Résistance aux antibiotiques : 1 décès toutes les 3 secondes en 2050

Résistance aux antibiotiques : 1 décès toutes les 3 secondes en 2050
Illustration pharmacie rayon antibiotique. L'Assemblee nationale a donne son feu vert a la vente a l'unite de certains antibiotiques a titre experimental. Les deputes ont autorise ces ventes afin d'eviter leur gaspillage ou une automedication dangereuse. Bordeaux,FRANCE-28/10/2013/POUZET_1848.02/Credit:POUZET/SIPA/1310281854

Une vaste étude britannique lance une (nouvelle) alarme sur la mauvaise gestion des antibiotiques dans le monde qui favorise l’émergence de « super-bactéries » résistantes aux traitements.

ANTIBIOTIQUES. Dix millions de personnes supplémentaires par an pourraient décéder à cause de la résistance aux antibiotiques à l’horizon 2050, soit une toutes les trois secondes, indique le rapport final d’une grande étude britannique publié jeudi 19 mai 2016. Chargé par le gouvernement britannique de ce rapport sur la résistance des antimicrobiens, l’économiste Jim O’Neill a souligné que des actions urgentes étaient nécessaires pour éviter que la médecine préventive ne retourne « au Moyen Age »« Il faut que cela devienne une priorité pour tous les chefs d’État », a souligné Jim O’Neill en proposant une batterie de mesures à mettre en œuvre. Son rapport appelle ainsi à un changement drastique dans la manière d’utiliser les antibiotiques, dont la surconsommation et la mauvaise utilisation favorisent la résistance des « super-bactéries ».

« Il faut arrêter de prendre des antibiotiques comme des bonbons » – Jim O’Neill

Il préconise le lancement d’une large campagne de sensibilisation du public, largement « ignorant » des risques ; d’établir un fonds de recherche de 2 milliards de dollars ; de réduire fortement l’utilisation des antibiotiques dans l’élevage ; ou encore de récompenser les laboratoires qui développeraient un nouvel antibiotique à travers une prime d’un milliard de dollars. « Il faut arrêter de prendre des antibiotiques comme des bonbons », a insisté Jim O’Neill.

Inquiétude dans la communauté scientifique

Depuis le début du lancement, mi-2014, de l’étude, plus d’un million de personnes sont mortes à cause d’une infection liée à la résistance aux antibiotiques, souligne le rapport. Il estime que ce bilan pourrait s’alourdir de quelque 10 millions de décès supplémentaires par an d’ici 2050, soit plus que le cancer aujourd’hui, et coûter jusqu’à 100.000 milliards de dollars à l’économie mondiale. Un précédent rapport publié en 2014 estimait même que la résistance aux antibiotiques deviendrait en 2050 la première cause de mortalité dans le monde. L’efficacité déclinante des antibiotiques inquiète fortement la communauté scientifique. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti en novembre que le phénomène représentait « un immense danger pour la santé mondiale » et que, si rien n’était fait, la planète se dirigeait vers une « ère post-antibiotique, dans lequel les infections courantes pourront recommencer à tuer ». La résistance aux antibiotiques, également appelée l’antibiorésistance, survient lorsqu’une bactérie évolue et devient résistante aux antibiotiques utilisés pour traiter les infections.

Retrouvez les explications en vidéo du Pr Patrice Nordmann, microbiologiste à l’Inserm.

Par science et avenir avec AFP

Lamia Siffaoui
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