Organisation mondiale de la santé animale : un organisme encore mal connu

Organisation mondiale de la santé animale : un organisme encore mal connu
L'OIE est l'Organisation mondiale de la santé animale © FACEBOOK / OIE

Bien moins connue que l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) joue pourtant un rôle clé notamment dans la prévention des maladies animales, les zoonoses. Explications de Sciences et Avenir.

EXPLICATIONS. Le 11 janvier 2017, le docteur Monique Eloit, présidente de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a présenté ses voeux et exposé le plan stratégique de l’organisme pour les trois ans à venir lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée au siège de l’organisation situé à Paris. Si l’OIE joue un rôle essentiel dans l’amélioration de la santé et du bien-être animal, elle reste pourtant inconnue du grand public. Sciences et Avenir, présent à cette conférence, décrypte les principales missions de l’homologue animalier de l’OMS.

Adopter des normes pour les animaux

Lors de la session générale annuelle de l’Assemblée mondiale de l’OIE, des délégués représentant 180 pays membres (et disposant chacun d’une voix) adoptent des normes internationales destinées à veiller à la santé et au bien-être des animaux. Ces mesures sont préparées ou révisées par des experts scientifiques. Par la suite, ces normes serviront, entre autres, à prévenir et à contrôler les maladies animales telles que les zoonoses. Elles jouent également un rôle clé auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) : les règles de l’OIE doivent permettre de garantir la sécurité sanitaire du commerce mondial des animaux et des produits qui en seront issus. Ces normes visent également à satisfaire le bien-être animal lors, par exemple, du transport.

Selon le docteur Monique Eloit, « l’amélioration de la santé et du bien-être animal reste le premier pilier de l’organisation« . Pour cela, l’OIE se base sur les « cinq libertés fondamentales » universellement reconnues et énoncées en 1965 pour décrire les droits des animaux placés sous la responsabilité humaine. Ainsi, est considéré indispensable au bien-être animal : l’absence de faim, de soif et de malnutrition ; l’absence de peur et de détresse ; l’absence de stress physique et thermique ; l’absence de douleur, de lésions et de maladie et la possibilité pour l’animal d’exprimer les comportements normaux de son espèce. Malheureusement, de nombreux élevages ne respectent pas ces besoins considérés pourtant comme fondamentaux et qui « reposent sur de solides bases scientifiques« . Et c’est pour cette raison que l’OIE peut être amenée, malgré les engagements pris pas les pays, a donné des conférences mondiales sur le bien-être animal à travers le monde afin de sensibiliser un peu plus ces Etats et les aider à mettre en œuvre les normes.

Crédit : l’OIE

 

Informer en temps réel sur les pathogènes

L’Organisation mondiale de la santé animale a également une mission de surveillance des maladies de source animale afin d’éviter une trop rapide propagation d’agents pathogènes susceptibles d’être dangereux à la fois pour les animaux mais également pour les humains (60 % des pathogènes qui affectent l’homme sont d’origines animales). L’OIE veille donc sur la situation zoosanitaire mondiale en temps réel. Pour cela, l’Organisation possède un outil spécialisé du nom de WAHIS. Ce dernier permet, comme expliqué dans la vidéo suivante, de récolter des informations à travers le monde entier afin de parvenir à détecter le plus rapidement possible l’émergence d’une zoonose.

Crédit : Youtube / OIEVideo

L’OIE promeut une diffusion des nouvelles découvertes scientifiques

Dans une mission d’expertise, l’OIE analyse les publications scientifiques les plus récentes et consacrées à la prévention et au contrôle des maladies animales. Une fois ces nouvelles données validées, l’Organisation va veiller à leur diffusion auprès des pays membres de l’organisation afin que ceux-ci adoptent les dernières méthodes considérées alors comme étant les plus efficaces dans la prévention contre les maladies infectieuses.

La dernière mission principale de l’OIE est d’aider ses pays membres à renforcer et à structurer leurs systèmes de santé animale. Pour cela, l’organisation tente, en tenant compte des législations variables de chaque pays, d’améliorer les services et l’enseignement vétérinaires et les laboratoires de diagnostics, éléments indispensables à la vérification de la présence d’une nouvelle maladie infectieuse.

De plus, l’OIE aide les pays en développement à faire face aux menaces sanitaires, ce qui demande des moyens et de l’organisation. Par ailleurs, même si la présidente de l’organisation reconnaît que « des laboratoires de référence aident bénévolement l’OIE« , elle déplore encore un manque de moyen notamment pour la rage : « Il faudrait acheter des vaccins et lancer des campagnes de vaccination(pour les chiens). Il est inadmissible que des gens dans les pays en développement soient encore atteints par cette maladie« . Que ce soit pour protéger les animaux ou les hommes qui vivent à leur côté, le combat de l’Organisation mondiale de la santé animale semble encore loin d’être gagné…

 

Anne-Sophie Tassart

Source: sciencesetavenir.fr

Issam Saidi
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