Les forces irakiennes donnent l’assaut à Falloujah, bastion de l’EI

Les forces irakiennes donnent l’assaut à Falloujah, bastion de l’EI

Les forces irakiennes ont donné l’assaut lundi à Falloujah, bastion du groupe État islamique (EI) situé à seulement 50 kilomètres de Bagdad, marquant une nouvelle phase de combat urbain dans l’offensive lancée il y a une semaine pour reprendre la ville.

Dans la Syrie voisine, l’EI également cible d’une offensive majeure des Forces démocratiques syriennes (FDS, combattants kurdes et arabes) dans la province de Raqqa (nord), a riposté par un assaut contre les rebelles dans celle limitrophe d’Alep (nord).

Conduites par le service d’élite du contre-terrorisme (CTS), l’unité de combat la mieux entraînée d’Irak, les forces du gouvernement sont entrées dans la ville de Falloujah par trois directions avant l’aube.

«Nous avons donné tôt ce matin l’assaut à Falloujah», a affirmé à l’AFP le porte-parole du CTS Sabah al-Nomane.

«Les forces irakiennes sont entrées dans Falloujah avec le soutien aérien de la coalition internationale et de l’armée de l’air irakienne ainsi que l’appui de l’artillerie et des chars», selon le général Abdelwahab al-Saadi, commandant de l’opération.

«Les forces du service du contre-terrorisme (CTS), la police (de la province) d’Al-Anbar et l’armée irakienne, ont commencé à entrer dans Falloujah par trois directions vers 4 h (21 h dimanche, heure de Montréal)», a-t-il précisé.

L’EI résiste

«Il y a une résistance de la part de DAECH», a-t-il affirmé.

Des dizaines de milliers de membres des forces armées irakiennes et des unités paramilitaires des Hached al-Chaabi (ou Mobilisation populaire) – constituées principalement de milices chiites proches de l’Iran – participent à l’offensive sur Falloujah depuis une semaine.

Ces forces, qui avaient réussi ces derniers jours à reprendre des villages et secteurs autour de la ville, ratissaient lundi Saqlawiya, au nord de Falloujah, selon des officiers.

L’implication des forces d’élite du contre-terrorisme irakien, qui ont permis la reprise aux djihadistes de plusieurs villes ces deux dernières années, marque une nouvelle phase dans l’offensive contre Falloujah, première cité à tomber aux mains de l’EI en janvier 2014.

Les djihadistes s’étaient par la suite emparés de vastes régions d’Irak, dont la deuxième ville du pays Mossoul (nord) qu’ils contrôlent toujours.

Craintes pour les civils

L’intensification des combats a fait naître des craintes pour les civils. Environ 50 000 d’entre eux sont coincés à Falloujah et manquent de nourriture, d’eau potable et de médicaments. Le millier de djihadistes qu’il y aurait sur place sont soupçonnés de vouloir les utiliser comme bouclier humain.

Depuis le début de l’offensive pour reconquérir cette ville il y a une semaine, environ 3000 personnes ont pu sortir des banlieues «épuisées, effrayées et affamées», mais des milliers d’autres restent bloquées «sans aide ni protection», selon le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), qui craint de nouvelles vagues de déplacés.

À Amriyat al-Falloujah, une localité sous contrôle du gouvernement à une vingtaine de kilomètres au sud de Falloujah, les déplacés arrivent affamés et épuisés après des heures de marche dans la nuit.

Même si le chemin est semé de dangers, Ahmad Sabih, un père de famille de 40 ans qui a pu atteindre un camp d’accueil tôt dimanche, a préféré tenter l’aventure : «j’ai décidé de tenter le tout pour le tout. Soit je sauvais mes enfants soit je mourrais avec eux».

Un commandant haut placé de la police a affirmé que les forces de l’ordre avaient assisté lundi quelque 800 civils fuyant la zone de combat.

Falloujah est l’un des deux principaux centres urbains d’Irak encore aux mains de l’EI. Les forces kurdes ont lancé dimanche une offensive à l’est de Mossoul, deuxième ville du pays et de facto capitale de l’EI en Irak.

La bataille de Falloujah pourrait être l’une des plus difficiles pour les forces irakiennes même si l’EI est apparu affaibli ces derniers mois. Bagdad estime que les djihadistes ne contrôlent plus que 14 % de l’Irak contre 40 % en 2014.

L’EI continue toutefois de perpétrer de sanglantes attaques. Onze personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées dans trois attentats à la bombe lundi à Bagdad et dans ses environs.

En novembre 2004, l’armée américaine avait eu énormément de mal à déloger les insurgés de Falloujah et y avait livré les combats parmi les plus durs depuis la guerre du Viêt Nam. La ville a longtemps été décrite comme un bastion d’Al-Qaïda.

En Syrie voisine, les combats faisaient rage autour du fief rebelle de Marea, dans le nord de la province d’Alep où des dizaines de milliers de déplacés sont menacés par une offensive de l’EI.

«Au moins 165 000 civils syriens sont aujourd’hui bloqués entre l’EI à l’est et au sud, les forces kurdes à l’ouest et la frontière turque fermée au nord. Que faut-il de plus aux États-Unis, à l’UE et à l’ONU pour appeler la Turquie à donner refuge à ces personnes ?», a déclaré à l’AFP Gerry Simpson de l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch.

JEAN MARC MOJON
AFP Bagdad
Lapresse.ca

Sabrina Lallemand
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