Lutte contre la traite des personnes : L’Algérie, déterminée dans son engagement

Lutte contre la traite des personnes : L’Algérie, déterminée dans son engagement

ALGER- L’Algérie demeure engagée avec détermination dans la lutte contre la traite des personnes, un engagement qui s’est traduit par l’élévation prochaine du Comité interministériel chargé de coordonner les activités liées à la prévention et à la lutte contre ce phénomène en Comité national placé sous l’autorité directe du Premier ministre pour en rehausser les capacités et l’efficacité.

Dans le même cadre et additionnellement à l’opérationnalisation d’une politique nationale de lutte contre la traite des personnes, « ce Comité aura pour principales missions le suivi de l’application des instruments juridiques internationaux y afférents ratifiés par  l’Algérie, la coopération et l’échange d’informations avec les organismes nationaux et internationaux, ainsi que la réalisation de programmes de formation et de sensibilisation sur cette question », a indiqué le ministère des Affaires étrangères (MAE) dans un communiqué.

Le MAE a insisté, à ce propos, sur ses responsabilités dans ce domaine qui découlent, notamment, de son engagement dans la lutte antiterroriste.

« la part significative que l’Algérie entend souverainement prendre dans l’élimination du phénomène transnational de la traite des personnes, dans le contexte de son engagement bien établi contre d’autres fléaux tels que le terrorisme, procède de convictions intangibles découlant de sa lutte de libération nationale qui a fondamentalement fait droit à la dignité et l’intégrité de la personne humaine », a encore soutenu le ministère.

« Dans la conception et la conduite de ses politiques internes et internationales, l’Algérie veille scrupuleusement à une cohérence et à une constance qu’elle souhaite pouvoir partager avec tous ses partenaires internationaux pour assurer ensemble un avenir qualitativement meilleur à tous les peuples du monde », affirme-t-on encore.

C’est ainsi que l’Algérie a mis en oeuvre un arsenal juridique pour incriminer tous les crimes et délits liés à la criminalité internationale dans le cadre du code pénal qui prévoit des peines sévères contres ceux qui se rendent coupables d tels délits.

La loi 09-01 du 25 février 2009 modifiant et complétant l’Ordonnance 66-156 du 8 juin 1966 portant code pénal interdit « l’exploitation de la prostitution d’autrui ou toutes autres formes d’exploitation sexuelle, l’exploitation d’autrui dans la mendicité, le travail ou service forcé, l’esclavage ou les pratiques similaires à l’esclavage, la servitude ou le prélèvement d’organes ».

Cette loi considère comme traite des personnes « le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil d’une ou plusieurs personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par l’enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiement ou d’avantages afin d’obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation ».

Il prévoit des peines d’emprisonnement de trois à 20 ans de réclusion et d’une amende financière de 300 000 à deux (02) millions de dinars, en fonction de la nature et de la gravité de l’infraction.

Le ministère a réagi, samedi, au contenu du 16e rapport du département d’Etat américain sur la traite des personnes, en relevant avec un « profond regret » que ce rapport classe, encore une fois, l’Algérie dans une « catégorie3 » regroupant des Etats qui, « ne se conforment pas pleinement aux normes minimales pour l’élimination de la traite et ne font pas d’efforts pour atteindre cet objectif ».

Il déplore cette appréciation qui, « loin de résulter d’une évaluation rigoureuse de la situation, continue de puiser surabondamment à des sources approximatives et manquant de crédibilité et de se fonder sur des informations erronées, voire fallacieuses ».

Le ministère relève, encore, que cette note qui « ne prend pas l’exacte mesure des efforts significatifs consentis par notre pays en matière de prévention de la traite des personnes, ne rend certainement pas justice à la posture claire et active qui est celle de l’Etat algérien sur cette problématique dans son ensemble, le fléau de la traite des personnes étant un phénomène marginal en Algérie et étranger aux valeurs et coutumes de la société algérienne ».

APS

Issam Saidi
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