Quels effets le manque de sommeil a-t-il sur notre cerveau ?

Quels effets le manque de sommeil a-t-il sur notre cerveau ?
© rwkphotography/Flickr/CC-BY-2.0

Privés des huit heures canoniques de sommeil, nous avons plus de mal à prendre les bonnes décisions, à réagir correctement et à apprendre. Bien des accidents sont malheureusement imputables à cette fatigue cognitive !

La catastrophe de Tchernobyl (Ukraine, 1986), le nuage toxique de l’usine chimique de Bhopal (Inde, 1984), l’explosion nucléaire de Three Mile Island (Etats-Unis, 1979)… tous ces dramatiques accidents industriels ont un point commun : à chaque fois, entre minuit et 6 h du matin, un incident technique a tourné au drame en raison d’un manque de vigilance ou d’une erreur de jugement de la part d’une personne en manque de sommeil.

Des milliers d’accidents de la route sont aussi à imputer à ce que les scientifiques appellent le « coût neurobiologique » du manque de sommeil. Il se fait sentir dès le premier jour et ce, même si la nuit précédente n’a été amputée que d’une ou deux heures. Difficultés à se concentrer, mémoire déficiente, baisse des capacités d’apprentissage et de la faculté à prendre des décisions, hyper-réactivité émotionnelle : des expériences américaines réalisées sur le rat ont montré que la privation chronique de sommeil altérait le renouvellement des neurones de l’hippocampe, la zone cérébrale impliquée notamment dans la mémorisation et le contrôle de l’humeur.

À la longue, des hallucinations apparaissent

A plus long terme, des études menées dans les années 1960 ont prouvé que le manque de sommeil sur plusieurs jours entraînait des hallucinations. Mais les moyens techniques de l’époque n’ont pas permis d’observer les effets sur le cerveau.

Plus sujettes aux douleurs et aux troubles de l’humeur le lendemain d’une nuit blanche, les femmes supporteraient moins bien le manque de sommeil que les hommes. Les jeunes, quant à eux, récupéreraient plus vite d’une nuit blanche par rapport aux quadragénaires.

Pour expliquer les différences interindividuelles, des études menées en 2009 en Belgique ont mis en avant le rôle d’un gène (period3) sur la capacité à réaliser une tâche standard après une privation de sommeil. Plus récemment, des études ont dégagé une piste pour élaborer un médicament anti-fatigue. Quoi qu’il en soit, si nous ne sommes pas tous égaux face au sommeil, nous y sommes tous sensibles. Le nier expose au risque d’accidents.

 

Odile Capronnier

Source: science&vie.com

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