Onze morts dans un attentat à la bombe à Istanbul

Onze morts dans un attentat à la bombe à Istanbul

Une voiture piégée a explosé mardi 7 juin dans le centre d’Istanbul, faisant onze morts, dont sept policiers, et 36 blessés, selon la préfecture de la ville. L’attentat s’est produit à 8 h 35, heure locale, soit l’heure de pointe, quand le métro charrie un grand nombre de passagers, dans le quartier historique de Vezneciler, non loin du Grand Bazar et de l’université de Beyazit, laquelle a fermé ses portes pour la journée. L’explosion a soufflé les devantures des magasins avoisinants et endommagé plusieurs écoles du quartier sans faire de victimes parmi les écoliers. Un foyer de jeunes filles a été endommagé.

« Sept policiers et quatre citoyens ont perdu la vie dans une attaque au véhicule piégé qui a visé la police antiémeutes », a déclaré le gouverneur de la première mégapole de Turquie, Vasip Sahin, aux journalistes sur les lieux de l’attentat.

Méthodes du PKK

Selon les témoins, une voiture stationnée a explosé au passage d’un fourgon de police qui passait non loin de la bouche de ­métro Vezneciler. Les auteurs de l’attentat semblent avoir utilisé un système de déclenchement à distance pour actionner la bombe. D’après l’agence de presse Anatolie, des coups de feu ont retenti après l’explosion, comme si les auteurs de l’attentat cherchaient à semer la panique parmi les passants. L’attaque s’est produite au deuxième jour du mois de jeûne musulman du Ramadan.

Deux attentats-suicides, attribués à l’organisation Etat islamique, ont visé des zones touristiques d’Istanbul en janvier et en mars. L’attaque du 7 juin n’a pas été revendiquée pour le moment. Toutefois, les méthodes employées, notamment l’utilisation d’explosifs activés à distance, rappellent celles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, autonomiste, interdit en Turquie) et des groupes d’extrême gauche. Le 12 mars, le PKK s’était allié à neuf groupuscules extrémistes, reconnaissant ouvertement que leur but était de déstabiliser le pays par la violence, notamment les attentats. Début avril, Duran Kalkan, un cadre du PKK devenu le chef de la nouvelle organisation, avait confié à la presse que son intention était d’organiser des actes de terrorisme à travers tout le pays.

« Soulèvements urbains »

La guerre fait rage actuellement dans les régions kurdophones du sud-est du pays entre le PKK et les troupes régulières d’Ankara. Après avoir longtemps privilégié les attaques de convois militaires en zone rurale, le PKK a opté récemment pour des « soulèvements urbains » au cœur des villes kurdes (Cizre, Sur, Nusaybin, Yüksekova, Sirnak, Silopi), espérant recueillir la complicité de la population locale.

Mais les rebelles kurdes qui avaient creusé des tranchées et érigé des barricades dans les centres-villes ont essuyé de grosses pertes. Plusieurs milliers de militants ont été tués, les centres des villes kurdes ont été réduits à l’état de ruines, près de 200 000 civils ont pris le chemin de l’exode. Récemment, l’aviation turque a repris ses bombardements sur les positions des rebelles dans les régions de Diyarbakir et de Hakkari, à la frontière avec l’Irak.

Marie Jégo

http://www.lemonde.fr/

Sabrina Lallemand
ADMINISTRATOR
PROFILE

Voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée. Les champs Exigés sont marqués avec *

Cancel reply