Un utérus artificiel pourrait réduire la mortalité des grands prématurés

Un utérus artificiel pourrait réduire la mortalité des grands prématurés
AFP/Archives / PHILIPPE HUGUEN Un bébé prématuré dans une couveuse le 4 décembre 2013 au centre hospitalier de Lens

Un appareil reproduisant l’environnement d’un utérus pourrait permettre d’améliorer la survie des grands prématurés et de diminuer leurs séquelles, selon une étude parue mardi, qui a obtenu des résultats encourageants avec des agneaux.

Des chercheurs de l’hôpital pour enfants de Philadelphie ont conçu un appareil constitué d’une poche en plastique remplie de fluide, avec un système qui fournit de l’oxygène relié au cordon ombilical, reconstituant ainsi le milieu dans lequel le foetus évolue avant la naissance.

Grâce à ce dispositif, ils sont parvenus à faire se développer pendant quatre semaines un foetus d’agneau, animal chez qui le développement des poumons in utero est « très proche » de ce qui se passe chez les humains, rapporte l’étude, publiée dans la revue Nature Communications.

Les foetus d’agneau ont été introduits dans l’appareil après 15 à 16 semaines de gestation, un stade où le développement de leurs poumons est équivalent à celui d’un foetus humain « prématuré extrême », de 23 à 24 semaines, a expliqué Alan Flake, l’un des auteurs de l’étude, au cours d’une conférence téléphonique.

Sept d’entre eux ont pu y être maintenus plus de 25 jours. C’est la première fois qu’un système externe parvient à maintenir les fonctions vitales et assurer le développement d’un foetus animal pendant aussi longtemps, souligne l’étude.

Transposer ce dispositif chez les bébés prématurés extrêmes, en les y maintenant jusqu’à leur 28e semaine de « gestation », permettrait de faire chuter leur taux de mortalité de 90% à moins de 10% et le risque de séquelles, de 90% à 30%, souligne Alan Flake.

Un bébé humain est considéré comme prématuré s’il naît avant 37 semaines et prématuré « critique » avant 26 semaines.

La limite de viabilité du foetus est estimée à 22-23 semaines de grossesse. Mais, en dépit des progrès des soins de néonatologie, la mortalité à ce stade, où le bébé pèse moins de 600 grammes, reste très élevée (50% à 70%).

Et, lorsque l’enfant survit, cela « se fait à un coût élevé en termes de qualité de vie, avec 90% de risque de séquelles, telles que des maladies pulmonaires chroniques ou des complications liées à l’immaturité des organes », qui se traduisent par « un handicap à vie », ajoute le communiqué de presse accompagnant l’étude.

Aujourd’hui, les grands prématurés qui ne peuvent respirer de façon autonome sont intubés et mis sous respirateur artificiel, ce qui stoppe le développement de leurs poumons et les expose à des infections, explique Alan Flake.

« Ces enfants ont un besoin urgent d’un relais entre l’utérus de leur mère et le monde extérieur », plaide le spécialiste de chirurgie foetale.

Les chercheurs doivent approfondir leurs tests chez l’animal avant d’envisager de passer à des essais chez l’homme, d’ici « trois à cinq ans », a-t-il toutefois prévenu.

Si l’agneau est adapté pour étudier le développement des poumons, il l’est beaucoup moins pour estimer le risque d’hémorragie intra-crânienne, l’une des principales complications chez les très grands prématurés, car leur cerveau est mature plus tôt que celui des foetus humains.

 

AFP

Samia Fali
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