Les algériens accrocs : la dépression Facebook menace, esprits fragiles s’abstenir

Les algériens accrocs : la dépression Facebook menace, esprits fragiles s’abstenir
Photo archives Reuters

Les réseaux sociaux sont définitivement entrés dans la vie des algériens à l’instar des centaines d’autres internautes dans le monde. Ce phénomène technologique qui a permis à beaucoup d’entre nous de renouer avec ses camarades de l’école primaire ou de tisser des liens sur tous les continents est aussi à l’origine de troubles psychologiques pour ceux qui le prennent trop au sérieux.

Les relations interactives font maintenant partie intégrante de notre réalité grâce à l’avènement d’internet et des réseaux sociaux. Les interactions entre humains ont rapidement évolué, l’information circule beaucoup plus vite et des communautés se créent entre des personnes, qui bien souvent, ne se rencontreront jamais.

Les réseaux sociaux ont très vite pris une place importante dans la vie de plusieurs millions d’algériens. Près de huit millions de nos compatriotes vivent quotidiennement au rythme des publications partagées sur Facebook par leurs « amis ».

Plus vous consultez les murs des autres, plus vous risquez de sombrer dans la dépression 

Selon de nombreuses études scientifiques très sérieuses ont établi des liens entre la fréquence d’utilisation du réseau de Mark Zuckerberg et le développement de troubles psychologiques comme la dépression.

Une étude menée par une équipe de recherche de l’institut des systèmes d’informations de l’université de Berlin révélait que 36,9% des utilisateurs de ce réseau social se sentait plus mal, et plus insatisfait de leur vie après une visite sur le mur des nouvelles de leurs amis réels, ou même virtuels.

Les personnes les moins actives sont les plus affectés par ce sentiment de solitude et d’envie. En un clic, ces personnes qui vivent dans la monotonie, se retrouvent confrontées à la vie des autres. Une vie qu’ils aimeraient bien avoir.

L’étude démontre que le sentiment de jalousie est déclenché en premier lieu par les photos de vacances directement suivi par les interactions sociales.

Les sujets fragiles peuvent vivre une souffrance intense, une frustration qui les mènent souvent à une dépression (1) .

Les quelques tentatives d’échange avec les autres peuvent renforcer ce sentiment, car ces utilisateurs ne comprennent pas pourquoi Karim aurait 125 commentaires sur sa nouvelle photo de profil, pendant qu’eux, n’en récoltent que 3.

Ils se demandent aussi pourquoi Dyhia se fait souhaiter un joyeux anniversaire par 243 amis, alors qu’en ce qui les concerne, c’est toujours les mêmes 3 amis qui le font chaque année.

Facebook n’est pas un instrument de mesure de popularité

Les utilisateurs de Facebook qui mesurent leur popularité par l’intérêt qu’ils suscitent auprès de leurs amis risquent de sombrer inévitablement dans la dépression, car bien souvent, ce sont ceux qui partagent des contenus intéressants qui sont souvent ignorés.

Les gens les plus actifs dans la vraie vie, comme dans ce monde virtuel, voient leur cote baisser dès qu’ils commencent à démontrer de réelles compétences qui renvoient aux autres une mauvaise image de soi.

Vous l’avez bien compris, votre communauté Facebook peut se retourner contre vous si vous osez manifester votre joie un peu trop fort à leur goût.

Des chercheurs de l’université du Michigan se sont eux aussi intéressés à la « dépression Facebook », ils confirment les résultats de la première étude, et ils ajoutent que plus vous passez de temps sur le site, plus vous êtes malheureux (2). Cette étude démontre aussi que c’est la comparaison avec les autres qui fait baisser le moral des utilisateurs peu actifs.

Selon une autre étude menée par des chercheurs australiens, publiée sur la revue Computers in Human Behavior, une activité croissante et importante sur Facebook serait un signe de dépression.

Ne pas confondre fil d’actualité et réalité

On oublie souvent que ce qu’on nous présente sur Facebook est une image qui n’est pas toujours conforme à la réalité.

Quand l’un de vos amis publie les photos de ses dernières vacances à Cuba, il faudrait peut-être se demander combien d’années d’économies lui ont values ces publications et à quoi il a dû renoncer pour apparaître tout souriant au bord d’une plage paradisiaque.

Si vous voulez vous comparez, il faut avoir toutes les données en main, pas seulement ce que les autres veulent vous montrer.

Tout est une question de choix et de priorités propres à chaque individu. Vous pouvez obtenir les mêmes choses que ceux qui vous font trembler en ligne, mais par contre dites-moi ce que vous êtes prêts à faire pour l’obtenir ?

À utiliser avec beaucoup de modération

Une étude publiée dans le Journal of Social and Clinical Psychology vient appuyer les conclusions des centaines autres études publiées à ce jour et affirment aussi que certains utilisateurs peuvent passer des heures à passer en revue les publications de leurs amis pour arriver finalement à la conclusion que leur vie est moins intéressante que celle des autres.

Le sentiments d’impuissance qu’ils éprouvent face « aux stars de Facebook » les poussent souvent à opter pour de vieux réflexes hérités de nos ancêtres, soit l’attaque ou la fuite.

Ils se sentent profondément agressés par le succès affiché, qu’il soit fondé ou pas, et ils choisissent soit d’attaquer ces personnes ou de les fuir en cliquant sur les boutons « bloquer » ou « retirer de la liste d’amis » pour ne plus être confronté au bonheur des autres.

Tout ce temps perdu à vivre des conflits virtuels pourrait être consacré à l’accomplissement de vos projets qui vous sortiront certainement de ce besoin de comparaison. Les personnes qui sont occupées à concrétiser leurs ambitions ont beaucoup moins de temps à consacrer à la vie des autres.

Le cerveau humain a besoin d’évolution constante pour exprimer des émotions positives et le meilleur moyen de sombrer dans une dépression profonde c’est de donner plus d’importance à la vie d’autrui qu’à la sienne.

Par Mohamed IDIR

Expert en développement humain & communication

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(1) Hanna Krasnova, helenna Wenninger, Thomas Widjara, and peter Buxmann. Envy on Facebook : A hidden Threat to users life satisfaction 2013 Institute of Information Systems, Humboldt-Universitat zu Berlin, Germany.

(2) Ethan Kross, Phillippe Verduynm Emre Demiralp, Jiyoung Park, David Seungjae Lee, Natalie Lin, Holly Shablack, John Jonides, Oscar Ybarra, université du Michigan, Facebook Use Predicts Declines in subjective well-being in young adults. August 2013.

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