Wall Street chute, mais résiste à la panique après le Brexit

Wall Street chute, mais résiste à la panique après le Brexit
PHOTO SETH WENIG, ARCHIVES AP

Wall Street a fini sur une chute vendredi, sonnée après le choc provoqué par la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne, sans toutefois céder à la panique: le Dow Jones a perdu 3,39 % et le Nasdaq 4,12 %.

Selon des résultats définitifs, l’indice vedette Dow Jones Industrial Average est tombé de 610,32 points à 17 400,75 points, sa plus forte chute en points depuis l’été 2011, et le Nasdaq, à dominante technologique, de 202,06 points à 4707,98 points. L’indice élargi S&P 500 a lâché 3,59 %, à 2037,41 points, le recul s’accélérant en deuxième partie de séance.

«C’est une grosse réaction, mais nous n’y voyons pas (…) le début d’un renversement durable» des indices, a déclaré Jack Ablin, chez BMO Private Bank.

La victoire du Brexit lors du référendum de jeudi a pris de court l’ensemble des marchés financiers, dont certains ont observé des chutes du même ordre de grandeur qu’au moment de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers en 2008.

La chute de Wall Street est restée toutefois bien plus limitée que celle de nombreuses places européennes comme Madrid (-12,35 % à la clôture), Paris (-8,04) ou Francfort (-6,82 %), et la situait plutôt parmi des places moins directement concernées par le Brexit comme Zurich (-3,44 %).

«Le marché américain des actions va-t-il bénéficier de l’idée qu’il est relativement sûr par rapport aux autres? Verra-t-on un renversement des marchés d’actions et d’obligations avec l’idée que la réaction immédiate au Brexit a été exagérée? Est-ce que ce scrutin britannique va déclencher une correction, ou pire, cet été? Tout est possible», a résumé Patrick O’Hare, de Briefing.

Pour l’instant, le vote britannique «fait planer un énorme nuage d’incertitudes», a expliqué Peter Cardillo, chez First Standard Financial. Selon lui, «la baisse n’est pas près de s’arrêter, car personne ne sait ce qui va se passer», ce qui conduit les investisseurs à chercher des valeurs refuges.

Le marché obligataire en profitait. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a retrouvé des niveaux plus vus depuis l’été 2012, s’affichant vers 16 h 20 à chutant à 1,565 % contre 1,745 % mercredi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,415 %, contre 2,558 % précédemment.

Les banques attaquées

Pour l’instant, les investisseurs semblent se préparer à ce que la volatilité perdure.

«On va voir d’autres journées comme aujourd’hui, car il va encore arriver que la sagesse collective se trouve prise en défaut», a dit Jack Ablin. Selon lui, le week-end va être «l’occasion de prendre du recul, de faire des lectures et des recherches et de voir où on peut peut-être tirer profit de la volatilité et essayer de se remettre à prendre des risques».

Malgré des volumes d’échanges au plus haut depuis le début de l’année, les marchés américains «ont fonctionné très calmement aujourd’hui», s’est félicité par ailleurs Darrell Cronk, président du Wells Fargo Investment Institute.

Comme souvent en période d’incertitude, les valeurs liées aux services de base ont été un refuge pour investisseurs prudents, restant le seul secteur en petite progression (+0,09 %), les valeurs financières souffrant en revanche le plus (-5,41 % globalement).

Les banques d’affaires Goldman Sachs et Morgan Stanley ont dégringolé respectivement de 7,07 % (à 141,86 dollars) et de 10,15 % (à 24,52 dollars), les généralistes Citigroup et Bank of America étant également très atteintes: -9,36 % à 40,30 dollars pour la première, -7,41 % à 13,00 dollars pour la deuxième.

Les valeurs liées à l’énergie ont aussi perdu du terrain, pénalisées par le recul des cours du pétrole: ExxonMobil a cédé 2,63 % à 89,390 dollars, Chevron 2,43 % à 101,90 dollars et la société de services pétroliers Halliburton 4,19 % à 43,92 dollars.

Le spécialiste des photocopieuses Xerox, en voie de scission, a chuté de 5,69 % à 9,45 dollars après l’annonce que la patronne Ursula Burns cèderait son fauteuil à Jeff Jacobson, qui avait été embauché en 2012 et est notamment un ancien de Eastman Kodak. Il avait déjà été annoncé la semaine dernière que la branche services, rebaptisée iGate, serait dirigée par Ashok Venturi.

 

 

AFP New York
Lapresse.ca

Sabrina Lallemand
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