Un jeune investisseur se confie : Tchipa ou la clé sous la porte

Un jeune investisseur se confie : Tchipa ou la clé sous la porte
Photo Élite Presse

Mohamed IDIR, un jeune investisseur algérien arrivé en Algérie la tête pleine de projets ambitieux et le cœur rempli d’espoir pour un pays qui peine à attirer des entrepreneurs prêts à se lancer dans l’aventure de la création d’entreprise dans un marché instable et sans règles clairement définies. Le tapage médiatique qui a suivi le lancement de ses entreprises ne lui a pas permis de passer inaperçu. Ses programmes rencontrent un franc succès auprès des algériens, chose qui l’a encouragé à voir encore plus grand avec de nouveaux projets destinés aux jeunes. Sa volonté de contribuer au développement de sa terre natale l’amène à lancer des programmes gratuits ou à coûts très réduits pour permettre aux moins nantis d’accéder à un accompagnement de haut niveau, sauf qu’en Algérie, il y a les plans d’affaires et la réalité du terrain.

C’est avec grande conviction que Mohamed IDIR gérait le lancement de ses affaires entouré d’une équipe de jeunes collaborateurs déterminés à relever le défi. Ce jeune diplômé des écoles les plus prestigieuses au monde, dont la Harvard Medical School pour ne citer qu’elle, avoue qu’il s’attendait à rencontrer des difficultés  pour concrétiser ses projets, mais n’aurait jamais imaginé se sentir en danger de mort dans son propre pays.

Cette énième affaire de rackette commence quand un collaborateur lui présente une connaissance qui souhaite lancer une entreprise dans le domaine du coaching et de la communication. « Elle n’avait certes aucune expérience professionnelles mais elle avait l’air motivée et nous voulions couvrir le territoire national le plus rapidement possible » nous confiait M. IDIR dans une entrevue qu’il nous a accordé. Il a fini par accepter de tenter l’expérience sachant qu’il fallait d’abord former cette personne, mais il ne s’attendait pas à faire face à une « gosse de riche » arriviste à qui on n’a jamais dû expliquer que l’argent ça se gagne grâce au travail.

Nous l’avons rencontré pour comprendre ce qui l’amène aujourd’hui à dévoiler cette affaire au grand public et ses révélations, qui malheureusement ne choquent plus de nos jours, démontrent qu’il faut avoir le cœur solide quand on voit grand en Algérie.

Élite Presse : Quand on regarde votre CV on y voit un parcours étonnant à l’étranger, pourquoi avoir choisi de revenir en Algérie ?

Mohamed IDIR : C’est vrai que j’aurais pu me contenter d’une vie paisible en Amérique du Nord où j’avais tout le confort et les moyens nécessaires pour m’épanouir mais l’appel de ma terre natale a été plus fort. Je suis convaincu que je peux contribuer, même modestement, au développement du pays. Ce que j’aime c’est construire et la prise de risque me stimule.

Élite Presse : On dit que l’Algérie est un eldorado pour la diaspora et les étrangers, qu’en pensez-vous ?

Mohamed IDIR : Il y a certes un très beau potentiel en Algérie, mais de là à parler d’eldorado ça serait un peu exagéré. Les investisseurs font face à plusieurs défis sur le terrain qui plombent le développement des entreprises. On sent que le gouvernement l’a bien compris et fait beaucoup d’efforts pour nous faciliter la vie, en attendant on fait avec les moyens du bord.

Élite Presse : Quel est selon vous le plus gros défi pour un investisseur en Algérie ?

Mohamed IDIR : À mon avis les conditions minimales pour oser espérer attirer et retenir des investisseurs c’est d’assurer la sécurité des biens et des personnes. Je ne connais aucun entrepreneur qui acceptera de prendre le risque de s’installer quelque part sachant que sa vie et son entreprise courent un danger important. J’ai déjà vécu dans plusieurs pays dits développés et je peux affirmer que l’Algérie offre un climat des affaires assez rassurant pour quelqu’un qui ne s’attarde pas sur les détails. Comme dans tous les pays on retrouve des bandes de voyous qui veulent vivre sur le dos des autres. L’appareil judiciaire doit s’adapter et agir vite pour mettre un terme, au du moins limiter ce genre de comportements.

