Trump, discours sur l’islam et appel à lutter contre l’extrémisme

Trump, discours sur l’islam et appel à lutter contre l’extrémisme
AFP / MANDEL NGAN Le président américain Donald Trump à Ryad, le 21 mai 2017

Le président américain Donald Trump s’essaye dimanche, depuis Ryad, à un exercice délicat: un discours sur l’islam dans lequel il exhortera les dirigeants musulmans à lutter contre l’extrémisme.

Si l’entreprise est semée d’embûches pour tout président des Etats-Unis, la rhétorique de campagne incendiaire du magnat de l’immobilier et ses décrets migratoires controversés -pour l’heure bloqués par la justice- lui rendent la tâche encore plus ardue.

Après une première journée à Ryad centrée sur l’annonce de méga-contrats d’armements -« des emplois, des emplois, des emplois », s’est réjoui Donald Trump- le locataire de la Maison Blanche, qui tente de faire oublier ses ennuis à Washington, passe à un autre registre.

Il fera devant une trentaine de dirigeants de pays musulmans réunis à Ryad, un discours soulignant ses « espoirs » pour une « vision pacifique » de l’islam.

AFP / Stephan TWAROGLa 1ere tournée à l’étranger du président Trump

Comme c’est le cas depuis son arrivée au pouvoir, il devrait se garder de toute critique sur la question des droits de l’homme, bafoués selon les organisations internationales de défense de ces droits dans plusieurs pays arabes, dont l’Arabie saoudite.

Revendiquant un contraste marqué avec son prédécesseur démocrate Barack Obama sur ce thème, M. Trump assure qu’il préfère agir dans la discrétion, gage, selon lui, d’une plus grande efficacité.

Son influent conseiller à la sécurité nationale, le général H.R. McMaster, a promis un discours « source d’inspiration » mais aussi « franc ».

AFP / MANDEL NGANLe président américain Donald Trump rencontre les dirigeants des pétromonarchies du Golfe à Ryad, le 21 mai 2017

« Il sera très direct en évoquant la nécessité d’affronter l’extrémisme et le fait que nombreux sont ceux dans le monde musulman qui n’ont, non seulement pas fait assez, mais aussi encouragé cet extrémisme, au-delà des belles paroles de surface », a expliqué un responsable de la Maison Blanche sous couvert d’anonymat.

– Quels mots ? –

Quels mots choisira le président septuagénaire ? Quel ton adoptera-t-il?

Utilisera-t-il l’expression « terrorisme islamique radical », qui provoque des grincements de dents dans le monde musulman mais dont il avait fait l’une de ses signatures durant la campagne électorale, reprochant aux démocrates, qui l’évitent, de manquer de clarté et de détermination.

AFP / MANDEL NGANDonald Trump et le roi saoudien Salmane à Riyadh le 20 mai 2017

En décembre 2015, peu après avoir lancé sa campagne, Donald Trump proposait de fermer purement et simplement l’accès aux Etats-Unis à tous les musulmans, le temps, disait-il, « de comprendre ce problème ».

La proposition -rapidement abandonnée- avait provoqué une levée de boucliers, ses nombreux détracteurs rappelant que la Constitution américaine interdit toute discrimination religieuse.

« Je pense que l’islam nous déteste. Il y a énormément de haine », lançait-il en mars 2016.

Plus d’un an plus tard, et dans ses habits de président de la première puissance mondiale, il est cependant probable qu’il opte pour un registre sensiblement différent.

Sauf si, comme cela lui arrive fréquemment, il s’éloigne de son texte et de son téléprompteur, et se lance dans une tirade aux conséquences imprévisibles.

Dans une allocution restée célèbre, quelques jours seulement après les attentats du 11 septembre 2001, revendiqués par Al-Qaïda, George W. Bush s’était rendu dans une mosquée de Washington.

« L’islam, c’est la paix », avait-il lancé, insistant sur le fait que « le visage de la terreur » n’avait rien à voir avec cette religion pratiquée par des centaines de millions de personnes à travers le monde.

Barack Obama, lui, avait choisi l’université du Caire, en juin 2009, pour exposer, en début de mandat, sa vision de l’islam.

En commençant en arabe par un « Salam aleikum » (« que la paix soit sur vous ») à l’adresse des 1,5 milliard de musulmans du monde, il avait appelé à mettre fin « au cycle de la méfiance et de la discorde ».

– Voyage en Egypte –

M. Trump devrait, en tout état de cause, profiter de l’occasion pour durcir encore le ton face à l’Iran, pour le grand plaisir des monarchies sunnites du Golfe qui redoutent l’influence de leur grand rival chiite.

AFP / MANDEL NGANLe président américain Donald Trump et son homologue egyptien Abdel Fattah al-Sissi à Ryad, le 21 mai 2017

Avant ce discours très attendu, le président américain a entamé dimanche matin un marathon de rencontres bilatérales avec des dirigeants de la région.

En présence de son homologue et « ami » égyptien Abdel Fattah al-Sissi, il a annoncé son intention de se rendre prochainement en Egypte.

« Vous êtes une personnalité unique capable de faire l’impossible », a lancé M. Sissi, déclenchant les rires des délégations présentes. « Tout à fait d’accord! », a répondu, ravi, M. Trump.

Il a ensuite participé à un sommet avec les dirigeants des six monarchies sunnites du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar).

Lundi matin, le 45e président des Etats-Unis quittera Ryad pour Israël, deuxième étape d’un voyage extrêmement dense qui le mènera aussi dans les Territoires palestiniens, au Vatican, à Bruxelles et en Sicile pour les sommets de l’Otan et du G7.

 

AFP

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Sabrina Lallemand
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  • mehdi mountather
    22 mai 2017, 12 h 22 min

    Ces 400 milliards de dollars de Salmane en président Donald Trump l’argent des pauvres de monde entier ces 400 milliards pour exterminer les musulmans en Afghanistan en Irak en Syrie en Yémen et pour que les israéliens extermine Hamas et les palestiniens si la fin du monde le 26 Mai 2017 Salmane Al-Sissi Bachar Assed les dictateurs arabes et Daech les premiers a l’enfer avec pharaon avant Trump et Netanyahu aux non musulmans de se convertir a l’islam pour éviter l’enfer l’imam mehdi des chiites n’arrive pas parce qu’il n’existe pas.

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