Vote des Suisses sur l’abandon progressif du nucléaire

Vote des Suisses sur l’abandon progressif du nucléaire
AFP/Archives / FABRICE COFFRINI Vue de la centrale nucléaire de Gösgen, près de Däniken dans le nord de la Suisse

Les Suisses votaient dimanche lors d’un référendum sur la nouvelle loi sur l’énergie qui vise à remplacer progressivement le nucléaire par des énergies renouvelables.

Le projet de révision de la loi sur l’énergie constitue le résultat d’un long processus engagé après l’accident nucléaire de Fukushima, provoqué par un gigantesque tsunami, en mars 2011, au Japon.

La loi vise à promouvoir les énergies renouvelables comme l’hydraulique, le solaire, la géothermie et la biomasse.

D’après le dernier sondage publié le 10 mai par l’institut gfs.bern, 56% des Suisses sont favorables à la nouvelle loi tandis que 37% s’y opposent, alors que 7% des sondés sont indécis. Mais l’écart s’est réduit, car fin mars 61% des sondés se disaient encore pour le projet du gouvernement et 30% contre.

A Zurich, les électeurs pouvaient voter dans certains bureaux de vote depuis 06H45 (04H45 GMT). A Genève ils n’ont ouvert qu’à 10H00 (08H00 GMT). Dans certaines villes, les bureaux de vote étaient ouverts pour quelques heures samedi.

Les bureaux ferment en général dans le pays autour de 12H00 (10H00 GMT).

Les premières tendances sont attendues en début d’après-midi et les résultats finaux en début de soirée.

La très grande majorité des électeurs suisses, appelés à se prononcer plusieurs fois par an lors de multiples référendums, ont voté par correspondance au cours des deux, trois semaines précédant l’élection.

– 5 réacteurs –

Quelques semaines après la catastrophe de Fukushima, la Suisse, qui compte cinq réacteurs nucléaires produisant environ un tiers de l’électricité du pays, avait décidé de sortir du nucléaire vers 2034, tout en indiquant que cette date restait théorique. Les autorités avaient précisé que les centrales devraient vraisemblablement être débranchées après environ 50 ans, voire 60 ans, d’exploitation.

Depuis cette décision, le gouvernement suisse (qui fonctionne sur le principe du consensus et est formé de sept ministres représentant les quatre grands partis) a travaillé à l’élaboration de la stratégie énergétique, dont la mise en oeuvre est prévue par étapes d’ici 2050.

Le premier volet de cette stratégie, sur lequel les Suisses se prononcent dimanche, vise notamment à réduire la consommation d’énergie. Elle fixe entre autres des valeurs indicatives de consommation énergétique moyenne par personne et par année: à savoir, par rapport au niveau de l’an 2000, une réduction de 16% d’ici à 2020 et de 43% d’ici à 2035.

Elle interdit également la construction de nouvelles centrales nucléaires. Les centrales existantes pourront toutefois rester en service aussi longtemps que leur sûreté sera garantie.

– ‘Douche froide?’ –

Le Parlement soutient la nouvelle loi, mais le premier parti suisse, l’UDC, parti populiste anti-européen et anti-immigration, a demandé un référendum, estimant que la mise en oeuvre du texte entraînerait des coûts élevés, menacerait l’approvisionnement énergétique et défigurerait le paysage avec la multiplication des éoliennes et les panneaux solaires.

D’après l’UDC, la transformation de l’ensemble du système énergétique coûterait quelque 200 milliards de francs suisses (183 milliards d’euros) jusqu’en 2050. Pour un ménage de quatre personnes, cela représente, selon ce même parti, 3.200 francs suisses (2.900 euros) par an de frais et d’impôts supplémentaires.

« Payer 3.200 francs de plus … pour une douche froide? » ironise l’UDC dans ses affiches électorales que l’on peut voir dans les rues et gares de la Confédération.

Le gouvernement réfute ce calcul et estime qu’un ménage de quatre personnes ayant une consommation électrique moyenne devra payer 40 francs suisses (36,5 euros) par an de plus qu’aujourd’hui. Il souligne par ailleurs que ce surcoût pourra être compensé par une meilleure efficacité énergétique, avec par exemple une réduction des frais de chauffage.

Fin 2016, les électeurs suisses avaient rejeté une initiative populaire des Verts, soutenue par la gauche, qui prévoyait de limiter à 45 ans la durée de vie d’un réacteur.

 

AFP

Sabrina Lallemand
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