Élite Presse : Vous dites que vous faites face à des pressions psychologiques et des menaces de la part d’un haut cadre d’un corps de sécurité qui exige la moitié de vos profits. Pouvez-vous nous en dire plus ?

IDIR Mohamed : Pour commencer on ne peut pas parler de profits pour le moment. On est encore en phase d’investissements importants. Il y a effectivement un haut cadre d’un corps de sécurité à la retraite qui veut absolument garantir l’avenir de sa fille en usant de procédés mafieux. Quand on m’a présenté cette personne, j’ai fais l’erreur d’accepter de lui céder une franchise lui donnant le droit d’utiliser mes marques de commerce en créant une nouvelle entreprise qu’elle devait gérer et développer avec un membre de sa famille. Leur mission était de décrocher des contrats ou organiser des évènements et la notre était de mettre notre expertise à leur service.

La fille en question, qui a certes de belles qualités personnelles, n’avait aucune aptitude dans la gestion d’entreprise et n’a même pas réussi à la démarrer. Des lourdeurs administratives et la négligence de la concernée ont retardé considérablement le début des activités de la société. Elle n’a réussi à décrocher aucun contrat à ce jour. Malgré l’investissement important que j’ai consenti je n’ai eu aucun retour. Cette famille qui jouit de la propriété de plusieurs appartements et villa à Alger Centre et sa périphérie pensait qu’il suffisait de céder un local à coût réduit afin d’ y installer le siège de la société pour que l’argent coule à flot. L’inaction de la fille et les conflits familiaux qu’elle vit ne lui ont pas permis de concrétiser son projet et aujourd’hui ils exigent d’avoir la moitié des « profits » de mes autres entreprises auxquelles elle n’est liée ni de près ni de loin.

Élite Presse : Pouvez-vous nous donner un nom ?

Mohamed IDIR : Pour le moment une plainte a été déposée auprès du procureur de la république du tribunal de Sidi M’hamed. Je préfère laisser le temps à mes avocats de ficeler le dossier avant de tout dévoiler à la presse et à l’opinion publique. En tout cas je n’ai pas l’intention de les lâcher et ils vont être surpris de la riposte. C’est non seulement une question de principes, mais aussi un fléau contre lequel il faut se battre pour que ce genre de personnes comprennent qu’on n’est pas des vaches à lait. J’ai confiance dans le système judiciaire de mon pays et je suis convaincu qu’ils n’auront aucun appui. Si jamais je me trompe, on a les moyens de nous défendre et on va les utiliser.

Élite Presse : Avez-vous été menacé ?

Mohamed IDIR : Tout à fait. La personne exerce des pressions psychologiques importantes. Je reçois des messages d’insultes et de menaces à toute heure de la journée ou de la nuit. Elle en est même arrivé à parler de mort par écrit avant de faire semblant de se rétracter. Elle utilise des techniques de harcèlement psychologique de bas étages tout en ignorant qu’ils sont très mal tombé avec moi. Mes faits et gestes sont sous surveillance constante et on me le fait savoir par écrit pour essayer de me faire peur.
Quand je vois le langage vulgaire utilisé par une vieille dame, haut cadre de la nation de surcroit, ça fait mal au coeur de savoir qu’elle a déjà eu en charge la sécurité de la population.

Ma famille a été décimée pendant la guerre de libération et je suis fier d’être un descendant de plusieurs chahids et Moudjahidines, ce n’est pas aujourd’hui que je vais les déshonorer en courbant l’échine face à des opportunistes et des voyous. Être emprisonné ou tué pour défendre mes valeurs c’est un immense honneur pour moi. Ils peuvent mobiliser tous les moyens à leur disposition, ça me fera des anecdotes à raconter pendant mes conférences, c’est tout.

Élite Presse : Est-ce que cela a eu un impact sur vos activités ?

Mohamed IDIR : Il y a bien évidemment un impact financier et psychologique important. Les membres de ma famille sont directement touchés par ces agressions et sont inquiets. Je passe beaucoup de temps à les rassurer et c’est du temps que je ne consacre plus à l’entreprise. J’ai dû déménager dans une autre maison sans fournir l’adresse à qui que ce soit et j’ai deux chiens de garde dans le jardin dont il faut s’occuper. J’ai évité pendant un moment d’aller au siège de la société car j’étais sous surveillance constante. On a perdu un temps très précieux à gérer cette crise et certainement beaucoup d’argent.

