L’âge ou le sexe du donneur de sang déterminerait la survie du receveur

L’âge ou le sexe du donneur de sang déterminerait la survie du receveur
Les chercheurs ont déterminé que les patients qui ont reçu du sang provenant d'une femme voyaient s'accroître leur risque de mortalité par rapport à ceux qui reçoivent du sang donné par un homme. (c) Afp

Des chercheurs canadiens suggèrent que la survie du donneur pourrait être affecté par le sexe ou le jeune âge du receveur. Des conclusions étonnantes qui auront besoin d’être confirmées.

Les personnes qui reçoivent une transfusion sanguine de donneurs de sexe féminin ou de jeunes des deux sexes ont moins de chances de survie, a déterminé une étude canadienne publiée dans la revue médicale JAMA Internal Medicine.« Ces résultats sont étonnants et suggèrent que si vous avez besoin d’une transfusion, les résultats cliniques pourraient être affectés par l’âge ou le sexe du donneur », explique le Dr Dean Fergusson, directeur du programme d’épidémiologie clinique à l’Hôpital d’Ottawa au Canada. Mais, souligne-t-il, « notre étude est de nature observationnelle, ce qui signifie qu’on ne peut pas en tirer des conclusions définitives ».

Identifier les mécanismes biologiques sous-jacents

Les chercheurs ont déterminé que les patients qui ont reçu du sang provenant d’une femme voyaient leur risque de mortalité, quelle qu’en soit la cause, accru de 8% par unité de sang reçu par rapport à ceux transfusés avec du sang donné par un homme. Ainsi, un patient à qui on a donné six unités de sang avait un risque de décéder de 36% un an plus tard si ce sang provenait entièrement d’une femme, comparativement à 27% s’il venait de donneurs hommes. Les chercheurs ont constaté des résultats similaires chez les receveurs de sang donné par des jeunes de 17 à 20 ans. Le risque de décéder était alors 8% plus élevé par unité transfusée comparé à ceux dont le sang venait de donneur de 40 à 50 ans.

« Nous avons besoin de faire plus de recherche pour confirmer ces observations et tenter de trouver de possibles mécanismes biologiques », explique le Dr Michaël Chassé, professeur adjoint de médecine à l’Université Laval à Québec. « Une possibilité serait que des composants dans le sang de jeunes donneurs et de femmes pourraient affecter le système immunitaire de ceux qui reçoivent ce sang », selon lui.

Les dons de sang sont la procédure médicale la plus courante dans les hôpitaux avec plus de cent millions d’unités collectées dans le monde annuellement, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Les auteurs de cette étude ont analysé les résultats cliniques de 30.500 patients ayant reçu des transfusions de sang, en fonction de l’âge et du sexe des 80.755 donneurs. Elle a été effectuée à l’hôpital d’Ottawa entre octobre 2006 et décembre 2013. L’âge moyen des receveurs de sang était 66,2 ans. Ils ont été suivis 2,3 ans en moyenne et 7,2 ans au maximum.

 

Par sciences & Avenir et AFP

Lamia Siffaoui
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