Première : ils ont mis en boite un cerveau parkinsonien !

Première : ils ont mis en boite un cerveau parkinsonien !

Des chercheurs ont « cultivé » des réseaux de neurones de patients parkinsoniens et observé les oscillations à l’origine des tremblements physiques, avant de tester une drogue pour les atténuer. Un nouvel outil pour la recherche de traitements.

Par une manipulation à l’extrême pointe de l’ingénierie génétique, des chercheurs de l’université de Buffalo (New York) ont réussi à cultiver et reproduire dans une boite de pétri un tissu de neurones… atteints de la maladie de Parkinson.

Ils ont alors pu mesurer directement le phénomène d’oscillation neuronale à l’origine des tremblements physiques des malades, et mesuré l’effet positif d’un traitement contre ces oscillations à base de dopamine.

Un cerveau artificiel… parkinsonien

De tous ces résultats, le principal est d’avoir pu reproduire artificiellement un pseudo-cerveau parkinsonien, ce qui ouvre la voie à un tout nouvel outil « in vitro » d’étude de la maladie et de recherche de nouveaux traitements.

Et bien sûr, les briques de cette invention sont les fameuses cellules souches pluripotentes (CSP), qui peuvent être transformées par les chercheurs en n’importe quel type de cellule à l’aide d’une programmation par signaux chimiques (communication cellulaire).

Miraculeuses cellules souches pluripotentes induites

Plus précisément, les chercheurs ont utilisé la technique des cellules souches pluripotentes induites (CSPi), soit cette extraordinaire manipulation qui, en partant par exemple de cellules de peau d’un patient atteint de Parkinson, les fait « régresser » au stade de cellule souche puis les reprogramme pour devenir des neurones. Concrètement, les chercheurs ont produit de neurones à partir de la peau de trois patients atteints de Parkinson et de trois patients sains (groupe témoin).

Les neurones induits des cellules de peau des patients, une trentaine cultivée durant 100 jours avant d’arriver au stade mature, ont alors montré durant 20 à 30 minutes cette tendance anormale à tirer collectivement et rythmiquement des salves d’influx, qui sont autant de bégaiements empêchant une communication efficace entre le cerveau et le corps.

Une bonne nouvelle

Si depuis des années les neurochirurgiens ont observé et mesuré « in vivo » ce phénomène, qui émerge dans les ganglions de la base (ou noyaux gris centraux ou noyaux de la base) à cause d’une mutation génétique altérant les récepteurs de dopamine, ce système de Parkinson-en-boîte permet enfin d’affiner les mesures et d’expérimenter à tout va sans se préoccuper du risque sur un patient.

Selon Jian Feng, co-auteur de la publication, « une grande variété d’études et d’efforts pour découvrir des drogues pourront être menés sur ces neurones humains afin d’accélérer la découverte d’une cure à la maladie de Parkinson ». C’est certainement une bonne nouvelle

 

Roman Ikonicoff

Source : science&vie.com

Lamia Siffaoui
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