Mohamed IDIR : un coach professionnel nous parle du coaching en Algérie

Mohamed IDIR : un coach professionnel nous parle du coaching en Algérie
Mohamed IDIR

Comme nous le disions déjà dans nos précédents articles consacrés au développement personnel, le marché algérien est en plein expansion et il attire de plus en plus d’adeptes qui sont à la recherche d’un moyen efficace pour améliorer leur vie personnelle ou professionnelle. Cet engouement grandissant attire son lot de praticiens qui n’ont de professionnel que le nom. 

Lors de notre enquête sur les dessous de « l’industrie » du développement personnel en Algérie, nous avons fait face à un mur de silence derrière lequel se cachent de nombreux pseudos-experts de la réussite qui sont toujours très heureux de parler aux médias de leurs techniques miraculeuses, sauf…quand on pose des questions sur leurs prétendues certifications.

Le seul qui a accepté de nous recevoir, sans aucune hésitation, afin d’étaler fièrement les preuves d’un parcours étonnant, c’est M. Mohamed IDIR. C’est un coach et conférencier professionnel qui est à l’origine de cette fièvre du coaching qui frappe notre pays depuis qu’il a décidé d’introduire cette discipline en Algérie et de la professionnaliser. À l’heure où nous rédigeons cet article, il est important de préciser qu’hormis  M. Mohamed IDIR, le seul autre professionnel qui a accepté de répondre à ma consoeur, à coeur ouvert, c’est M. Anis Mahiou (L’un des plus jeunes coachs professionnels nous parle de notre potentiel caché).

C’est à bras ouverts qu’il nous a reçu pour une interview à Centrale Coach, son nouveau siège qu’il compte consacrer aux experts du développement personnel certifiés en Algérie.

Élite Presse : quand je visite vos différents sites web et pages Facebook, la première question qui me vient à l’esprit : c’est quoi exactement le coaching professionnel ?

Mohamed IDIR : Je tiens avant tout à vous remercier pour l’intérêt que vous portez à ce métier noble et pour votre volonté d’éclairer le grand public afin de l’aider à séparer le bon grain de l’ivraie.
Le coaching professionnel est une discipline qui offre aux clients un accompagnement pour atteindre des objectifs personnels ou professionnels. C’est une démarche orientée solution qui focalise sur « le comment » surmonter un défi, plutôt que sur « le pourquoi » un individu ou une entreprise se trouve en difficulté. Nous travaillons bien évidemment sur les causes afin d’éviter une rechute, sans trop s’y attarder. On utilise des techniques très précises et éprouvées pour déclencher un passage à l’action très rapidement avec un effet à long terme. Le client est toujours au cœur du processus et il arrive à des solutions adaptées selon ses propres besoins. C’est d’ailleurs pour cette raison que le coach doit démontrer une grande flexibilité et une bonne expertise afin d’éviter de tomber dans le piège des solutions toutes faites tirées des livres, qui dans la plus part des cas ne conviennent pas du tout à leurs clients.

Élite Presse : Quelle est la différence entre un coach professionnel, un psychologue, un conférencier, un consultant et un formateur ?

Mohamed IDIR : Concernant les psychologues, ils travaillent surtout sur « le pourquoi », donc sur les causes. Ils ont besoin de remonter jusqu’à l’enfance afin de comprendre l’origine de la souffrance de leurs patients et ça peut être très long. Ils travaillent aussi sur les troubles psychologiques. Ça reste leur territoire et un coach professionnel ne peut s’y aventurer car il travaille avec des personnes dites saines. Le coaching est une intervention à visée brève, axée sur l’action et les solutions. On ne soigne pas les gens.
Contrairement au consultant, le coach ne donne pas de conseils et laisse venir la solution du client lui-même en l’aidant à exploiter pleinement ses propres ressources pour mettre en place un plan d’action adapté à ses besoins. Le formateur et le conférencier transmettent des informations à leurs clients pour leur permettre d’acquérir de nouvelles compétences, alors que notre rôle est de les aider à les exploiter et à accéder à leur plein potentiel. On va aller chercher la différence qui va faire toute la différence pour améliorer l’efficacité des actions de nos clients.
Il est important de préciser aussi que le coach professionnel est apte à porter la casquette de consultant, de conférencier ou encore de formateur, mais le contraire n’est pas possible.

