Le World Trade Center Algiers en action : une vision à long terme pour booster l’économie du pays

Le World Trade Center Algiers en action : une vision à long terme pour booster l’économie du pays
Crédit Photo : Élite presse. Photo fournie par M. Racim Toualbi Ben Ghanem

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Ce n’est un secret pour personne, l’économie algérienne est largement dépendante des hydrocarbures, et l’instabilité des marchés plonge le pays dans un climat d’incertitude qui fait planer, sans cesse, le spectre de la crise économique et sociale sur une population. 

Pourtant, les solutions existent, et le World Trade Center Algiers (WTC) met son expertise au service des opérateurs économiques afin de mettre en place une stratégie d’exportation efficace

Depuis sa création, en 2002, le WTC a soutenu les efforts des entreprises exportatrices, hors-hydrocarbures, et ce à travers l’organisation annuelle, sous le haut patronage du Ministère du Commerce, de la cérémonie de remise des Trophées export.

Racim Benghanem nous a accordé une interview afin de nous en dire plus sur la mission du WTC Algiers. À 30 ans, il occupe le poste de Real Estate Manager & Training au WTC Algiers, mais également celui de Reciprocity Desk Manager pour la World Trade Centers Association de New York, pour l’Algérie.

Détenteur d’un Diplôme Études Supérieures Spécialisées en Commerce International et Marketing auprès de la Chambre Algérienne de Commerce et d’Industrie, il a intégré le WTC Algiers en 2007 où il est actuellement responsable du pôle immobilier, formation, et du club export dont il va nous parler dans cet échange. 

Qui est à l’origine de la création du World Trade Center Algiers (WTCA) ?

Le WTC Algiers fait partie d’un groupe constitué d’une banque, d’une compagnie d’assurances et d’un fond d’investissement, il a été créé en 2002.

 Quelle est sa vocation exactement ?

Sa vocation est de fournir des services et de l’accompagnement aux entreprises, soit sur le plan de l’investissement en Algérie ou bien pour la promotion des exportations des produits des entreprises Algériennes. Nous faisons beaucoup de mise en relations d’affaires entre entreprises étrangères et algériennes.

Concrètement, quelles sont les réalisations et les projets du WTCA depuis sa création ?

Le World Trade Center Algiers, a assisté beaucoup d’entreprises étrangères dans leur processus d’installation en Algérie, à l’instar des Groupes AirLiquide, Nestlé, S3 International, Kaeffer et beaucoup d’autres. Actuellement nous accompagnons le groupe Américain Du Pont pour assurer le succès de son entrée sur le marché algérien.

D’autres projets, exclusivement algériens, tels que le gigantesque aqua-parc de Biskra, l’hôpital privé de 300 Lits à Blida et bien d’autres ont été accompagnés par le WTC Algiers.

 Quelle est votre lecture de la situation économique de l’Algérie aujourd’hui ?

Actuellement, l’Algérie traverse une phase importante et très délicate en même temps. La crise économique mondiale, surtout avec la chute des prix du pétrole, impose à l’Algérie une conduite très prudente quant à ces dépenses et au déficit budgétaire enregistré depuis les derniers mois, mais surtout l’obligation de tracer une stratégie de développement en tenant compte des atouts majeurs qu’a l’Algérie dans les différents secteurs. Nous avons un potentiel énorme dans l’industrie, l’agriculture, les énergies renouvelables, le tourisme, et bien d’autres, il suffit de mettre en place la bonne stratégie, avec les bonnes personnes.  

Il est devenu impératif à l’Algérie, de diversifier son économique et de sortir ainsi de la dépendance au revenus issus des recettes des Hydrocarbures.

Vous pensez que l’Algérie est capable de passer, dans les conditions actuelles, du statut d’importateur à celui d’exportateur, hors hydrocarbures ?

Ce n’est pas une chose facile à faire car l’Algérie est un gros importateur. On importe de tout et de rien, même des produits qui n’ont aucune grande utilité. Pour espérer freiner, ou du moins diminuer le volume des importations, il faudrait réguler ce marché, chose qui a déjà commencé à se mettre en place avec les nouvelles dispositions émanant des différents départements ministériels.

À titre d’exemple l’importation de véhicules ou bien les produits pharmaceutiques. Les importateurs ont maintenant l’obligation d’implanter des unités de production en Algérie. Ceci va permettre de réduire de manière drastique l’importation de produits finis à forte valeur ajoutée.

Pour ce qui est des exportations, il est clair que l’Algérie peut reprendre sa place en tant que pays exportateur, hors hydrocarbures, pour peu, qu’on ait une stratégie export et que l’on soit plus agressifs à l’international. Plusieurs marchés sont à la portée des producteurs Algériens, comme ceux des pays africains, des pays du golf ou bien celui de la Fédération de Russie.

Donc, oui. L’Algérie peut relever le défi avec le concours de tous les acteurs concernés pour devenir exportateur hors hydrocarbures.

Concernant le Club Export, vous visez des marchés ou des produits en particulier ?

