L’Algérie appelle à « des solutions durables » aux problèmes des réfugiés et des migrants

L’Algérie appelle à « des solutions durables » aux problèmes des réfugiés et des migrants
APS

NEW YORK- L’Algérie a appelé jeudi à New York à des solutions durables aux problèmes des réfugiés et des migrants, s’indignant de la montée des politiques d’enfermement qui veulent faire face à cette crise par l’exclusion et la discrimination.

Dans son discours prononcé au nom de l’Algérie à l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, a indiqué que « la communauté internationale vit dans sa chair des exodes humains d’une ampleur inégalée depuis la seconde guerre mondiale».

«  Ces images bouleversantes nous interpellent. Des milliers d’êtres humains qui sont contraints (à) à des traversées périlleuses qui ne peuvent être réduites à de simples phénomènes migratoires, dont certains imaginent pouvoir endiguer l’ampleur avec les vieux réflexes d’enfermement sur soi et d’exclusion de l’autre », a déclaré le ministre.

Il s’agit bien d’une «  situation à valeur de test pour nous tous », a précisé le ministre en s’interrogeant si les êtres humains sauront s’accepter dans toutes leur diversités dans un ensemble global qui se hisse au diapason des exigences de l’universel.

Le ministre a rappelé à ce sujet le discours tenu par le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika lorsqu’il avait dirigé la 29 ème session de l’AG de l’ONU, et dans lequel, il avait souligné du haut de cette même tribune que «  le concept d’universalité est aussi une nécessité morale. Il signifie que devant l’unité du genre humain, les barrières raciales s’écroulent, de même que s’effacent les différences de conditions économiques et sociales ».

« Force est de déduire de cette vérité, que rien n’a démentie », a noté le ministre, en soutenant que « la capacité d’appréhension de tels phénomènes par la communauté internationale est mise à l’épreuve  d’abord pour les mesures de solidarité urgentes, auxquelles l’Algérie apporte une contribution aussi discrète que significative, mais aussi pour définir des solutions durables qui traduisent notre degré effectif d’attachement aux trois piliers qui fondent les Nations Unies : la sécurité, le développement et les droits de l’Homme ».

Il a relevé que l’ONU se retrouvait actuellement face à une multitude « d’épreuves inédites et inégalées » et que le moment est certainement bien venu de démontrer qu’effectivement elle «  est l’institution unique qui a le pouvoir d’honorer sa vocation de rassembler le plus large consensus pour les surmonter ».

Evoquant, par ailleurs, l’agenda du développement durable à l’horizon 2030, le ministre a constaté que les prévisions économiques mondiales peu encourageantes montraient les menaces qui hypothèquent le succès des efforts de la communauté internationale dans la réalisation des objectifs de cet agenda, en particulier la lutte contre la pauvreté.

Ces prévisions, a-t-il dit « pointent du doigt une diminution préoccupante des flux d’investissements vers les pays en développement, des instabilités des marchés financiers internationaux lourdes de conséquences. Elles mettent en danger les niveaux d’aide publique au développement, déjà en érosion chronique depuis plusieurs années ».

A ce titre, il a considéré qu’une « une haute priorité doit être légitimement accordée au continent africain pour la satisfaction de ses besoins en réalisation d’infrastructures, pour assurer l’accès aux services de base, tels que l’eau ou l’électricité, ainsi que pour l’intégration de ces pays aux chaînes de valeurs internationales et de compétitivité économique ».

Dans le même contexte, le ministre a souligné que l’Algérie avait inscrit son propre effort de développement dans cette perspective, y compris par la mobilisation d’un surcroit de ressources intérieures, à travers des instruments financiers et fiscaux novateurs.

« De fait, ce que l’Algérie revendique en termes de réforme, d’ouverture et de transparence pour les Nations Unies, elle se l’applique d’abord à elle-même », a -t- il encore relevé devant cette tribune.

A ce propos, M. Lamamra a indiqué que « sous l’impulsion du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, l’Algérie a adopté, en mars dernier, une importante révision de sa Constitution qui contient des acquis démocratiques considérables ».

« Les idées-forces portent principalement sur la consécration de la primauté du Droit, le renforcement des libertés individuelles, le rôle institutionnel de l’opposition, la libération des forces vives économiques, la promotion de la femme et la consécration de Tamazight comme langue nationale et officielle », a-t-il expliqué.

« Il s’agit bien d’une étape essentielle dans le cheminement historique du pays, et les Algériens rassemblés dans un esprit de concorde assumé, ont témoigné ainsi de leur volonté d’accélérer la construction d’une société apaisée, ouverte et forte », a affirmé le ministre.

« Précisément parce qu’elle l’est, forte et en paix avec elle-même, que l’Algérie pourra contribuer encore davantage, pour la paix, la sécurité, la stabilité et la prospérité dans son voisinage immédiat et au-delà. Et c’est également la démonstration renouvelée de la foi et de l’attachement de l’Algérie envers ce que représentent les Nations Unies », a ût-il mis en exergue en concluant son discours.

 

APS

Karim Arhab
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