Élite Presse : Quelles sont les certifications requises pour pouvoir prétendre au titre de coach professionnel ?

Mohamed IDIR : Pour prétendre à ce titre il faut passer par un processus de certification offert par des professionnels confirmés. Le cheminement est long et nécessite plusieurs mois de pratique. J’ai personnellement suivi ma formation d’environ 1200 heures au CQPNL, à Montréal, afin d’obtenir les certifications de coach d’affaires et coach personnel. J’ai continué à élargir mon champs de compétences à la Harvard Medical School où j’ai eu le plaisir de suivre les enseignements d’Amy Cuddy, du Pr Tanzi et beaucoup d’autres experts mondialement reconnus. J’ai eu également l’honneur d’assister à des formations offertes par Robert Dilts et Richard Bandler, sans prétendre que ce dernier m’a apporté autre chose que le plaisir de le rencontrer. Je précise que M. Richard Bandler est une référence incontestable dans le métier. C’est l’un des fondateurs de la PNL, mais pour y avoir assister, ses formations données à Londres par exemple sont devenues des « attractions touristiques » qui ne nous permettent pas d’apprendre grand-chose. C’est la même chose qui arrive avec les grands shows organisés en Algérie par des coachs connus, surtout arabophones sur de courtes durées. On ne devient pas coach en trois ou six jours. C’est bien plus sérieux que ça. Il vaut mieux s’adresser à des écoles qui ont des programmes bien construits si on veut réellement apprendre à accompagner des personnes ou des entreprises.

Élite Presse : Êtes-vous disposé à nous montrer vos certifications ?

Bien évidemment, elles sont à votre disposition. Si j’étais à votre place je ne me fierais jamais à des bouts de papier. Faites un vrai travail de journaliste et adressez-vous plutôt aux organismes et écoles où j’ai été formé. Les coordonnées du CQPNL, d’HMS, de l’université de Bourgogne et tous les autres sont à la portée de chaque personne qui souhaite avoir des informations fiables.

Élite Presse : Aujourd’hui vous transmettez votre savoir-faire à de nombreux algériens qui rêvent de devenir des coachs professionnels, avez-vous des qualifications pour enseigner ? 

Mohamed IDIR : j’ai une habilitation à enseigner délivrée par la FCCA et surtout une licence en sciences de l’éducation obtenue à l’université de Bourgogne en France. J’avoue que la première n’est qu’un titre qui n’a pas une grande valeur à mes yeux. Ça vaut ce que ça vaut. Beaucoup d’écoles proposent un parcours pour permettre à leurs diplômés d’enseigner mais ça reste une simple révision qui n’offre pas une réelle connaissance du métier de formateur et il n’offre pas les outils nécessaires pour transmettre un savoir-faire. La formation que j’ai suivi à l’université de Bourgogne m’a par contre permis d’acquérir de réelles compétences qui me permettent aujourd’hui de former des coachs et des formateurs. On ne s’improvise pas formateur.
Mon expérience dans le monde des affaires m’offre aussi un réservoir d’enseignements pour illustrer mes propos. Ce qu’aiment les participants à mes formations ou conférences c’est le fait de partager avec eux mes propres expériences. Le message passe mieux lorsqu’on a vécu ce qu’on enseigne.

Élite Presse : On vous entend parler du danger que représente les individus sans certification sur tous les plateaux de télévision. Vous ne pensez pas que vous exagérez un peu ?

Mohamed IDIR : Si vous avez bien suivi mes interventions dans les médias vous avez dû constater que je fais la part des choses. Quand une entreprise fait appel à quelqu’un qui a appris à « coacher » dans les livres de Covey elle va perdre du temps et de l’argent. On va dire que ce n’est pas une catastrophe. Mais quand une personne souffrante fait appel à ce genre d’individus sans scrupules, ils mettent leur vie en danger. Dans Programmation Neuro-Linguistique il y a le mot programmation. Quand vous confiez votre cerveau à un apprenti sorcier vous risquez de vous retrouver avec des troubles très graves. Un coach professionnel est formé pour repérer les pathologies mentales et il sait quand il doit référer son client à un professionnel de la santé pour éviter que son état s’aggrave.

