Les sites et monuments, victimes de guerre

Les sites et monuments, victimes de guerre
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La guerre nuit au patrimoine de l’humanité. L’EI est particulièrement iconoclaste.

Le procès d’Ahmad Al Faqi Al Mahdi a été le premier sanctionnant, en tant que tel (1), la destruction du patrimoine mondial de l’humanité. Mais à l’instar des Mausolées de Tombouctou, de nombreux sites classés au patrimoine mondial de l’humanité ont subi des dommages ou des destructions, ces dernières années, en raison de la guerre. Il en est ainsi des parcs nationaux du Congo, mais aussi du Krak des Chevaliers (XIe siècle) ou de la vieille ville d’Alep, en Syrie.

De plus en plus de cas, cependant, relèvent, comme à Tombouctou, de la destruction intentionnelle par des groupes islamistes. Soit parce que le monument visé est antérieur à l’islam et donc considéré comme « idolâtre »; soit parce qu’il appartient à une version de l’islam ne correspondant pas à leur vision intégriste salafiste (par exemple des monuments soufis). Une démarche qui n’est pas sans rappeler les iconoclastes qui se sont manifestés en Europe de l’Ouest aux XVIII et IXes siècles ou lors de la Réforme protestante. D’aucuns voient également dans les destructions de monuments par des djihadistes une « opération de communication » destinée à marquer les esprits et à s’affirmer comme le seul interlocuteur dans une région conquise.

Bâmiyân, Hatra, Ninive, Palmyre

Parmi les destructions intentionnelles du patrimoine mondial de l’humanité, on peut relever la dévastation, en 2001, par les Talibans afghans, des monuments bouddhistes de la Vallée de Bâmiyân, dont deux statues monumentales des III et Ves siècles, ainsi que des fresques dont des morceaux furent revendus au Pakistan à des réseaux de trafiquants d’œuvres d’art.

Au nord de l’Irak, en mars 2015, le groupe Etat islamique (EI) a détruit la ville de Hatra, vieille de 2 000 ans et capitale du premier royaume arabe, classée par l’Unesco. L’EI a également anéanti des pièces préislamiques du musée de Mossoul, dans le nord de l’Irak, des palais assyriens – dont certains vieux de 26 siècles – et la ville néoassyrienne de Nimrud, fondée treize siècles avant Jésus-Christ. En mai 2016, l’EI a aussi jeté bas une partie de Ninive, une des plus anciennes cités de Mésopotamie, datant du VIIIe siècle avant Jésus-Christ.

En Syrie, le même EI a pulvérisé en 2015 plusieurs constructions du site greco-romain de Palmyre datant des Ier et IIe siècles, ainsi que torturé et décapité son conservateur.

Des sites non classés par l’Unesco mais également de grande valeur ont été détruits en Irak et en Syrie mais aussi en Libye, à Tripoli et Zliten, par des islamistes armés de pelleteuses.

La directrice de l’Unesco, Irina Bokova, a saisi la CPI en février 2015 après des dévastations à coups de masse au musée de Mossoul par l’EI. Selon Mme Bokova, les djihadistes veulent « une société sans mémoire, ni histoire « . Ils tentent de  » supprimer la diversité culturelle pour imposer une vision totalitaire unique ».

(1) Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie avait poursuivi Pavle Strugar notamment pour des destructions dans la vieille ville de Dubrovnik, classée par l’Unesco.

MARIE-FRANCE CROS

Source: lalibre.be

Sabrina Lallemand
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