Le sommeil de bébé, indispensable à la maturation du cerveau

Le sommeil de bébé, indispensable à la maturation du cerveau
GETTY IMAGES (C) INGEDATA

Chez les bébés, le repos favorise de nombreuses fonctions mentales et psychiques comme l’apprentissage, le langage, la mémoire, l’humeur et les émotions.

Dormir comme une bûche, un loir ou… un bébé ! Autant d’expressions populaires qui évoquent ce sommeil lourd d’excellente qualité auquel les petits s’abandonnent naturellement. Soit 16 à 17 heures à la naissance, et de 11 à 13 heures à l’âge de 4 ans. Si certains nourrissons sont capables de faire presque un tour de cadran, d’autres sont plus actifs et rétifs aux siestes, au grand dam des parents… Des variations en partie dictées par plusieurs gènes dits « horloges ». Identifiés ces dernières années, ils sont, dès le plus jeune âge, les chefs d’orchestre de nos nuits. Ce sont eux qui distinguent les « petits » des « gros » dormeurs, des différences que les parents doivent apprendre à identifier et respecter.

Mais que le sommeil soit diurne (siestes du matin et de l’après-midi) ou nocturne, il est toujours à cet âge un acteur de première importance dans le développement général de l’enfant. « Il favorise de nombreuses fonctions mentales et psychiques comme la mémorisation, l’apprentissage, le langage, mais aussi les émotions et la régulation de l’humeur », détaille Dominique Petit, chercheuse au Centre d’études avancées en médecine du sommeil (Céams) de l’université de Montréal (Canada). Ces heures d’abandon sont en effet essentielles à la maturation du cerveau. Dès le plus jeune âge, les deux grands types de sommeil, profond (calme) et agité, qui deviendront respectivement lent et paradoxal chez l’adulte (voir lexique ci-dessous) sont présents avant que leur répartition et organisation soient soumises à de profonds remaniements durant les trois premières années de vie. Les rythmes circadiens (alternance jour/nuit) se mettent peu à peu en place, le repos diurne se réduit, et le sommeil agité est rapidement divisé par deux, passant de 65 % à la naissance à 30 % à 6 mois-1 an, et se rapprochant ainsi progressivement de la proportion chez l’adulte. C’est d’ailleurs à 6 mois qu’un nourrisson devient capable de « faire ses nuits » en dormant au moins six heures d’affilée. « Dès lors, l’endormissement ne se fait plus directement en phase paradoxale, comme chez le tout-petit, mais plutôt en sommeil calme, lent et profond, là encore adoptant tranquillement l’organisation du sommeil de l’adulte », explique Dominique Petit.


LEXIQUE.
Sommeil lent léger : Stade durant lequel on se réveilleencore facilement. Il représente environ 50% du sommeil total (réparti en 4 à 6 cycles de 90 minutes environ)
Sommeil lent profond : Stade durant lequel le réveil est difficile. C’est le moment où le corps reconstitue ses forces. Il occupe 20 à 25% du sommeil total.
Sommeil paradoxal : Stade durant lequel le dormeur présente à la fois des signes d’endormissement profond et d’éveil. Il représente 20 à 25% du sommeil total.


L’attitude des parents est un facteur primordial

Physiologie et facteurs génétiques ne sont cependant pas seuls à régir le temps de repos. Le nourrisson devient aussi de plus en plus dépendant de facteurs environnementaux : prises alimentaires (tétée ou biberons), jeux, promenades… sans oublier son tempérament propre. Le comportement des parents est aussi – et surtout – un élément primordial. « Leur attitude au moment du coucher est déterminante car elle permettra ou non à l’enfant de s’autonomiser face au sommeil, poursuit la spécialiste. Tout se joue finalement avant 3 ans ! » La mise au lit ne doit ni être retardée (entre 20 et 21 heures maximum), ni s’éterniser. Aux parents de savoir quitter la chambre à temps. Car l’enfant qui a appris à s’endormir seul est capable en cas d’éveil nocturne – une situation fréquente, en moyenne trois fois par nuit entre 1 et 3 ans -, de se rendormir sans aide. Résultat : il s’autoapaisera et il aura acquis un profil de « bon » dormeur à la différence du « mauvais dormeur » qui signalera ses réveils nocturnes par des pleurs augmentant ainsi son temps d’éveil du fait d’une interaction prolongée avec un parent… Mieux vaut donc coucher les jeunes enfants après un rituel calme et réconfortant, les laisser dormir en respectant leur sommeil naturel et ne pas forcer les siestes, au risque d’en faire des insomniaques à l’âge adulte.


PÉRINATALITÉLe fœtus dort pendant l’accouchement
Pas encore né mais déjà totalement indépendant. Tout au moins sur le plan du sommeil. Le fœtus, qui dort presque sans arrêt dans le ventre de sa mère, fonctionne de manière totalement désolidarisée des phases d’éveil ou de sommeil de celle-ci car rien ou presque ne le dérange ! D’ailleurs, que fait-il pendant l’accouchement ? Il dort à poings fermés. Et ce n’est qu’au moment des contractions les plus puissantes et à l’instant de l’expulsion qu’il daigne se réveiller. Les chercheurs ont ainsi établi que les états de vigilance du bébé s’organisent dès la période fœtale. La maturation du sommeil dépend en effet de celle du cerveau (et vice versa) et s’effectue de manière progressive.
Immergé dans l’obscurité du liquide amniotique, le fœtus ne possède pas encore de rythme circadien (alternance jour/nuit) et n’est pas calé sur 24 heures. Une certaine organisation existe néanmoins : vers la 24e semaine de vie intra-utérine (5e mois de grossesse), une alternance de périodes d’activité et d’agitation s’établit. Un pic d’activité motrice fœtale est ainsi détecté entre 21 heures et minuit, à un moment peu apprécié des mères qui, elles, tentent à ce moment-là de se reposer ! Puis c’est à partir de la 28e semaine (6e mois de grossesse) qu’apparaît le sommeil agité avant le sommeil calme vers la 30e semaine.
Enfin, vers 36 semaines (8 mois de grossesse), les deux types de sommeil alternent régulièrement, la phase d’agitation restant très importante (65% du temps de repos).


 

Sylvie Riou-Milliot

Source: sciencesetavenir.fr

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