Élite Presse : Tout à fait, mais de là à parler de charlatans, c’est un peu dur vous ne trouvez pas ?

Mohamed IDIR : Comment voulez-vous appeler quelqu’un qui usurpe un titre et qui met en danger une population fragile ? Dans les pays où le coaching et l’hypno thérapie existent depuis assez longtemps les faux praticiens se retrouvent devant un juge. Dans hypno thérapie il y a le mot THÉRAPIE. Comment voulez-vous appeler quelqu’un qui prétend être un expert en hypnose sans avoir la moindre formation certifiante ? J’ai personnellement suivi des cours d’hypnose avec des experts en la matière mais je n’oserai jamais prétendre que je suis un hypno thérapeute. J’ai déjà rencontré des personnes qui sont passées entre les mains de ces charlatans et ils arrivent dans mon bureau avec une souffrance psychologique provoquée par des séances d’hypnose menées par des amateurs. Un individu qui prétend pouvoir sortir un client suicidaire d’une dépression, ce n’est plus un charlatan, c’est un criminel, qui parle bien.

Élite Presse : On constate que vous êtes très critiqué par plusieurs personnes qui remettent même en cause l’existence de la Fédération des Coachs et Conférenciers Algériens. Qu’en pensez-vous ?

Mohamed IDIR : Ces personnes remettent en cause même mon existence. Parfois j’ai des doutes et j’ai besoin de me pincer (rires).
Comme pour les certifications, pourquoi se compliquer la vie quand on peut aller vérifier les informations ? Il suffit d’aller sur le site officiel du gouvernement Québécois pour avoir la confirmation. Je précise que la FCCA est un Organisme Sans But Lucratif (OSBL) avec laquelle on collabore. Elle n’a aucune activité sur le territoire algérien pour le moment.
C’est la même chose pour Arcom Canada. J’attends que ces individus aient le courage de porter des accusations à visage découvert et on ira s’expliquer face à un juge. Mais je sais déjà qu’ils n’ont pas le courage de s’identifier. C’est plus facile pour un lâche de salir les gens derrière un écran avec un pseudonyme.
Avant tout, être critiqué est un honneur pour moi. Une personne qui n’est ni critiquée, ni enviée, doit s’inquiéter car cela veut dire qu’elle ne fait rien d’original dans sa vie. Si vous pensez que vous êtes aimé par tout le monde, soit vous êtes inactif, soit vous êtes un vrai caméléon qui ne sait pas être authentique. On ne peut pas plaire à tout le monde. Je préfère focaliser sur ceux qui aiment ce que je fais et qui m’encouragent à avancer. Ils sont très nombreux et ils me comblent. La vie est belle.

Élite Presse : Je comprends très bien, mais pourquoi vous êtes la cible de ces individus à votre avis ?

Mohamed IDIR : Il y a trois types de personnes qui me critiquent. La première catégorie est constituée d’individus qui critiquent tous les porteurs de projets ambitieux, même s’ils ne les connaissent même pas. Il y a ensuite les charlatans qui se font passer pour des professionnels. Quand on est arrivés avec le projet d’une fédération j’ai personnellement contacté tous ces gens pour qu’on puisse travailler ensemble, la main dans la main, à la réalisation de projets très ambitieux. J’ai été surpris par l’accueil très froid qui m’a été réservé. Il s’est avéré qu’ils n’ont aucune certification de coach professionnel et ils m’ont vu comme une menace pour leur business. Quand vous écrivez un message  amical à un vrai coach vous obtenez une réponse amicale, mais un imposteur ne peut agir de la sorte car il a peur de se faire démasquer.
Vous savez, quand vous avez l’authenticité comme valeur principale, vous ne pouvez pas satisfaire tout le monde. Quand l’un de mes élèves n’est pas encore à la hauteur des exigences du métier je n’hésite pas à lui dire, contrairement à beaucoup d’organismes de formation. Quand on a à cœur de faire son travail correctement on se fait des ennemis. Certains n’ont aucun problème à essayer de ternir votre réputation.
Il y a finalement les victimes de ses charlatans qui leur ont fait confiance et qui se sont fait avoir. Ils se méfient aujourd’hui de tous les coachs, même des vrais. Je les comprend et nous travaillons dur pour regagner leur confiance.
Encore une fois, les personnes malveillantes qui tentent de nous mettre des bâtons dans les roues se comptent sur les doigts d’une seule main. J’ai plus de pitié pour eux qu’autre chose. Ils doivent être tellement malheureux. Je leur souhaite de trouver le bonheur, la vie est courte.
En ce qui me concerne je préfère focaliser sur les dizaines de milliers de belles personnes qui me soutiennent au lieu de perdre du temps et de l’énergie avec des futilités. Celui qui a quelque chose à prouver qu’il monte sur scène. Parlons plutôt de projets s’il vous plaît !

