Pourquoi l’homéopathie n’est pas un médicament comme les autres

Pourquoi l’homéopathie n’est pas un médicament comme les autres
En 2012, 56 % des Français déclaraient utiliser des produits homéopathiques. © ISOPIX/SIPA

La mort d’un enfant de 7 ans à la suite d’une otite traitée uniquement à l’homéopathie a choqué l’Italie. Controversé, ce type de médecine alternative n’est pas à considérer comme un médicament lambda. Voici pourquoi. 

« Omeopazzia », (homéo-folie), pouvait-on lire le 27 mai 2017 en Une du Corriere della Sera, le premier quotidien italien. Un mot lourd de sens pour résumer la mort d’un enfant de 7 ans à la suite d’une otite traitée uniquement à l’homéopathie. Le petit garçon, dans le coma depuis plusieurs jours en raison des dégâts causés au cerveau par l’infection, a été déclaré en état de mort cérébrale fin mai, a rapporté l’AFP. Ses parents ont expliqué qu’il était soigné uniquement à l’homéopathie depuis l’âge de trois ans et que de précédentes otites avaient été traitées ainsi sans conséquence. Mais cette fois-ci, la fièvre n’est pas passée pendant deux semaines et l’enfant s’est affaibli peu à peu, jusqu’à perdre connaissance à l’hôpital. Cette histoire est un pavé de plus dans la mare de l’homéopathie, médecine alternative inventée au 18e siècle et controversée depuis toujours

L’homéopathie, « dénuée de fondement scientifique »

L’homéopathie consiste à délivrer à des doses infinitésimales une substance produisant chez une personne saine des symptômes semblables à ceux présents chez une personne malade, l’objectif étant d’habituer l’organisme pour progressivement le désensibiliser. Vendus en pharmacie dans de nombreux pays – comme la France et les États-Unis -, partiellement remboursés, les produits homéopathiques ne sont pas des médicaments comme les autres : ils doivent certes présenter des garanties de sécurité, mais sans avoir besoin de prouver leur efficacité. Et nombre de travaux scientifiques qui se sont succédés pour évaluer une éventuelle efficacité aboutissent à la conclusion que l’homéopathie n’est basée que sur des « a priori conceptuels dénués de fondement scientifique » , ou encore qu’elle n’a en réalité pas « plus d’effets que le sucre ». Ce qui n’empêche pas les médicaments homéopathiques de bien se vendre : en 2012, 56 % des Français déclaraient en utiliser et les Américains y consacrent 3 milliards de dollars chaque année.

En décembre 2016, les États-Unis ont pris une décision radicale, en imposant aux fabricants d’indiquer sur les étiquettes des médicaments homéopathiques que leur efficacité n’est pas scientifiquement prouvée. En France, à la même période – et donc en pleine campagne de vaccination contre la grippe saisonnière – l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a rappelé dans un communiqué qu’aucun médicament homéopathique ne peut être considéré comme un vaccin.

 

Lise Lumé

Source : sciencesetavenir.fr

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