Zika : l’énigme de la microcéphalie résolue

Zika : l’énigme de la microcéphalie résolue
Le Zika a frappé plus de 100 000 personnes au Brésil depuis l'an dernier, dont près de 8000 femmes enceintes. Entre 15 % et 20 % de ces femmes enceintes ont eu des bébés atteints de microcéphalie. PHOTO RICARDO MORAES, ARCHIVES REUTERS

Des chercheurs américains ont pour la première fois expliqué comment le virus Zika traverse la barrière placentaire pour infecter le foetus et causer la microcéphalie.

« C’est la première étape vers la neutralisation de cette capacité effrayante de ce virus », explique Erol Fikrig, infectiologue à l’Université Yale et coauteur de l’étude publiée hier dans la revue JCI Insight.

Les chercheurs de Yale ont identifié trois portions du placenta que le virus Zika parvient à infecter. L’une d’entre elles, appelée « cellules de Hofbauer », agirait comme réservoir du virus, et est liée à la transmission du sang maternel vers le foetus. Le Dr Fikrig et ses collègues ont travaillé sur des bouillons de cultures humaines.

Le Zika a frappé plus de 100 000 personnes au Brésil depuis l’an dernier, dont près de 8000 femmes enceintes. Entre 15 % et 20 % de ces femmes enceintes ont eu des bébés atteints de microcéphalie. Un premier cas de ce genre a été confirmé au Canada au début août par l’Agence de santé publique, qui a précisé qu’un autre bébé était né avec le virus Zika mais n’avait pas eu de séquelles. Tous les cas de Zika au Canada sont liés à des voyages dans des zones où vivent les moustiques qui transmettent le virus. La prévention des microcéphalies liées au Zika est un casse-tête pour les autorités de santé publique, parce que le virus est asymptomatique dans une proportion de 80 %.

L’OMS a toutefois récemment commencé à envisager que la microcéphalie liée au Zika pourrait être liée à une co-infection avec la dengue, parce que la majorité des cas de microcéphalie sont survenus dans la même région du nord-est du Brésil. Cela dit, des études françaises sur la dengue montrent que la prématurité, dont le risque double, est le principal problème lié à ce virus pour les femmes enceintes. D’autres études ont montré que le placenta protège presque toujours le foetus contre le virus du Nil occidental et celui de l’encéphalite japonaise.

 

MATHIEU PERREAULT
La Presse

Lamia Siffaoui
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