Élite Presse : Vos projets avancent bien en Algérie ?

Parfaitement bien. On a lancé plusieurs programmes avec Central Coach, dont Elite club qui est destiné aux jeunes algériens porteurs de projets. On a un réservoir de compétences qui est inexploité et notre objectif est de mettre en relation les jeunes et les experts algériens à travers le monde pour qu’ils puissent bénéficier de leur expertise. Sur le plan théorique l’école algérienne fait l’affaire. Il manque cependant l’aspect pratique. Avec Elite Club, on va aider les membres à se fixer des objectifs personnels et professionnels et à aller au bout de leurs rêves. L’accès est gratuit et les experts qui interviennent dans le cadre de ce programme sont des bénévoles.

Élite Presse : J’ai l’impression que genre de programmes a déjà été lancé, je me trompe ?

Pas tout à fait. Il y a peut-être des programmes qui ont repris et personnalisé l’idée mais on ne parle pas de la même chose. Il y a par exemple le programme « Tawjih » qui s’est inspiré de l’Élite Club, qui lui existe depuis 2014 même s’il n’a pas été médiatisé dès sa création. Quand j’ai vu que l’idée a été copiée ça m’a fait sourire et ça m’a aussi fait plaisir. Je n’ai jamais parlé du vol de la propriété intellectuelle, j’ai au contraire participé au programme Tawjih autant que premier mentor. Les mêmes personnes continuent de suivre mes pas et copient ce que je fais. Comme je dis souvent : »vous pouvez voler mes idées, j’ en aurais d’autres ». Quand on est suivi comme ça, cela démontre au moins qu’on est devant. C’est rassurant (rires).
On a une équipe formidable qui développe de très beaux projets, le meilleur est à venir inchAllah.

Élite Presse : Il existe plusieurs espaces de coworking en Algérie, quel est la particularité de Centrale Coach ?

Mohamed IDIR : Centrale Coach est le premier espace dédié exclusivement au professionnels du développement personnel en Algérie. Contrairement aux autres espaces, notre objectif n’est pas de louer des locaux. Il y a un projet de société important qu’on souhaite développer. À Centrale coach on ne peut organiser un évènement pour un intervenant qui n’a pas les qualifications nécessaires. Il y a des espaces qui deviennent complices des charlatans qui trompent leurs clients. Quand on organise une formation ou une conférence on s’assure que les participants vivent une belle expérience, à la hauteur de leur investissement. C’est une garantie qu’on offre aux clients qui nous font confiance. Quand on annonce une formation dispensée par un expert on vérifie que c’est bien un expert, pas un beau parleur.

Élite Presse : Je sais que vous avez plusieurs projets en cours de développement, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Mohamed IDIR : Vous ne trouvez pas qu’on est déjà assez copié comme ça (rire)? Un peu de patience, vous serez les premiers invités au lancement de nos projets. Notre équipe travaille très dur pour les concrétiser et je profite de l’occasion pour les remercier.

Élite Presse : On vous remercie pour votre accueil et le temps précieux que vous nous avez consacré.

Par Karim Arhab (Alger)

Karim Arhab
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