Les « Panama papers » rattrapent l’ancien ministre du trésor Ali Benouari

Les « Panama papers » rattrapent l’ancien ministre du trésor Ali Benouari

Les Panama Papers  désignent la fuite de plus de 11,5 millions de documents confidentiels issus du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca, détaillant des informations sur plus de 214 000 sociétés offshore ainsi que les noms des actionnaires de ces sociétés. Parmi eux se trouvent des hommes politiques, des milliardaires, des sportifs de haut niveau, des célébrités…

Selon de nouvelles révélations du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), rapportées par Le Monde aujourd’hui, le candidat malheureux à la présidentielle de 2014, Ali Benouari avait créé, en 2000, une compagnie offshore pour dissimuler la vente des actions qu’il détenait dans le capital de Société général Algérie.

En janvier 2000, Ali Benouari, ancien ministre algérien délégué au Trésor, a recouru aux services du cabinet panaméen Mossack Fonseca pour créer une compagnie offshore, Beroll Group SA, enregistrée aux îles Vierges britanniques. Une compagnie dissoute un an et demi plus tard, le 31 octobre 2001, et destinée à servir de paravent à la cession, au profit de Khalifa Bank, des actions qu’il détenait dans le capital de Société générale Algérie (SGA), la filiale locale du groupe français Société générale. Ali Benouari ne voulait pas que cela se sache.

L’ancien ministre et ex-gouverneur de la Banque centrale (en 1988) détenait des actions dans le capital social de départ de SGA. Le groupe Société générale avait en effet concédé près du tiers des actions de sa filiale (29 %) aux cadres financiers qui l’avaient introduite sur le marché algérien, avant d’en reprendre la totalité en 2005. Mais, entre-temps, les actionnaires minoritaires se sont retirés du capital au profit de Khalifa Bank. C’était entre 2000 et 2001, peu de temps avant que la Banque d’Algérie ne gèle les transferts de cette banque aux pratiques peu orthodoxes et qui s’est retrouvée, quelques années après, au cœur d’un retentissant scandale financier ; son fondateur, Rafik Khalifa, a été condamné à dix-huit ans de prison en 2015.

Toujours selon Le Monde, « les documents obtenus dans le cadre du projet « Panama Papers », mené par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) avec plus de 100 rédactions (dont Le Monde), montrent que le cabinet panaméen a désigné deux administrateurs locaux avant de les remplacer par Ali Benouari sur demande de Pierre Richa. « Le nom du nouvel administrateur est Ali Benouari, d’Algérie, résidant à Genève. Veuillez préparer une décision pour l’ouverture d’un compte bancaire à Genève », a requis Pierre Richa dans une autre correspondance adressée à Mossack Fonseca en août 2000 ».

Yasmine Amziane
CONTRIBUTOR
PROFILE

Voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée. Les champs Exigés sont marqués avec *

Cancel reply