Libye: les deux principaux chefs rivaux veulent œuvrer à la fin du conflit

Libye: les deux principaux chefs rivaux veulent œuvrer à la fin du conflit
AFP/Archives / TIZIANA FABI Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement d'union nationale (GNA) soutenu par l'ONU et l'Occident, lors d'un sommet à Rome le 20 mars 2017

Les deux principaux protagonistes du conflit en Libye ont convenu lors de leur rencontre à Abou Dhabi d’œuvrer à un règlement de la crise mais sans annoncer de mesures concrètes, selon des communiqués distincts publiés mercredi.

Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement d’union nationale (GNA) soutenu par l’ONU et l’Occident, et le maréchal Khalifa Haftar, chef des forces armées des autorités parallèles basées dans l’est du pays, se sont rencontrés mardi à l’initiative des Émirats arabes unis pour la première fois depuis janvier 2016.

Dans leurs communiqués, les deux hommes ont souligné la nécessité de régler la crise économique et politique et d’unifier les efforts pour lutter contre le terrorisme et mettre fin « aux souffrances des Libyens ».

Cependant la question de la formation d’une armée libyenne unifiée semble toujours diviser les deux camps.

M. Sarraj, dans son communiqué, affirme s’être mis d’accord avec le maréchal Haftar afin de « mettre en place une stratégie (…) pour former une armée libyenne unifiée » sous « une autorité civile ».

L’autre camp dit, en revanche, que l’accent a été mis sur la nécessité « de permettre à l’institution militaire (loyale à Haftar) d’assurer pleinement son rôle dans la lutte contre le terrorisme ».

AFP/Archives / Abdullah DOMALe maréchal Khalifa Haftar, chef des forces armées des autorités parallèles basées dans l’est du pays à Al Marj en Libye, le 3 décembre 2016


Accusé de vouloir instaurer une nouvelle dictature militaire en Libye, le maréchal Haftar, qui dirige l’Armée nationale libyenne (autoproclamée), est appuyé par un Parlement élu établi dans l’est du pays. Il est soutenu aussi par des pays comme les Émirats ou l’Égypte.

Ce Parlement a refusé de donner sa confiance au GNA issu de l’accord politique de 2015, négocié sous l’égide de l’ONU, et qui ne prévoit aucun rôle pour M. Haftar, même si les forces de ce dernier contrôlent une grande partie de l’Est où se trouvent les principaux terminaux pétroliers du pays.

Dans leurs communiqués, MM. Haftar et Sarraj ont indiqué s’être mis d’accord sur la fin des violences dans le sud du pays où des affrontements opposent les deux camps autour d’une base aérienne proche de la ville de Sebha.

Six ans après la révolte ayant mis fin à la dictature de Mouammar Kadhafi, la Libye reste engluée dans une interminable crise de transition, victime d’une insécurité persistante, d’une économie en lambeaux et de rivalités politiques incessantes.

 

AFP

Sabrina Lallemand
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