a remis une cassette du célèbre groupe, précurseur du rap algérien, le groupe MBS (Micro Brise le Silence).

Wow ! c’était pour moi une révélation, l’émerveillement total. J’avais enfin trouvé une musique qui me parle, qui me touche, avec des gens qui me représentent, avec la même vision des choses. On peut dire que c’était le coup de foudre, musicalement parlant.

Qu’est-ce qui vous inspire quand vous écrivez vos textes ?

Comme je l’ai déjà dit, tout m’inspire. Du truc méga important (événement politique, sportif, social…), au truc le plus banal de la vie quotidienne, de mon vécu surtout. Les choses qui me révoltent et qui révoltent chaque citoyen, comme l’injustice (El hogra). Mes sources d’inspiration sont nombreuses mais mon canal d’expression préféré c’est le rap. J’avoue que ma mère est ma meilleure source d’inspiration, mais mes amis m’inspirent, les petits plaisirs de la vie m’inspirent, il y a aussi beaucoup de positif dans mes textes, et heureusement.

Votre dernier clip avec Samir Sadaoui a été rapidement adopté par vos fans, quel message voulez-vous passer aux jeunes algériens à travers cette œuvre ?

Hamdoulah il a eu un très bon écho auprès de tous ceux qui m’écoutent et surtout ceux qui me soutiennent depuis longtemps. La raison est évidente pour moi, et mes fans me le confirme tous les jours. J’ai le micro branché au cœur et quand j’écris ça sort de mes tripes. Je ne vous apprends rien si je vous dis que : « Ce qui sort du Cœur, touche le Cœur ».

Je dis dans l’un de mes textes : Nass ma 3labalhach b rap – ihabou yesam3ouni w khlass. Je reçois beaucoup d’encouragements de gens d’âges variés et qui viennent de milieux sociaux différents qui n’aiment pas particulièrement ce style de musique, mais qui aiment la passion que je dégage en chantant selon eux.

Concernant mon dernier clip, peut-être que la musique, assez légère, a certainement contribué à son succès. La participation de l’artiste incontestable Samir Sadaoui, que je remercie au passage, a eu un impact important. Je considère que ma musique est un drame qui se pleure en dansant (rires).
Le message est toujours le même: Je ne suis pas moralisateur ( loinnn de là ), j’essaie d’apporter ma pierre à l’édifice, sans aucune prétention.

 Vous vivez actuellement à Paris, vous sentez-vous toujours proche de votre public ?

Sincèrement, mon public me manque beaucoup. Effectivement, je vis à Paris depuis 2014 et le sevrage a été douloureux.  En premier lieu c’était difficile de quitter les miens en général, puis vient la tristesse de la séparation avec mon public. Je faisais énormément de scènes, à Tizi-Ouzou et ailleurs, mais hamdoulah, grâce à internet, et notamment aux réseaux sociaux, on arrive à rester en contact. Ce n’est pas vraiment la même sensation qu’un contact direct, mais ça me permet au moins de partager mes nouvelles chansons, et de rester à l’écoute des attentes de mes fans.

Votre prochain album est prévu pour quand ?

J’avais ce projet en tête, mais j’ai malheureusement renoncé à cette idée, momentanément, car un album ça nécessite beaucoup de temps en studio. Étant donné que je ne suis pas en Algérie, j’ai préféré enregistré mes nouveautés et les mettre sur la toile, au moins pour maintenir un lien avec ceux qui me soutiennent. J’avoue que c’est grâce à eux que je garde le cap et que j’avance malgré toutes les difficultés qu’impose le métier.

Je ne vous cache pas que l’idée d’un nouvel album n’est pas à exclure. C’est pour moi un challenge que je veux relever. Surmonter les défis et ma façon d’exister, surtout en Algérie où l’artiste n’est pas vraiment protégé. Ce n’est pas facile de faire éditer un album avec le piratage qui brouille les pistes. Les éditeurs ont peur d’investir sur un artiste car, malheureusement, leur priorité n’est pas l’art lui-même, c’est des commerçants avant tout.

Est-ce que vous subissez des pressions à cause de vos textes qui soulèvent des problèmes de société en Algérie ?

Des pressions ou des menaces directes, jamais, par contre des blocages, des annulations, des bâtons dans les roues, oui, ça arrive. J’ai par exemple une anecdote qui m’a marquée. J’étais invité à une émission sur une radio locale, Radio Tizi-Ouzou, pour ne pas la citer. C’était pour faire la promotion de mon deuxième album » Warriors« , et j’ai interprété deux morceaux ce jour-là :  » mon rap » et  » khouf men Rebi » ou j’ai présenté des « éloges » à l’état, à ma façon bien sûr. À ma sortie, il y avait les forces de l’ordre qui étaient présents dans les locaux de la radio et qui avaient tout écouté attentivement. On a échangé quelques mots avec un ton teintés d’intimidation, sans plus.

Un message particulier pour vos anciens et nouveaux fans ? 

Oui bien sûr, moi je les appelle mes frères et sœurs. Je suis très proche d’eux, et quand je suis sur scène, je suis comblé à chaque fois par un sentiment indescriptible, une ferveur incroyable. Je me donne à fond pour eux et ils me le rendent très bien.

Je tiens aussi à vous remercier, vous, et toute l’équipe d’Élite Presse. Merci de l’intérêt que vous me portez, à moi et à mes réalisations.

Merci à tous ceux qui aiment Sopsy et un grand merci en particulier au réalisateur de mes clips qui ne ménage aucun effort pour livrer un travail exceptionnel, j’ai nommé Younes Zeggoui (YZ PROD). À très bientôt inchallah avec toujours plus de nouveautés.

Propos recueillis par Sabrina Lallemand
Élite Presse®

Sabrina Lallemand
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