Présidentielle française : Macron et Le Pen passent au deuxième tour

Présidentielle française : Macron et Le Pen passent au deuxième tour
Photo APS

PARIS- Le candidat du mouvement  En Marche !, Emmanuel  Macron, et la candidate du Front national, Marine Le Pen, ont été déclarés  dimanche soir, selon les premières estimations, vainqueurs du premier tour  de l’élection présidentielle française qui se déroule sous haute  surveillance en raison de la menace terroriste.

Portés tous les deux par les sondages sur le podium depuis plusieurs mois,  notamment après l’embourbement du favori de cette élection, François Fillon  (Les Républicains), dans des affaires de justice, le candidat d’En Marche !  a remporté 23,7 % des voix et celle du FN 22 %.

Le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui avait  enregistré une ascension remarquable dans les sondages ces dernières  semaines, a décroché 19,5 % des suffrages exprimés et François Fillon, qui  se voyait président depuis sa victoire de la primaire de droite, a eu le  même score.

C’est pour la première fois, dans l’histoire de la Ve République, que le  clivage droite-gauche est exclu du deuxième tour, notamment avec la  disqualification du parti de la droite (LR) et du Parti socialiste (PS),  dont ce dernier est entré depuis plusieurs mois dans une crise sans  précédent.

Emmanuel Macron, ancien ministre de l’Economie qui a démissionné en 2016,  s’est lancé dans la course présidentielle avec la volonté de  tourner la  page des 5 et même des 20 dernières années . Sa victoire au premier tour  confirme ainsi le besoin des Français pour un changement au sein d’une France n’arrivant pas à sortir d’une crise multidimensionnelle.

Faisant un trajet fulgurant, il se dit convaincu, le long de sa campagne  électorale, de pouvoir dépasser les clivages  stériles  entre la gauche et  la droite qui, selon lui,  ont bloqué  le pays, se proposant comme une  véritable alternative antisystème pour redonner aux Français, abusés par ce clivage confiance en soi et confiance en la France.

Pour sa part, la candidate de l’extrême droite s’est imposée, face à la  défaillance des partis classiques qui ont apporté beaucoup de déceptions  aux Français, comme une option sérieuse encouragée par l’importance que  prend le parti, fondé par Jean-Marie Le Pen, et l’incapacité des  gouvernements précédents de répondre aux attentes des Français.

Marine Le Pen propose, dans son programme, aux Français de  remettre la  France en ordre en 5 ans  dans tous les domaines, notamment l’économie, la  santé, sécurité, l’immigration et surtout, sur le plan extérieur, son  indépendance.

 

Les Français ouvrent une nouvelle page en exprimant un vrai désir de  jeunesse

 

PARIS- Les Français ont ouvert « une nouvelle page » de  l’histoire de la Ve République, avec la victoire d’Emmanuel Macron (39  ans), derrière lequel un vrai désir de jeunesse s’est exprimé, a estimé  lundi la presse après les résultats du 1er tour de l’élection  présidentielle.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont qualifiés dimanche pour le second  tour de la présidentielle, selon les derniers chiffres communiqués à 4H00  par le ministère de l’Intérieur, avec respectivement 23,75 % et 21,53 %.

« C’est une toute nouvelle page de l’histoire de la Ve République que les  électeurs français ont ouverte, ce dimanche 23 avril, en éliminant de la  présidentielle tous les représentants des partis politiques qui, à un titre  ou à un autre, avaient gouverné dans les décennies passées », a commenté le  quotidien L’Opinion, alors que La Dépêche du Midi a estimé que derrière  Emmanuel Macron, (…) « s’est exprimé un vrai désir de jeunesse » .

Pour ce journal, rien n’est comparable, dans l’histoire de la Ve  République, à cette irruption « rafraîchissante » d’un candidat qui ne  l’était pas encore il y a six mois, et dont la plupart des politiciens  pronostiquaient l' »essoufflement ».

Pour sa part, le quotidien économique Les Echos s’est interrogé « s’il  s’agit d’un Big bang ou d’un grand saut dans le vide », qualifiant le  scrutin d' »un ras-le-bol du +système+, table rase du passé » .

Pour ce journal, les électeurs ont choisi dimanche de tourner la page de  la vie politique française telle qu’elle était structurée depuis le début  de la Ve République, tandis que le journal catholique La Croix a considéré  le résultat du premier tour de « séisme » dont les répliques « seront  durables » .

D’autres titres de la presse française ont également mis en relief dans  leurs commentaires l’élimination de tous les représentants des partis  politiques qui, à un titre ou à un autre, avaient gouverné dans les  décennies passées.

Les Français ont renvoyé gauche et droite dos à dos pour tenter une  nouvelle aventure, écrit L’Alsace, et Le Figaro s’est désolé du KO de la  droite, considérant que « l’imperdable a été perdu ».

« La droite, qui pendant cinq ans aura étrillé les socialistes dans tous  les scrutins, la droite, dont les idées et les valeurs n’ont jamais été  aussi majoritaires dans les profondeurs du pays, cette droite à qui la  victoire ne pouvait pas échapper a été, hier, sèchement éliminée », constate  le journal de droite.

De son côté, Le Parisien a souligné que la sensation Macron est désormais  à une marche du pouvoir, point de vue partagé par Libération qui a fait  observer que le second tour opposera donc le social-libéralisme au  nationalisme, l’ouverture à la fermeture, l’Europe unie à la France seule.

« En principe, grâce aux républicains de tous les partis, le jeune premier  du scrutin l’emporte sur la vilaine marâtre », allusion à Marine Le Pen.

Emmanuel Macron n’a pas encore gagné, mais il a réussi son opération :  pulvériser le vieux monde politique, a commenté pour sa part Ouest-France. Déçu de la défaite de Jean-Luc Mélenchon, L’Humanité écrit : « Malgré le  très beau résultat de Jean-Luc Mélenchon, le choix va se résumer au second  tour entre le candidat que les milieux financiers (…) et la candidate de  la haine, de la division des habitants de ce pays, des discriminations, de  la guerre contre les syndicats, de la mise au pas de la culture, du mépris  pour la République ».

 

Le deuxième tour de l’élection, qui s’avère passionnant de l’avis de  nombreux analystes, se déroulera le 7 mai prochain, rappelle-t-on. Les deux  candidats auront quinze jours pour convaincre les Français pour désigner le  président qui doit succéder à François Hollande qui é décidé de ne pas se  présenter pour un second mandat, un fait inédit.

Il est également connu que des alliances vont se former au deuxième tour  et il existe, depuis très longtemps, une volonté chez les adversaires de  l’extrême droite de barrer la route au Front national, même si ce parti,  redouté par la majorité des Français, s’inscrit dans le long terme pour la  conquête du pouvoir en France.

Il s’agit de la 11e élection présidentielle de la Ve République et de la  dixième au suffrage universel direct. Elle sera suivie par les élections  législatives les 11 et 18 juin.

 

APS

Sabrina Lallemand
ADMINISTRATOR
PROFILE

Voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée. Les champs Exigés sont marqués avec *

Cancel reply