BM: hausse plus prononcée que prévu des prix des matières premières en 2018

BM: hausse plus prononcée que prévu des prix des matières premières en 2018
APS

ALGER – Les dernières prévisions de la Banque mondiale (BM) sur les prix des matières premières en 2018 au niveau mondial, tablent sur une hausse plus prononcée que prévu avec notamment une hausse du prix moyen du baril du pétrole, a indiqué l’institution de Bretton Woods sur son site web.

Les prévisions annoncées dans l’édition d’avril du Commodity Markets Outlook indiquent que les prix des produits énergétiques (pétrole, gaz naturel et charbon) s’envoleront de 20 % en 2018, soit une révision à la hausse de 16 points de pourcentage par rapport à octobre.

La BM prévoit ainsi un baril de pétrole devant atteindre 65 dollars en moyenne en 2018, contre 53 dollars en 2017, sous l’effet d’une demande soutenue et du contrôle des volumes de production.

Même si une baisse des cours est attendue par rapport aux niveaux d’avril 2018, le maintien des accords de diminution des volumes de production par les pays de l’Opep et les autres pays producteurs et la solidité de la demande soutiendront les prix.

Les contraintes du côté de la production d’huile de schiste aux Etats-Unis, les tensions géopolitiques dans certains pays producteurs et les hypothèques relatives à la levée des sanctions contre l’Iran par les Etats-Unis pourraient orienter ces prévisions à la hausse.

Inversement, en cas de délitement de l’accord entre pays exportateurs de pétrole ou la fin pure et simple de cet accord, mais aussi de reprise de la production en Libye et au Nigéria et de montée en puissance plus rapide que prévu de la production d’huile de schiste, ces prévisions pourraient être inférieures aux annonces, a estimé l’Institution.

Redressement attendu de l’indice des métaux

Quant à l’indice des métaux devrait se redresser, la chute de 9 % du prix du minerai de fer compensant la hausse des autres métaux de base, tirée par le bond attendu de 30 % des cours du nickel.

Les matières premières agricoles (produits alimentaires et non alimentaires) devraient se redresser de plus de 2 % en 2018, avec l’amenuisement des perspectives d’ensemencement. Les perturbations liées aux conditions météorologiques devraient être minimes, ajoute la même source.

« L’accélération de la croissance mondiale et la hausse de la demande jouent un rôle important dans cette augmentation générale des prix de la plupart des matières premières, sachant que cette tendance devrait se prolonger », a expliqué le directeur principal de la Banque mondiale pour l’économie du développement et économiste en chef par intérim, Shantayanan Devarajan.

Les prévisions relatives au prix des métaux pourraient être revues à la hausse si la demande mondiale se révèle plus soutenue qu’anticipé, a jouté la même source.

L’offre pourrait être contrainte par la lente intégration des nouvelles capacités, les sanctions commerciales contre les exportateurs et la politique menée par la Chine.

Une révision à la baisse pourrait survenir en cas de croissance moins solide qu’attendu sur les principaux marchés émergents, la remise en service de capacités inutilisées et l’assouplissement de la politique environnementale de la Chine, a-t-elle noté.

Du côté des métaux précieux, le rapport table sur un rebond de 3 % cette année, étant donné le relèvement attendu des taux d’intérêt aux Etats-Unis et des scénarios plus inflationnistes.

Les prix des céréales, huiles et tourteaux devraient se redresser en 2018, sous l’effet d’anticipations d’ensemencement moins fortes qu’attendu.

La faiblesse du phénomène La Ni?a qui s’est prolongé durant les premiers moins de l’année 2018 aura uniquement perturbé la production de banane en Amérique centrale et celle de soja en Argentine, sans répercussions notoires sur les marchés mondiaux.

L’introduction possible par la Chine de droits compensatoires en réponse au relèvement des tarifs douaniers par les Etats-Unis pourrait pénaliser le marché du soja.

Le rapport consacre un dossier spécial à la situation des pays exportateurs de pétrole depuis l’effondrement des cours en 2014.

Ce tassement des prix a altéré les recettes pétrolières, obligeant les gouvernements à tailler dans leurs dépenses, ce qui a aggravé le ralentissement de l’activité du secteur privé dans bon nombre de régions.

Les inégalités de revenu et l’instabilité politique ont également érodé les capacités de certains pays exportateurs à gérer des prix aussi bas.

« Les pays exportateurs de pétrole ayant des régimes de change flexibles, des amortisseurs budgétaires relativement importants et des économies plus diversifiées s’en sont mieux sortis que les autres depuis l’effondrement des cours, souligne le directeur du Groupe d’étude des perspectives de développement de la Banque mondiale, Ayhan Kose.

 APS
Karim Arhab
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