Le débat fait rage sur la santé mentale de Trump

Le débat fait rage sur la santé mentale de Trump
Les 35 signataires écrivent, dans une lettre envoyée lundi au «New York Times», que les paroles et les actes de Donald Trump «montrent son incapacité à tolérer des vues divergentes et le poussent à avoir des réactions enragées». Image: EPA

Etats-Unis. Controverse autour de la lettre ouverte de 35 psychiatres, psychologues et travailleurs sociaux.

Au podium de la Maison-Blanche jeudi après-midi, Donald Trump a laissé pantois la majorité des journalistes assistant à sa conférence de presse lorsqu’il a affirmé: «Les fuites sont totalement réelles. Les informations sont fausses car beaucoup d’informations sont fausses.» Cette déclaration, qui teste les limites de la cohérence, a conforté Richard Reichbart dans ses convictions. Le docteur en psychologie installé dans le New Jersey fait partie des 35 psychiatres, psychologues et travailleurs sociaux qui ont envoyé lundi une lettre au New York Times pour mettre en garde contre la santé mentale du président.

«Je ne sais pas si Donald Trump se voile la face ou pas», explique Richard Reichbart. «Mais le fait est qu’il crée ses propres faits alternatifs et son propre monde. Et son comportement compulsif est celui de quelqu’un ayant des troubles comportementaux.»

Les 35 signataires écrivent que les paroles et les actes de Donald Trump «montrent son incapacité à tolérer des vues divergentes et le poussent à avoir des réactions enragées». Ils écrivent à propos du président: «Ses paroles et son comportement suggèrent une profonde incapacité à ressentir de l’empathie. Les individus qui ont ces traits de caractère déforment la réalité pour l’adapter à leur état psychologique en attaquant les faits et ceux qui les rapportent (journalistes et scientifiques).»

La règle Goldwater violée

Richard Reichbart explique que l’idée de la lettre est née ces dernières semaines au sein de l’American Psychoanalytic Association. Les signataires invoquent la nécessité d’avertir leurs concitoyens pour justifier aussi leur décision d’outrepasser la «règle Goldwater». La règle doit son nom à Barry Goldwater, un ancien candidat à la présidence qui avait fait l’objet, en 1964, de diagnostics à distance peu rigoureux de la part des psychiatres. Elle interdit à ceux-ci de se prononcer sur la santé mentale d’une personne qu’ils n’ont pas examinée.

Parallèlement à la lettre, une pétition demandant la destitution de Donald Trump circule sur Internet et a déjà recueilli le soutien de plus de 24 000 personnes travaillant dans le domaine des sciences du comportement.

Ces démarches divisent le corps médical, comme l’admet Richard Reichbart. Allen Frances, un professeur émérite de psychiatrie à l’Université de Duke, a d’ailleurs aussi écrit cette semaine une lettre au New York Times pour critiquer l’approche des signataires. «Selon moi, Donald Trump s’attaque aux expressions démocratiques de base aux Etats-Unis», explique-t-il. «C’est une démarche politique qui me trouble autant que les auteurs de la lettre. Mais je pense qu’ils ont tort. Je ne crois pas qu’il puisse être stoppé par un groupe de psychiatres. C’est le Congrès qui doit le faire.» Le docteur en psychiatrie ajoute une nuance importante: «Un comportement que l’on considère comme mauvais est rarement la manifestation d’une maladie mentale.»

Un psy à la Maison-Blanche?

Certains élus démocrates semblent néanmoins prêts à embrasser une stratégie remettant en question la santé mentale de Donald Trump. Ted Lieu, un représentant de Californie, a par exemple l’intention d’introduire un projet de loi exigeant la présence d’un psychiatre à la Maison-Blanche. Et Earl Blumenauer, un élu de l’Oregon, réfléchit à un projet de loi qui pourrait permettre aux anciens présidents et vice-présidents de déterminer avec le vice-président en fonction si le président est mentalement capable d’assumer ses responsabilités.

 

Par Jean-Cosme Delaloye

Source: tdg.ch

Sabrina Lallemand
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