Opep-non Opep: la 10ème réunion du JMMC s’ouvre à Alger

Opep-non Opep: la 10ème réunion du JMMC s’ouvre à Alger

Le coup d’envoi des travaux de la 10ème réunion du Comité ministériel conjoint de suivi de l’accord de réduction de la production pétrolière des pays de l’Opep et non-Opep (JMMC) a été donné dimanche à Alger. 

La réunion est entamée par la tenue d’une session publique (ouverte à la presse) d’une quinzaine de minutes durant laquelle le ministre de  l’Energie, Mustapha Guitouni, et le secrétaire général de l’Opep, Mohammad Sanusi Barkindo, prononcent une allocution d’ouverture.  Cette session sera suivie d’une autre à huit-clos, selon les organisateurs.

En outre, une cérémonie d’hommage rendu par l’Opep au Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, sera organisée à l’occasion du 2ème anniversaire de l’accord d’Alger qui avait couronné la 170ème réunion extraordinaire de la conférence de l’Opep en septembre 2016.

La réunion du JMMC sera aussi l’occasion de la présentation d’un document de l’Opep portant sur les perspectives mondiales de pétrole à l’horizon 2040 (OPEC’s World Oil Outlook 2040, WOO 2040).

Publié pour la première fois en 2007, le WOO est l’une des publications annuelles phares de l’Opep, fournissant une analyse des nombreux défis et opportunités auxquels est confrontée l’industrie pétrolière mondiale avec  une évaluation approfondie des tendances de l’offre et de la demande sur le moyen et long termes.

Il constitue un outil de référence important, fournissant des informations sur l’amont et l’aval, ainsi que des questions liées aux coûts, aux investissements et à l’impact potentiel des politiques et des nouvelles technologies.

Les travaux de la réunion du JMMC seront clôturés par une conférence de presse.

Pour rappel, le JMMC a été créé par la 171ème Conférence ministérielle de l’Opep, tenue en novembre 2016, et par la réunion ministérielle conjointe  Opep-non Opep en décembre 2016 à Vienne, chargé de veiller à la réalisation des objectifs de la Déclaration de coopération.

Présidé par le ministre saoudien de pétrole et co-présidé par son homologue russe, le JMMC est composé de quatre pays membres de l’Opep  (Algérie, Arabie Saoudite, Koweït et Venezuela) et de deux pays non membres (Russie et Oman).

C’est lors de la tenue à Alger de la 170ème réunion extraordinaire de la Conférence ministérielle de l’Opep en septembre 2016 que les pays membres  de cette organisation avaient décidé d’ajuster leur production, dans un intervalle de 32,5 à 33 millions de barils par jour (mbj), et de créer un  Comité de haut niveau présidé par l’Algérie en vue d’élaborer les détails de l’accord.

Ces détails ont été définis dans une proposition algérienne adoptée lors de la 171ème réunion ordinaire de la Conférence ministérielle de l’Opep tenue en novembre 2016 à Vienne.

Le haut comité a également tenu des réunions avec des pays non membres de l’organisation. Ces discussions ont abouti à la signature de l’Accord de coopération entre les pays membres de l’Opep et les pays non-Opep participants à la réunion de décembre 2016.

L’Opep a ainsi décidé d’une réduction de sa production de pétrole d’environ 1,2 mbj à compter du 1er janvier 2017, rejointe par la suite par 11 pays non membres ayant accepté de réduire leur offre de 600.000 bj.

Une année après, l’Organisation et ses partenaires décidèrent de prolonger jusqu’à fin 2018 leur plafonnement de la production au profit du prix du baril.

Cette 10ème réunion du JMMC permettra de « connaître la situation du marché pétrolier international et d’œuvrer au maintien de son équilibre », avait expliqué récemment M. Guitouni, qui avait avancé que l’issue de cette réunion sera couronnée de « décisions unifiées ».

Ayant dépassé les objectifs de l’accord, avec des niveaux de conformité  record dépassant parfois même les 150%, l’Opep a convenu en juin dernier de limiter à 100% le niveau de respect des engagements, induisant une augmentation effective de l’offre de l’ordre de 757.000 barils/jour.

« Cet accord nous ramène à réaliser 100% de la production (fixée par l’organisation). En mai 2018, nous avons réalisé un taux de conformité de  152% par rapport aux quotas mis dans l’accord (de la baisse). Les 52% de plus, soit les 757.000 barils/jour qui n’ont pas été produits, vont être repris », avait expliqué le ministre dans une déclaration à l’issue de la 174ème Conférence ministérielle de l’Opep.

C’est dans un contexte marqué par la nécessité de maintenir la hausse des prix, d’assurer la continuité des investissements dans le domaine pétrolier  et de garantir l’offre face à une demande qui augure d’augmenter que se tiendra cette réunion du JMMC à Alger.

Par ailleurs, les conséquences que pourrait avoir l’embargo pétrolier des Etats-Unis contre l’Iran, devant entrer en vigueur le 5 novembre prochain, accaparent l’attention.

En effet, le président américain Donald Trump avait annoncé en mai dernier son retrait unilatéral de l’accord international de 2015 relatif au dossier nucléaire iranien, rétablissant ainsi toutes les sanctions américaines levées dans le cadre de cet accord, et interdisant également aux pays d’acheter le pétrole iranien sous peine de sanctions contre eux.

Troisième plus grand producteur de l’Opep, l’Iran voit déjà ses ventes de brut fondre à l’approche de l’application de ces sanctions sachant que sa production est estimée à 1,4 mbj.

Ce pays détient les quatrièmes réserves mondiales prouvées de pétrole alors que nombre de pays, en Asie particulièrement, ont besoin de se  fournir en brut iranien. D’autant que leurs raffineries sont spécialement conçues pour traiter la variété du pétrole iranien (Iran Heavy).

Mais à l’approche de l’échéance prévue de ces sanctions, la production pétrolière iranienne a atteint ses niveaux les plus bas depuis juillet  2016, alors que, par ailleurs, le Venezuela connaît aussi une érosion continue de sa production.

Pour l’Opep, l’Iran reste « un membre très important (…) et nous n’avons pas d’autre choix que de continuer à travailler avec tous les membres », avait soutenu récemment le secrétaire général de l’Opep, Mohammed Sanusi Barkindo, sans préciser comment les producteurs mondiaux allaient compenser la baisse des exportations iraniennes avec l’entrée en vigueur des sanctions américaines.

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