Pourquoi la crise financière algérienne est un grand mythe?

Pourquoi la crise financière algérienne est un grand mythe?

Les hauts cadres de l’Etat crient la crise financière sur tous les toits du pays: l’Algérie s’endette, le prix du pétrole chute, la vie devient chère!

Tous les symptômes d’une crise financière sont là, mais l’Algérie ne vit -en réalité- pas une crise financière mais plutôt une crise systémique, où la gouvernance rationnelle a du mal à se faire.

La crise économique algérienne n’est pas, comme peut  le croire, une crise financière . Si cela est réellement le cas, les centaines de milliards de dollars  générées par la vente du pétrole (alors que le prix de ce dernier était à son summum) auraient  largement suffi pour la surmonter.  Le diagnostic le plus correcte et le plus objectif à faire, serait d’admettre  que la difficulté à remettre le pays sur le chemin de la croissance n’est pas tant due à un problème d’argent, mais à une grave défaillance de notre système de gouvernance. Posons-nous les questions suivantes : le projet de la grande mosquée d’Alger, est-il prioritaire ? Le pays investit-il dans un plan concret favorisant la production locale? Le budget réservé pour chaque ministère est-il étudié, suivit, évalué ?

L’économie de marché est l’unique moyen de redressement possible. Cependant, sa progression demeure inachevée depuis qu’elle fut officiellement lancée en 1989 à la faveur de l’adoption d’une nouvelle Constitution. Depuis cette date, un certain nombre d’actions a, certes, été entrepris dans ce sens, mais l’instabilité politique et les problèmes sécuritaires ont considérablement retardé la transition souhaitée.

Aujourd’hui, plusieurs handicaps empêchent l’Algérie à acquérir des normes standards mondiales, à savoir :  la législation, trop souvent contradictoire, une politique floue et très approximative, la Justice en total déphasage, les rentes de situation, la bureaucratie, la corruption, de faux bilans annuels , le manque de suivi et de réforme… ainsi que  d’autres  mauvaises habitudes héritées de l’ancien système, retardent principalement le processus de la croissance et du développement en Algérie.

Il est, bien entendu, important qu’un pays jouit de diverses richesses et ressources, mais il est encore plus important d’instaurer un système de bonne gouvernance. Autrement dit, l’élaboration et la mise en oeuvre de politiques économiques et sociales judicieuses. La bonne gouvernance se traduit par l’obligation de rendre des comptes, les droits de l’Homme,une diversité culturelle et cohésion sociale, une gestion financière saine, un Etat de droit,  la  transparence et l’ouverture … La bonne gouvernance est une notion, Il est évident qu’il n’existe pas de définition complète et unique mais nous l’aurions certainement reconnue si elle était appliquée en Algérie.

 

 

Yasmine Amziane
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