Près de 30 morts dans deux attentats suicide à Bagdad

Près de 30 morts dans deux attentats suicide à Bagdad
AFP / SABAH ARAR Sur le site d'un attentat à Bagdad, le 30 mai 2017

Près de 30 personnes ont été tuées et une centaine blessées dans deux attentats suicide survenus à quelques heures d’intervalle mardi à Bagdad, au moment où les forces irakiennes progressaient lentement face aux jihadistes à Mossoul plus au nord.

Les deux attentats ont été revendiqués par le groupe Etat islamique (EI), celui-là même qui résiste aux troupes gouvernementales à Mossoul, deuxième ville d’Irak, où le sort de quelque 200.000 civils pris au piège des combats inquiète les organisations internationales.

Ils ont eu lieu en plein mois de jeûne musulman du ramadan, souvent endeuillé en Irak par des attentats jihadistes, et témoignent de la capacité de l’EI à toujours frapper malgré les revers sur le terrain.

Mardi peu après minuit, un kamikaze a fait exploser un véhicule piégé devant un marchand de glaces populaire dans le quartier de Karrada, dans le centre de la capitale irakienne, ont précisé des responsables.

AFP / Thomas SAINT-CRICQDouble attentat à Bagdad

« Il y a eu 16 morts et 75 blessés dont des femmes et des enfants », a indiqué l’un d’eux.

Des images publiées sur les réseaux sociaux témoignent de l’impact dévastateur de l’explosion, qui a projeté des débris de l’autre côté de la rue.

L’EI, via son agence de propagande Amaq, a revendiqué l’attaque visant « un rassemblement de chiites », une communauté de l’islam considérée comme hérétique par l’organisation jihadiste sunnite.

Brett McGurk, l’envoyé spécial américain auprès de la coalition internationale en Syrie et en Irak, a condamné l’attaque. « Les terroristes de l’EI ont visé des enfants et des familles qui prenaient du bon temps chez un marchand de glaces. Nous soutenons l’Irak contre le mal ».

– Progression lente –

Quelques heures plus tard, un kamikaze a fait exploser une voiture piégée non loin du principal bâtiment du service des retraites, près d’un important pont de la capitale, a indiqué dans un communiqué le commandement des opérations à Bagdad.

L’attaque, revendiquée par l’EI, a fait au moins 11 morts et 40 blessés, selon des responsables.

A Mossoul, dernier grand fief urbain de l’EI en Irak, les forces gouvernementales soutenues par l’aviation de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis progressaient en direction de la vieille ville, leur ultime objectif mais dont la reconquête s’avère ardue.

AFP / SABAH ARARSur le site de l’attentat à la voiture piégée à Bagdad, le 30 mai 2017

Soldats, policiers et forces spéciales tentent depuis la semaine dernière de reprendre trois quartiers -Al-Chifaa, Al-Saha et Al-Zinjili- au nord de la vieille ville.

A Al-Chifaa, les troupes avancent lentement. « Le problème est que quatre ou cinq hôpitaux se trouvent dans ce quartier », a dit à l’AFP le général Chaker Kazem Mohsen, précisant que les militaires avaient la latitude de « prendre leur temps pour épargner les infrastructures et les civils ».

Selon lui, les jihadistes ont davantage recours aux « snipers et kamikazes » pour repousser les troupes depuis qu’ils ont perdu plusieurs sites de production d’armes.

AFP / SABAH ARARSur le site d’un attentat à Bagdad, le 30 mai 2017

« Il y a entre 50 et 100 combattants qui se déplacent d’un bâtiment à un autre » à Al-Chifaa, a-t-il précisé.

Selon l’ONU, entre 180.000 et 200.000 civils sont bloqués dans les secteurs tenus par les jihadistes, la majorité dans la vieille ville, un entrelacs de ruelles étroites très peuplées et difficiles d’accès pour les blindés irakiens.

L’aviation irakienne a largué mardi des tracts exhortant les habitants à fuir les zones de combat et les quartiers jihadistes mais l’ONU s’inquiète de l’impact humanitaire d’un nouvel exode massif.

– ‘Civils en danger’ –

« Les civils sont probablement bien plus en danger aujourd’hui, dans les toutes dernières étapes » des opérations militaires, a affirmé la coordinatrice humanitaire de l’ONU pour l’Irak, Lise Grande.

Selon elle, « les médicaments sont très rares, il y a d’importantes pénuries d’eau potable et les stocks de nourriture sont très limités ». Et « les familles qui tentent de fuir sont souvent prises pour cible par des tireurs embusqués ».

Appuyées par la coalition internationale, les forces irakiennes mènent depuis mi-octobre l’offensive pour reconquérir Mossoul, tombée en juin 2014 aux mains de l’EI et où son chef Abou Bakr al-Baghdadi a fait sa seule apparition publique en juillet de la même année.

Après la reprise fin janvier de l’est de la ville, elles se sont lancées en février à l’assaut de la partie occidentale, reprise à près de 90% selon le commandement irakien.

En sept mois, 760.000 civils ont quitté leur domicile à Mossoul, dont environ 150.000 sont déjà retournés chez eux, selon Mme Grande.

La perte de Mossoul constituerait un revers majeur pour l’EI mais ne mettrait pas fin pour autant à la guerre contre l’organisation extrémiste qui contrôle encore des territoires dans trois provinces d’Irak.

 

AFP

Sabrina Lallemand
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