L’Iran confirme un test de missile, les Etats-Unis toutes griffes dehors

L’Iran confirme un test de missile, les Etats-Unis toutes griffes dehors
Photo AFP

Il a suffi d’un missile tiré en cachette pour que la tension remonte d’un cran à l’égard de l’Iran. C’est du moins ce que prétendent les Etats-Unis qui ont obtenu mardi la réunion d’urgence du conseil de sécurité de l’Onu pour éclaircir l’affaire, avant que l’Iran ne confirme ce mercredi matin. Il s’agit de la première demande de consultation de l’administration Trump. Et il n’est guère surprenant que celle-ci concerne la République islamique dans la mesure où le nouveau président se montre, depuis bien avant son investiture, on ne peut plus méfiant à son endroit.

D’après un responsable de l’administration américaine qui a gardé l’anonymat, l’Iran a tiré dimanche un missile de moyenne portée dans la région de Semnan, une ville du nord du pays, située à deux cents kilomètres de route à l’est de Téhéran. Le projectile aurait parcouru un millier de kilomètres avant d’exploser en vol.

Un nouveau « prétexte »

L’Iran, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a dit « espérer que la question du programme défensif de l’Iran ne sera pas utilisée comme un prétexte » par la nouvelle administration américaine pour « provoquer de nouvelles tensions ». Mohammad Javad Zarif a précisé que « la nation iranienne n’attend pas l’autorisation des autres parties pour se défendre ».

Un tel tir, pour autant qu’il ait bien eu lieu, ravive le spectre d’une attaque nucléaire contre certains de ses voisins, et en particulier Israël que l’Iran tient pour son principal ennemi et menace depuis de nombreuses années. Et le fait qu’un test de missile ponctue une semaine riche en projets de colonisation israélienne des territoires palestiniens occupés peut expliquer.

Ce tir pourrait entamer la confiance qui se renoue depuis la signature en juillet 2015 d’un accord sur les activités nucléaires de l’Iran entre celui-ci et les principales grandes puissances de la planète.

Pas d’activités balistiques

Le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault, qui était justement en visite en Iran mardi n’a pas manqué de manifester son inquiétude au président Hassan Rohani et à son homologue Mohammad Javad Zarif. Ce dernier a déclaré, lors d’une conférence de presse conjointe, que les tirs de missiles n’étaient pas visés par l’accord sur le nucléaire ni par la résolution 2231 du Conseil de sécurité qui l’a approuvé.

Or, cette dernière formule bel et bien des restrictions portant sur le programme balistique de l’Iran. La résolution stipule en particulier que l’Iran est tenu de ne mener aucune activité liée aux missiles balistiques conçus pour pouvoir emporter des armes nucléaires, y compris les tirs recourant à la technologie des missiles balistiques.

Du reste, les deux dossiers sont connexes, les missiles étant les vecteurs tout désignés pour emporter une charge explosive, nucléaire ou non, vers un objectif. Le ministre Zarif a tenté de rassurer en indiquant que les missiles iraniens « ne sont pas conçus pour porter des têtes nucléaires ». Celui-ci a aussi précisé comme « nous avons toujours dit que nous n’utiliserons jamais nos armes contre les autres sauf s’il s’agit de nous défendre ».

 

VINCENT BRAUN

Source: lalibre.be

Sabrina Lallemand
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