Roumanie: démission d’un ministre opposé aux mesures du gouvernement

Roumanie: démission d’un ministre opposé aux mesures du gouvernement
AFP / DANIEL MIHAILESCU La police anti-émeute roumaine affronte des manifestants à Bucarest, le 1er février 2017

Le ministre roumain des Milieux d’affaires, du Commerce et de l’Entrepreneuriat Florin Jianu a annoncé jeudi sa démission, critiquant les mesures controversées du gouvernement pour assouplir la législation anticorruption qui ont déclenché des manifestations d’une ampleur inédite.

« Je mets fin à mon activité gouvernementale car c’est ce que ma conscience me dicte », a écrit M. Jianu, 40 ans, sur sa page Facebook. « Peut-être que cet exemple leur sera utile », a-t-il ajouté à l’adresse des membres du gouvernement à l’origine de la réforme.

Au moins 200.000 personnes ont manifesté mercredi soir à Bucarest et dans plusieurs villes du pays, un record depuis la chute du communisme, pour dénoncer l’allègement du code pénal initié par le Parti social-démocrate (PSD), vainqueur des législatives en décembre.

AFP / DANIEL MIHAILESCUUn manifestant est emmené par la police anti-émeute, le 1er février 2017 à Bucarest


M. Jianu, un responsable issu du monde de l’entreprise et resté sans étiquette, a précisé avoir envisagé sa démission dès mardi soir, quand le gouvernement a adopté cette mesure par décret d’urgence. Elle pourrait permettre à plusieurs hommes politiques d’échapper à des poursuites pénales, à commencer par le patron du PSD, Liviu Dragnea.

« J’avais dans un premier temps reporté ma décision en espérant que la raison ou au moins la pression de la rue détermineraient » les promoteurs de la réforme « à avoir l’honneur de réparer l’erreur », a-t-il précisé.

Démarche inédite, les ambassades des Etats-Unis, du Canada, d’Allemagne, de France, des Pays-Bas et de Belgique ont exprimé mercredi, dans une déclaration commune, leur « profonde inquiétude » face à ce décret qui « sape » les progrès réalisés par le pays dans la lutte contre la corruption.

Dans ce pays pauvre de l’UE qui compte 20 millions d’habitants, le parquet anticorruption a obtenu ces dernières années la condamnation de nombreux élus et hommes d’affaires, lançant des investigations tous azimuts et s’attirant aussi des critiques sur son pouvoir supposé excessif.

 

AFP

Sabrina Lallemand
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