Les prisonniers palestiniens poursuivent leur grève de la faim

Les prisonniers palestiniens poursuivent leur grève de la faim
Photo APS

ALGER – Le mouvement de grève de la faim des centaines de prisonniers palestiniens se poursuivait mardi, pour le deuxième jour consécutif, dans les geôles israéliennes pour mettre fin aux abus de l’administration pénitentiaire alors que les autorités d’occupation ont renforcé les sanctions à l’égard de ces détenus en transférant certains d’entre eux vers d’autres prisons.

Entamée lundi à l’occasion de la journée internationale des prisonniers palestiniens observée chaque année depuis plus de 40 ans, cette grève de la faim collective et inédite depuis 2013 a été initié par Marwane Barghouthi, en prison depuis 2002 et condamné par un tribunal militaire israélien à cinq peines de prison à perpétuité.

« Selon les informations dont nous disposons, 1.500 prisonniers refusent de se nourrir pour dénoncer leurs conditions de détention », a déclaré Amani Sarahneh, porte-parole du Club des prisonniers palestiniens, l’association qui fait autorité dans les Territoires occupés sur la question des détenus.

Les prisonniers sont issus de toutes les mouvances politiques palestiniennes, notamment du Fatah et du Hamas.

 

Israël refuse la négociation et durcit ses sanctions

 

Mardi, l’occupation israélienne a annoncé qu’elle ne négocierait pas avec les prisonniers palestiniens ayant entamé la veille une grève de la faim pour réclamer des conditions « dignes » de détention.

Et l’administration pénitentiaire israélienne  a procédé à des transferts pour tenter de briser le mouvement de grève. Ainsi, M. Barghouthi et d’autres figures du mouvement, ont été envoyés vers d’autres prisons et placés à l’isolement, selon des sources palestiniennes citées par des médias.

De plus, « l’administration pénitentiaire a confisqué tous les biens qui se trouvaient dans les cellules des grévistes », d’après le Club des prisonniers palestiniens.

A rappeler que parmi les 6.500 Palestiniens actuellement détenus par Israël, figurent 62 femmes et 300 mineurs. Environ 500 d’entre eux sont sous le régime extra-judiciaire de la détention administrative qui permet une incarcération sans procès ni inculpation. Treize députés sont aussi emprisonnés.

 

Manifestation de solidarité à travers la Palestine

 

Ces dernières années, plusieurs Palestiniens se sont lancés dans des grèves de la faim individuelles pour protester contre des abus. Elles les ont menés au bord de la mort et se sont conclues par des accords sur leur libération. Certains ont toutefois été arrêtés de nouveau ensuite.

La dernière grève massive dans les prisons israéliennes remonte à février 2013, lorsque 3.000 Palestiniens avaient refusé de se nourrir, durant une journée, pour protester contre la mort en détention d’un des leurs.

Dans le cadre de la journée des prisonniers palestiniens et en soutien au mouvement de grève illimité lancé lundi, des milliers de Palestiniens ont défilé « pour dire aux prisonniers qu’ils ne sont pas seuls, alors que c’est ce qu’Israël tente de leur dire », a expliqué Fadwa Barghouthi, l’épouse de Marwan Barghouthi, et elle-même un haut cadre du Fatah.

Dans le même temps, le président Mahmoud Abbas et sa diplomatie appelaient « la communauté internationale à intervenir immédiatement pour sauver la vie des détenus grévistes de la faim », multipliant les contacts tous azimuts avec les capitales étrangères.

Les prisonniers demandent entre autres des téléphones publics dans les prisons, des droits de visite élargis, la fin des « négligences médicales » et des mises à l’isolement, ainsi que l’accès à des chaînes télévisées et de la climatisation.

 

APS

S.K
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