Mohamed Ali, une icône olympique s’en va

Mohamed Ali, une icône olympique s’en va

Mohamed Ali s’est éteint vendredi, à l’âge de 74 ans. Ce triple champion du monde de boxe, fervent militant de la cause des Afro-Américains, souffrait depuis des décennies de la maladie de Parkinson.

« Je suis le plus beau, le plus grand, le plus fort », avait coutume de dire Mohamed Ali lorsqu’il dominait la boxe mondiale. L’humilité n’était pas la qualité première de l’homme – « Quand on est aussi grand que je le suis, difficile de rester humble », affirmait-il la tête haute et le regard insolent. Le boxeur légendaire est mort vendredi 3 juin, à l’âge de 74 ans, a annoncé sa famille.

Ceux qui ont pu l’admirer à l’œuvre assurent qu’il semblait danser sur le ring tant il était vif, rapide et précis. « Je vole comme un papillon et je pique comme une abeille », a-t-il expliqué en 1974 avant d’affronter George Foreman à Kinshasa, l’un de ses combats cultes. Cette phrase, comme de nombreuses autres, est entrée dans l’histoire du sport. Son verbe, parfois cinglant, souvent moqueur, a largement contribué à la réputation planétaire du boxeur. Autant, peut-être, que son incroyable palmarès.

Médaille d’or à 18 ans

Cassius Clay, qui deviendra plus tard Mohamed Ali, entre dans la légende dès l’âge de 18 ans, en décrochant la médaille d’or des poids mi-lourds des Jeux olympiques de Rome en 1960. Dès lors, passé professionnel et entraîné par Angelo Dundee, il ne cesse d’enchaîner les victoires, notamment contre l’ex-champion du monde Archie Lee.

De fil en aiguille, il en vient à affronter le champion du monde Sonny Liston, jugé invincible par la plupart des commentateurs sportifs, en 1964 à Miami. C’est la révélation. Cassius Clay vient à bout du roi du ring en six rounds, et hérite, à 22 ans, du titre de champion du monde. Il réitère l’exploit l’année suivante à Lewiston.

L’homme, dont l’agilité et la pugnacité sont dès lors reconnu de tous, se fait également connaître pour son combat politique. Il annonce, en 1964, son adhésion à Nation of Islam, une organisation politique et religieuse noire-américaine. En hommage à son père spirituel, le militant des droits de l’Homme Malcom X, il prend le nom de Cassius X, avant d’adopter celui de Mohamed Ali, que lui donne le fondateur de Nation of Islam Elijah Muhammad.

Combat contre la guerre du Vietnam

Rapidement, ses engagements politiques prennent le pas sur la carrière prometteuse du jeune boxeur. En 1966, en pleine guerre du Vietnam, le jeune prodige refuse de servir dans l’armée américaine. « Aucun Viêt-Cong ne m’a traité de nègre », argumente-t-il. Il est condamné l’année suivante à 10 000 dollars d’amende, à cinq ans de prison, il perd sa licence de boxe et il est déchu de son titre de champion du monde. Il ne le retrouve qu’en 1971, après une annulation de ce jugement par la Cour Suprême des États-Unis, qui lui permet de reprendre la boxe.

Entre temps, Mohamed Ali déserte, trois ans durant, les compétitions internationales de boxe. Il ne remonte sur le ring qu’en 1970, et enchaîne de nouveau les victoires contre les meilleurs boxeurs américains comme Ken Norton, George Chuvalo ou encore Floyd Patterson – plus jeunes que lui… jusqu’en 1971, où il accuse sa première défaite contre l’Américain Joe Frazier, sur qui il obtient finalement sa revanche peu après.

Mais ce n’est qu’en 1974 que Mohamed Ali récupère le titre de champion du monde, lors de son combat culte « the Rumble in the Jungle » (littéralement « Grondement dans la jungle ») contre le redoutable George Foreman à Kinshasa. Non sans douleur, Mohamed Ali parvient à épuiser son adversaire et remporte le combat en huit rounds, acclamé par un public tout acquis à sa cause. L’année suivante, il quitte Nation of Islam pour se convertir à l’islam sunnite.

Mohamed Ali prend sa retraite en 1981, physiquement amoindri après plusieurs défaites. Trois ans plus tard, il annonce qu’il est atteint de la maladie de Parkinson. En 1990, il entre au service de la diplomatie américaine en négociant, auprès de Saddam Hussein, la libération de 14 otages américains en Irak. Il est nommé messager de la paix par l’ONU en 1998. Il reçoit la médaille présidentielle de la liberté, la plus haute distinction civile américaine, en 2005. La même année, il est décoré, par l’ONU, de la médaille de la paix Otto-Hahn pour « son engagement en faveur du mouvement américain contre la ségrégation et pour l’émancipation culturelle des Noirs à l’échelle mondiale ».

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