Vie extraterrestre : après Mars et Europe, la Nasa annonce Encelade comme « monde habitable »

Vie extraterrestre : après Mars et Europe, la Nasa annonce Encelade comme « monde habitable »
© JPL/Nasa

On a encore trouvé de la vie ailleurs nulle part, mais de plus en plus de mondes paraissent « habitables », selon l’agence spatiale américaine.

Sept sondes sur la planète Mars, depuis quarante ans, n’ont pas réussi à démontrer qu’il n’y a pas de vie sur Mars, actuellement, l’absence de preuve n’étant pas la preuve de l’absence. Deux robots arpentent inlassablement le désert martien, Opportunity depuis treize ans, Curiosity depuis cinq ans, une exploration rythmée régulièrement par un communiqué de presse, annonçant un jour l’existence d’eau liquide sur la planète rouge, l’autre la présence de méthane – biologique ? – dans son atmosphère : de quoi raviver perpétuellement l’espoir… Las ! On sait désormais que toutes les coulées contemporaines martiennes sont des coulées sèches, sans eau liquide, et que le méthane martien est très probablement d’origine géologique. Les missions actuelles ou à venir, comme Exomars ou Mars 2020 cloront, espérons-le, le débat sur la vie martienne, qui dure depuis quatre siècles ou presque…

Mais, le feuilleton de la recherche des Martiens menaçant de devenir lassant à la longue, c’est désormais vers d’autres astres que la Nasa dirige ses budgets, ses sondes et ses services de presse, avec le même scénario, « chercher de la vie ailleurs ». D’abord Europe, bien sûr, le grand satellite de Jupiter, nouvelle vedette exobiologique. Caché sous une épaisse banquise de glace, son océan salé – et acide – dissimule t-il des êtres vivants, tartigrades, sardines ou mosasaures extraterrestres ? Nous le saurons… un jour, lorsque la science et la technologie spatiales nous permettront de creuser des kilomètres de glace dans l’environnement hautement radiatif de Jupiter. L’assurance d’une odyssée spatiale pleine de rebondissements pour les décennies à venir.

Plus l’exploration du système solaire avance, plus la vie extraterrestre se cache…

En cas d’échec de la recherche de la vie sur, ou plutôt sous, Europe, la plupart des corps lointains du système solaire étant constitués d’eau sous une croûte de glace, la quête de la vie promet de durer quelques siècles encore : pourquoi pas Ganymède ou Callisto, toujours autour de Jupiter ? Ou bien Titan, Téthys, Dioné, Rhéa, Japet, Mimas, autour de Saturne ? Pourquoi pas Titania et Obéron, autour de Uranus, et pourquoi pas Triton, autour de Neptune, qui attendent le retour d’une sonde spatiale respectivement depuis 1986 et 1989 ?

En attendant, c’est désormais Encelade, un minuscule Satellite de Saturne, qui éveille l’intérêt des chercheurs et des exobiologistes en général, de l’agence spatiale américaine en particulier. Ce mercredi 13 avril 2017, la Nasa a en effet organisé une conférence de presse au titre science-fictionnesque « Nouvelles découvertes sur les mondes océaniques extraterrestres » pour annoncer urbi et orbi que Encelade était « habitable ». En effet, la sonde Cassini, qui survole régulièrement le petit satellite de glace, qui mesure 500 kilomètres de diamètre seulement, a détecté de l’hydrogène dans les panaches de vapeur qui surgissent des failles de sa banquise fissurée. Fichtre ! De l’eau, de l’hydrogène, de la vie ? La Nasa n’ose pas aller jusque là, mais note que cet hydrogène pourrait se former à l’interface roche-eau du sous-sol d’Encelade, et propose comme parallèle les sources hydrothermales sous marines terrestres, où se développent de nombreuses espèces vivantes.

Ces sources hydrothermales étaient très à la mode il y a quelques années comme possibles sites de l’apparition de la vie sur Terre. Bon, aujourd’hui, les biologistes privilégient des sites de surface plutôt que sous-marins, un excès d’eau obérant probablement les chances de parvenir à l’extraordinaire complexité chimique nécessaire au vivant… Mais sur Europe, Encelade et ailleurs, pas d’atmosphère, et une surface de glace dure comme de l’acier, où l’on peut difficilement faire pousser des pâquerettes, on ira donc chercher la vie extraterrestre sous la banquise, avec des robots, dans quelques décennies, ou quelques siècles.

 

Serge Brunier

Source : science&vie.com

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