UN VACCIN CONTRE LE CANCER DONNE DES RÉSULTATS PROMETTEURS SUR L’HOMME

UN VACCIN CONTRE LE CANCER DONNE DES RÉSULTATS PROMETTEURS SUR L’HOMME
Des patients atteint de mélanome (ici, en 3D au microscope électronique) ont réagi positivement à des injections de vaccin contre le cancer – Crédit : Sriram Subramaniam, National Cancer Institute (NCI) / DP

Ce n’est que la toute première étape de franchie, mais elle recèle l’incroyable promesse d’un traitement universel contre toutes les tumeurs ! Un vaccin contre le cancer, capable de stimuler le système immunitaire à attaquer les cellules cancéreuses, a donné ses premiers bons résultats, d’après des chercheurs allemands.

Les essais sur l’homme de ce traitement d’une nature nouvelle ont débuté il y a un peu plus d’un an (voir S&V n 1170), dans différents laboratoires. Ce 2 juin, les tout premiers résultats sont enfin tombés : en Allemagne, trois personnes atteintes d’un mélanome à un stade avancé ont bien réagi à des injections de ce “vaccin” : leur système immunitaire a produit une forte réaction contre leur cancer, sans manifester par ailleurs d’effets collatéraux graves (seules des fièvres ont été observées).

A la manière d’un virus ou d’une bactérie, ce nouveau produit déclenche chez les globules blancs une attaque envers les “intrus” que sont les cellules tumorales (dans le cas présent des mélanomes). Pourquoi le corps ne le fait-il pas tout seul ? Parce que les cellules tumorales, bien que mutées génétiquement par rapport aux cellules saines, restent des cellules de notre propre organisme. Donc les lymphocytes (globules blancs) ne les reconnaissent pas comme des étrangères à détruire.

PLUS DE VINGT ANS DE RECHERCHES POUR METTRE AU POINT LE VACCIN CONTRE LE CANCER

Il a fallu plus de vingt ans de recherches pour que les biologistes trouvent la bonne méthode pour dresser le système immunitaire contre les tumeurs. Avec le vaccin contre le cancer, ils semblent enfin y être parvenus : il s’agit d’injecter du matériel génétique (des nanofragments d’ARN) issu directement des cellules de la tumeur du patient lui-même, et absentes de ses cellules saines ! Ces fragments étrangers jouent alors comme des antigènes, c’est à dire des molécules reconnues comme inhabituelles par les lymphocytes, qui déclenchent une attaque sur les cellules qui les affichent.

Du coup, cette technique a un autre avantage inestimable : elle est potentiellement universelle. Les oncologues espèrent pouvoir l’utiliser pour n’importe quelle tumeur, touchant n’importe quel organe de n’importe quelle personne. Une fois que le système immunitaire reconnaît comme dangereuses les cellulescancéreuses, il devrait utiliser tous les moyens pour s’en débarrasser, à l’aide d’une attaque massive par les lymphocites T tueurs.

UNE EFFICACITÉ DÉMONTRÉE SUR LA SOURIS

S’il est encore trop tôt pour crier victoire, et que la patience est de mise pour ce qui concerne les essais sur les patients humains, les recherches menées sur les souris vont, elles, bon train. Entre 2007 et 2012 déjà, six grands types de cancers ont été mis à mal ches ces rongeurs : mammelle (sein), prostate, poumon, mélanome et lymphome (système immunitaire).

A l’université de Pitssburgh, aux États-Unis, l’immunologiste Olivera Finn teste actuellement le vaccin contre le cancer du côlon chez des dizaines de personnes, forte des excellents résultats sur la souris : 100 % des animaux sont indemnes de tumeurs de l’intestin après le traitement. Le verdict chez l’homme est attendu pour 2020.

–Fiorenza Gracci
Science et vie 

Sabrina Lallemand
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