Élite Presse : Avez-vous un message particulier à adresser à nos responsables

Mohamed IDIR : Les investisseurs locaux et étrangers sont sensibles à ce genre d’affaires. S’ils constatent que l’appareil judiciaire ainsi que les forces de sécurité peuvent pencher en faveur de l’un des parties grâce sa position ou à ses relations ils ne vont jamais prendre le risque de s’aventurer sur le marché algérien. Ce genre d’opportunistes reste une minorité mais, ils sont en train de salir la réputation des honnêtes fonctionnaires et vont finir par réduire à néant les efforts fournis par le gouvernement. Si on ne s’attaque pas à cette vermine, c’est tout le système économique du pays qui va sombrer.

Élite Presse : Un dernier message à ce haut cadre ?

Ce que j’ai vraiment envie de lui dire au fond de moi c’est « Dezou m3ahoum », mais puisque ça ne se dit pas dans un journal, je vais me contenter de lui dire qu’il y a des méthodes honnêtes pour assurer l’avenir de sa progéniture et je lui propose d’intégrer l’un de nos groupes pour apprendre à utiliser ses compétences pour réussir dans la vie.

Alger-Élite Presse
Par S.K Ahmed

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5 Commentaires

  • belkadi
    8 août 2017, 18 h 01 min

    c’est la triste realité , je lui souhaite bon courage dans son parcours , l’Algérie a besoin de personnes comme lui.

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  • Abdelmadjid ALLALOU
    8 août 2017, 22 h 04 min

    A S.K Ahmed
    Et au rédacteur d’élite presse,
    Messieurs bonjours,
    Au sujet de l’histoire de Mohamed IDIR, je compati avec beaucoup d’amertumes et de regrets, je lui souhaite du courage et surtout pas courber les échines devant ces ripoux de basse échelle. Après la lecture de cet interview, je suis pleinement rassuré que Mohamed a beaucoup de chance d’être tombé sur des petits piques assiettes dont il pourra les éliminer facilement avec sa détermination et son courage. Je pèse mes mots en disant que je suis rassuré, car cette histoire ne représente absolument rien devant d’autres histoires beaucoup plus lourdes sur le plan économique et financier avec d’énorme désastre sur le plan psychologique et familial.
    Pour donner du sens à mon commentaire, étant moi-même victime de ce genre d’abus de pouvoir, je me limite à affirmer que dans mon histoire (investissement dans l’agro-élevage de 2.6 millions de $ en 2001, avec un transfert de technologie signé devant cinq 05 ministres arabes en Algérie), l’histoire que je relaterais un jour si vous le voulez, en bref :(projet subtilisé, fond de l’état obtenu à hauteur de 80% a été détourné……etc). Le journal qui a publié le scandale en 2013 en première page (l’enquête et détails de l’affaire sur trois pages) à été interdit de publication depuis. Cela vous donne une idée du désastre ou pas ?
    Oui, Tout ceci se passe malheureusement en Algérie.
    Merci de m’avoir lu
    Abdelamdjid ALLALOU

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  • DZ
    8 août 2017, 23 h 21 min

    VOUS NET PAS LE SEUL MONSIEUR Mohamed IDIR.

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  • rafik kidoma
    9 août 2017, 0 h 58 min

    tres cher monsieur .ll m est arriver la mm chose que vous ya 23 ans de ça croyez moi j ai perdus tout et j ai eu des deboirs a non pas finir m je vous dis en toute sinceritée de quelle justice voys parlez alors qu elle est muselée par les pieds des mains et de la bouche si vous n avez pas compris encore croyez moi il temps pour vous de mettre votre valise tant qu ol vuus reste qlqs choses nd faite pas comme moi je me suis retrouver sans rien et actuellement je me bats tjrs dans les fonds si vous voulez ms rencontre vous avez mon email ca serai un grand plaisir et j en ao trops de choses a dire

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  • mansouri
    11 août 2017, 12 h 13 min

    La bureaucratie, la corruption sont un frein considérable pour le développement de l économie algérienne Les facilites existent mais pour une catégorie de personnes qui font partie de l oligarchie et de la mafia.Les banques, l administration vous mettront les bâtons dans les roues et vous pousseront au désistement. Un ami avait fini par abandonner son projet après plusieurs années de lutte désespérée, il est actuellement malade et souffre d hypertension a cause de l administration algerienne.

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