Kinshasa accuse les Etats-Unis de préparer le « chaos » en RDC

Kinshasa accuse les Etats-Unis de préparer le « chaos » en RDC
Photo AFP

Le gouvernement congolais a accusé jeudi l’administration américaine de préparer le « chaos » en République démocratique du Congo (RDC) au lendemain des sanctions financières américaines contre deux hauts responsables militaires congolais, dans un communiqué parvenu à l’AFP.

Mercredi, le Trésor américain avait décidé de geler d’éventuels avoirs du général-major Gabriel Amisi Kumba, commandant des forces terrestres de la RDC, et du général John Numbi, ancien inspecteur de la police nationale congolaise (PNC), pour leur rôle dans la répression des « libertés et droits politiques du peuple congolais » et pour les entraves au processus démocratique dans le pays.

« Il apparait clairement qu’en revisitant l’histoire, ce schéma correspond à celui qui a conduit au chaos des pays comme la Libye ou le Sud-Soudan aujourd’hui menacés de disparition », a écrit le ministre Lambert Mende Omalanga, porte-parole du gouvernement congolais dans un communiqué.

« A la lumière de ces initiatives cavalières (…) à l’endroit de l’un ou l’autre de ces officiers, le gouvernement s’interroge sur la logique et les motivations des autorités américaines », a ajouté M. Mende.

La RDC ne voudrait pas « alourdir le tribut à payer aux adeptes des ingérences extérieures attentatoires à son auto-détermination », a encore indiqué le ministre, faisant allusion à « l’ignoble assassinat de son élu Patrice Emery Lumumba », éphémère Premier ministre de l’ex-Congo belge après son accession à l’indépendance, le 30 juin 1960.

La RDC vient de connaître, les 19 et 20 septembre, une nouvelle explosion de violences, ayant fait 49 morts selon l’ONU, et liées au report de la présidentielle qui devait se tenir cette année.

La Constitution interdit au président congolais Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, de ne pas se représenter à la fin de son mandat le 20 décembre, mais le chef de l’État ne donne aucun signe de vouloir quitter son poste alors que le scrutin présidentiel apparaît désormais impossible à organiser dans les temps.

Le gouvernement américain redoute que des violences plongent davantage la RDC, un pays ravagé par deux guerres (1996-1997 et 1998-2002) dans l’instabilité.

Depuis deux décennies, l’est de la RDC est en proie à une instabilité chronique causée par des groupes armés locaux et étrangers, auteurs de graves violences pour des raisons ethniques, foncières ou pour le partage des immenses ressources minières de la région.

Le département d’Etat américain ordonne au personnel diplomatique de quitter le pays

Les Etats-Unis ont ordonné aux familles du personnel diplomatique américain en poste en République démocratique du Congo de quitter le pays en raison d’une recrudescence des violences, a annoncé jeudi soir le département d’Etat. « Le risque de troubles civils est élevé à Kinshasa et dans d’autres grandes villes », estime le département d’Etat dans un communiqué. « En raison de la détérioration de la situation sécuritaire, les membres des familles du personnel gouvernemental américain ont reçu l’ordre de quitter le pays à partir du 29 septembre ».

Des violences ont éclaté le 19 septembre à Kinshasa, faisant une cinquantaine de morts selon le Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme. L’opposition dresse quant à elle un bilan d’une centaine de tués.

Jeudi soir, Kinshasa accusait Washington de préparer le « chaos » en RDC au lendemain des sanctions financières américaines contre deux hauts responsables militaires congolais.

 

AFP

Source: lalibre.be

Sabrina Lallemand
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