Wall Street encouragée par les propos de Jerome Powell

Wall Street encouragée par les propos de Jerome Powell
Le Dow Jones prenait 0,58 % et le NASDAQ 0,78 % mercredi matin. PHOTO RICHARD DREW, AP

La Bourse de New York a amplifié ses gains mercredi après un discours du président de la Banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, qui a estimé que les taux d’intérêt étaient proches d’un niveau neutre pour l’économie.

Après avoir franchi la barre des 2 % vers 13h30, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, continuait de grimper : il s’appréciait de 2,18 %, à 25 288,82 points, vers 13h45.

L’indice élargi S&P 500 montait de 1,87 % et l’indice NASDAQ, à forte coloration technologique, s’appréciait de 2,40 %.

Devant le Club économique de New York, le patron de la Fed « a dit les mots magiques » que le marché attendait, a commenté Gregori Volokhine, de Meeschaert Financial Services.

« Si on est presque à un niveau neutre, cela veut peut-être dire qu’on y sera après la hausse [des taux] de décembre et qu’ensuite la Fed peut y rester un certain temps », a-t-il avancé.

De quoi rasséréner les investisseurs de Wall Street, qui ont beaucoup bénéficié ces dernières années de la politique accommodante de la Banque centrale. Ils redoutent depuis plusieurs mois une remontée trop rapide des taux d’intérêt qui pourrait, à leurs yeux, ralentir la croissance en rendant notamment plus chers les emprunts pour les particuliers et les entreprises.

« Pas de dérives dangereuses »

Les acteurs du marché avaient été troublés quand M. Powell avait estimé début octobre que la Fed était « encore très loin » du taux « neutre » auquel elle aspire, celui qui favorise la croissance sans nourrir de hausse des prix.  Ces propos avaient largement participé à déclencher une période de fortes turbulences à Wall Street.

Les observateurs du marché scrutent depuis toute référence des responsables de l’institution à ce taux neutre, tentant d’y déceler le nombre de hausses de taux d’intérêt à venir.

Le vice-président de l’institution, Richard Clarida, avait déjà estimé mardi que les taux d’intérêt étaient « plus près » du taux neutre. « Près jusqu’à quel point est une question de jugement, et il y a une variété de points de vue au sein du FOMC », le Comité monétaire de la Banque centrale, avait-il toutefois ajouté.

Les commentaires de M. Powell mercredi ne sont toutefois « pas aussi prudents que ce que le marché pense », a estimé Ian Shepherdson, chef économiste chez Pantheon Macroeconomics.

Le patron de la Fed a en fait estimé que les taux étaient juste en-dessous « de la fourchette d’estimations » du niveau auquel ils peuvent être considérés comme neutres, a-t-il souligné.

Si on considère que cette fourchette est actuellement comprise entre 2,5 % et 3,5 %, « il reste encore trois hausses avant de parvenir au milieu », a-t-il avancé. Et cette fourchette en elle-même pourrait être amenée à augmenter au cours des prochaines mois si la productivité continue à augmenter, a-t-il ajouté.

Le dollar, qui devient plus rémunérateur quand les taux d’intérêt montent, a, à l’inverse, nettement reculé, notamment face à l’euro : la monnaie unique valait 1,1381 dollar vers 13h45, contre 1,1286 dollar juste avant la diffusion du discours.

Sur le marché obligataire, le taux de la dette à 10 ans des États-Unis est descendu à 3,045 %, contre 3,068 % juste avant l’intervention de M. Powell.

Il a par ailleurs assuré qu’il ne voyait pas de « dérives dangereuses » dans les valorisations à la Bourse.

« Aujourd’hui, les prix des marchés des actions correspondent globalement aux références historiques » comme le ratio entre le prix d’une action et les bénéfices futurs de l’entreprise qui l’a émise, a souligné M. Powell. « Du point de vue de la stabilité financière, nous ne voyons pas aujourd’hui de dérives dangereuses sur le marché des actions », a-t-il souligné.

AFP New York

Sabrina Lallemand
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