Le Club export a pour objectif de réunir les entreprises exportatrices ou celles qui désirent se déployer à l’international, afin de structurer le processus d’exportation, et ce, à travers des rencontres thématiques pour permettre le partage d’expériences avec les opérateurs économiques qui ont réussi à l’international, tels que le Groupe Cevital, Metidji, Bomare company, Ammimer energy, Ifri, Soummam, Faderco et beaucoup d’autres. Il met également en avant certains marchés qui sont à la portée des producteurs algériens, mais qui restent non exploités. 

Quand on connaît le potentiel considérable du marché africain avec près de 160 Milliards de $ par an, ou le Qatar et les Emirats Arabes unies qui représentent à eux seuls un marché de 100 Milliards de $, il faudrait commencer à s’y intéresser rapidement. Il y a aussi la Fédération de Russie avec un marché estimé à 120 Milliards de $. Le potentiel de développement est très important et il doit être exploité.

Le World Trade Center Algiers, fait partie d’un réseau mondial de 332 WTCs installés dans 90 pays à travers le monde. Nous offrons aux membres du club export et aux entreprises algériennes en général une vitrine extraordinaire qui leur permet de se déployer à l’international et de promouvoir leurs produits au-dela de nos frontières. 

Nous recevons régulièrement des demandes de mise en relations de la part des différents WTC à travers le monde quand ils sont à la recherche d’un producteur dans un secteur bien précis et nous les mettons en relation avec les membres du WTC Algiers.

Est-ce que vous rencontrez des difficultés particulières dans l’exercice de vos activités ?

Nous sommes qu’un moyen supplémentaire de promotion des produits algériens à l’étranger. Mais effectivement, beaucoup d’entreprises rencontrent des difficultés sur le plan de la logistique et des coûts très élevés du transport des marchandises, ou même en ce qui concerne la garantie du respect de la chaîne de froid des produits périssables.

Avez-vous un soutien actif de la part du gouvernement algérien ?

Le soutien et le développement des exportations est parmi les préoccupations majeures du gouvernement, qui a mis en place une cellule de suivi des exportations au niveau du cabinet du Premier Ministre, mais également une cellule de veille et de suivi au niveau du ministère du commerce, afin de revoir et de mettre en place une nouvelle stratégie à l’export.

Par ailleurs, un couloir vert a été mis en place pour tous les produits périssables à l’export, facilitant ainsi les opérations d’exportations.

Le Ministère du commerce a depuis toujours soutenu l’organisation du Trophée export, un événement organisé par le WTC Algiers, et qui consacre chaque année et ce depuis 10 ans les meilleures entreprises exportatrices hors hydrocarbures.

De quoi auriez-vous besoin pour mieux accomplir votre mission aujourd’hui ?

Il est important qu’il y ait une prise de conscience générale sur l’importance du développement des exportations, et ce avec la participation de tous les acteurs concernés.

Nous souhaitons constituer un Club avec un nombre important d’adhérents et ainsi avoir un poids encore plus important à l’international. Permettant ainsi, de hisser le volume des exportations Algériennes hors hydrocarbures au-delà des 2 Milliards de $.

Vous faites partie de la nouvelle génération, est-ce que vous pensez que les jeunes algériens sont impliqués dans ce processus de réorientation de l’économie nationale ?

Je ne peux ne peux répondre que par l’affirmatif, car étant moi-même un jeune cadre qui œuvre pour le développement de l’économie algérienne et en particulier pour la promotion des exportations au sein d’une entreprise de renommée mondiale.

J’ai eu la chance d’avoir des mentors d’exception qui dirigent actuellement le WTC Algiers. Ils ont à leur actif une expérience extraordinaire au service de l’Algérie, et ils ont su transmettre ce savoir-faire à des jeunes, comme moi, qui travaillent maintenant dans différents secteurs, en Algérie, et ailleurs.

Je dois avouer que c’est quelque chose qui n’est pas très répandu. Il est important d’impliquer les jeunes dans des processus de réorientation et dans l’élaboration de stratégies nouvelles pour l’économie algérienne. Les jeunes d’aujourd’hui ont cette capacité de création, d’innovation, avec une nouvelle vision, adaptée aux exigences actuelles. Pour assurer la pérennité de l’économie et de la société algérienne, Il faut œuvrer continuellement à la préparation d’une relève qui sera à la hauteur des défis auxquels elle fera face.

Les compétences algériennes nous disent qu’on ne leur fait pas confiance et qu’on préfère faire appel aux étrangers, vous confirmez ?

 C’est souvent vrai, je suis d’accord pour ramener des étrangers mais pour peu qu’il y ait un transfert de savoir-faire, permettant ainsi aux jeunes d’acquérir des compétences et de prendre le relais au niveau local. C’est de cette façon qu’on pourra mettre fin, ou du moins réduire, l’éternelle dépendance de la main d’œuvre étrangère.  

Des milliers d’algériens font le bonheur des firmes internationales à l’étranger, et ceci est la preuve que les algériens sont à la hauteur des exigences imposées par les plus grandes firmes internationales. Il faut juste leur faire confiance et leur donner de la considération pour mettre à profit leur expertise.

 

Par Sabrina Lallemand
Élite Presse®

 

 

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