Loi de finances 2017 : une nouvelle « stra-gédie » adoptée par le gouvernement !

Loi de finances 2017 : une nouvelle « stra-gédie » adoptée par le gouvernement !

Le mercredi 7 septembre un projet de loi de finances a été soumis au gouvernement. A peine un mois après, le conseil des ministres (tenu le 4 octobre) adopte ce projet de loi. Chaque année, le gouvernement Algérien présente à l’automne la loi des finances pour l’année suivante. Cette dernière rassemble, toutes les recettes et les dépenses de l’État. C’est le projet de loi de finances (PLF) qui régule et réglemente les dépenses et les revenus de l’Etat selon un équilibre économique et financier établi par le gouvernement.

Le nouveau Ministre des Finances Hadji Baba Ali placé à la tête de son ministère depuis seulement quelques mois, apporte une nouvelle vision de la loi de finances. En effet le PLF comprendra, en plus des recettes et des dépenses de l’Etat, la stratégie financière pour tenter de dépasser la crise économique dû principalement à l’effondrement des prix du pétrole.

Le cadrage macroéconomique et financier pour 2017 :
le projet de loi de finances pour la période 2017 _2019 a été conçu en tenant compte du prix du baril de pétrole (fixé à 50 dollars), du taux de change (estimé à 108 da pour un dollar, de la dépense publique estimée à 6800 milliards de dinars algériens, des recettes fiscales (hors fiscalité pétrolière) qui augmenteront de 11% et enfin de la croissance économique qui devra mieux se porter. Restons rationnels et posons-nous la question suivante : Comment l’Etat compte-t-il développer son économie et réussir sa croissance en temps de crise ? Ou sont les résultats des multiples projets, investissements et ‘exploits’ réalisés quand le baril de pétrole dépassait les 100 dollars ? Selon ce texte, la stabilité des dépenses sera reliée aux recettes fiscales (fixées à 11%) ce qui permettra d’atténuer progressivement l’écart entre le revenu et les dépenses. Mission impossible vous dites ? Restons positives !

La loi des finances en chiffres :
Comme pour la loi de finances 2016, qui a fait couler beaucoup d’encre et suscité divers critiques, il se trouve que même ce PLF ne s’équilibre pas vraiment en recettes et en dépenses ! Sans grande surprise nous apprenons que les soldes du trésor sont déficitaires et le resteront tout long de l’année 2017. Le profil des équilibres budgétaires projeté pour l’année qui suit induirait un déficit budgétaire de-6.4% par rapport au BIP, contre 11.4% comparé à l’année 2016.  Le solde global du trésor se situerait à -1297.7 milliards de dinars algériens.  Rappelons que les recettes budgétaires s’estimeront à 5635.5 milliards de dinars, soit une hausse de 12.7 % par rapport aux recettes prévues pour 2016.  Le produit de la fiscalité pétrolière budgétisé s’élèverait à 2200.1 dinars en 2017. Pour ce qui est des dépenses, elles seront plafonnées à hauteur de 7 000 milliards de dinars algériens, soit une baisse de 1.7% par rapport aux prévisions de l’année 2016 et de 12.2% par rapport à 2015. Le but étant d’éliminer le déficit de trois à cinq ans, l’Etat se verra donc, contraint de réduire ses dépenses, cette stratégie est appelée : austérité budgétaire.

Ce qu’il faut retenir de ce PLF :
en se référant toujours au texte du PLF, l’enveloppe de la masse salariale de la fonction publique sera diminuée de 60 milliards de dinars afin d’instaurer un certain équilibre. Elle ne devrait, donc pas dépasser les 2172.5 milliards de dinars pour 2017, contre 2232.5 milliards de dinars pour 2016.  La politique économique consistera alors, à réduire la masse salariale de la fonction publique, par le biais du départ à la retraite (11.000 employés sans qu’ils soient remplacés) et à mettre en place –simultanément – un gel de recrutement et de la formation pour de nombreux secteurs.

Pour la grande majorité des citoyens, le plus important dans ce PLF est de savoir si les prix, tarifs et taxes connaîtront une hausse considérable ou pas. Une augmentation des tarifs se concrétisera dès le 1 janvier 2017, incluant : le tabac, les produits de consommation, les produits de luxe, ainsi que les produits électroménagers. Côté impôts, la TVA est principalement touchée, elle passera de 17% à 19%. Le gouvernement retirera sa subvention liée aux carburants et à l’énergie, une augmentation des prix de l’essence, du gaz et l’électricité est à prévoir, cependant nous ne connaissons pas encore le pourcentage, rien n’a encore été annoncé par le Premier Ministre.

Le nouveau taux de modalité des taxations de l’immobilier est régi par l’article 2, 3 et 5 du PLF. Suggérant ainsi un nouveau taux de taxation des locations, de 10% d’imposition sur le revenu global, concernant les constructions individuelles (les villas et autres constructions ne faisant pas partie d’un immeuble collectif).

Yasmine Amziane
CONTRIBUTOR
PROFILE

Voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée. Les champs Exigés sont marqués avec *

Cancel reply