Le Cambodge interdit le commerce de lait maternel

Le Cambodge interdit le commerce de lait maternel
AFP/Archives / TANG CHHIN Sothy L'enseigne de l'entreprise américaine Ambrosia Labs, le 16 mars 2017 à Stung Meanchey, une banlieue pauvre de Phnom Penh, au Cambodge

Le Cambodge a officiellement interdit mardi l’exportation de lait maternel, un commerce mis en place pendant quelques semaines par une entreprise américaine qui l’achetait auprès de Cambodgiennes pauvres.

Sur son site internet, l’entreprise Ambrosia Labs, qui présentait cela comme une première, précisait que le lait collecté dans ce pays pauvre d’Asie du Sud-Est était ensuite congelé avant d’être expédié aux Etats-Unis pour être vendu 20 dollars les 147 ml.

Mardi, le Premier ministre Hun Sen a demandé que « des mesures immédiates soient prises pour empêcher l’achat et l’exportation du lait maternel », dans une lettre consultée par l’AFP.

« Certes le Cambodge est pauvre et a des difficultés mais pas au point de devoir vendre le lait maternel de ses mères », est-il aussi écrit dans la lettre.

La semaine dernière, les douanes du Cambodge avaient expliqué avoir suspendu l’exportation de lait maternel vers les Etats-Unis en attendant une décision gouvernementale.

L’Unicef, qui avait condamné ce commerce et l’exploitation de femmes pauvres à des fins commerciales, s’est félicité de cette décision du gouvernement.

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance a rappelé que le Cambodge a le taux de mortalité le plus élevé de la région chez les nourrissons avec 97 décès pour 1.000 naissances.

Et la plupart des enfants cambodgiens souffrent de malnutrition: 45% des enfants montrent des signes de retard de croissance modéré ou sévère.

« Chaque femme était volontaire mais elles n’ont souvent pas le choix, vu leur difficultés économiques », a expliqué Ros Sopheap, directrice de l’ONG locale Gender and Development for Cambodia (GDC), satisfaite de l’interdiction.

Chea Sam, l’une des mères qui vendait son lait, s’est toutefois dit « déçue de l’arrêt de ce commerce, qui nous aidait beaucoup ».

C’est à Stung Meanchey, une banlieue pauvre de Phnom Penh où Chea Sam vit, qu’Ambrosia Labs avait ouvert un bureau qui a fermé depuis quelques jours. Les femmes touchaient entre 7 et 10 euros par jour en fonction de la quantité de lait.

Le pays demeure l’un des plus pauvres d’Asie, avec un revenu annuel moyen par personne de 1.160 dollars. Plus du tiers des Cambodgiens vivent sous le seuil de pauvreté.

 

AFP

Sabrina Lallemand
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