Iran: l’ex-président Ahmadinejad s’inscrit pour la présidentielle

Iran: l’ex-président Ahmadinejad s’inscrit pour la présidentielle
AFP / ATTA KENARE L'ex-président iranien Mahmoud Ahmadinejad (c) montre ses papiers d'identité lors de son inscription à la présidentielle, le 12 avril 2017 à Téhéran

L’ex-président ultraconservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad a créé la surprise et la confusion mercredi en se portant candidat à la présidentielle du 19 mai malgré l’opposition du guide suprême, l’ayatollah Khamenei.

En retrait depuis son départ de la présidence en 2013, M. Ahmadinejad s’est rendu dans la matinée au ministère de l’Intérieur pour s’enregistrer officiellement comme candidat.

Mais, à la sortie, il a expliqué que cette initiative ne signifiait pas qu’il désirait retrouver le poste qu’il a occupé durant huit ans à partir de 2008. Elle vise, selon lui, à soutenir la candidature de son ex-vice-président Hamid Baghaie.

En septembre 2016, M. Ahamdinejad avait annoncé qu’il ne serait pas candidat après une intervention de l’ayatollah Ali Khamenei le dissuadant de l’être afin d’éviter une « bipolarisation nocive ».

« Le guide suprême m’a conseillé de ne pas participer à l’élection et je l’ai accepté (…) Je respecte ma parole. Mon enregistrement vise simplement à soutenir la candidature de mon frère Hamid Baghaie », a déclaré M. Ahmadinejad en s’adressant à la presse mercredi.

Il a précisé que « le conseil » exprimé par le guide suprême « n’était pas une interdiction » à concourir.

AFP / ATTA KENAREL’ex-président iranien Mahmoud Ahmadinejad (g) et son ex-vice-président Hamid Baghaie (d) lors de leurs inscriptions à la présidentielle, le 12 avril 2017 à Téhéran


M. Baghaie, qui se tenait à côté de lui, s’est également enregistré sur les listes après avoir annoncé sa candidature en février.

Agé de 47 ans, ce fidèle d’Ahmadinejad a affirmé ces dernières semaines qu’il n’appartenait à aucun camp politique, se démarquant du camp conservateur. En juin 2015, il avait été arrêté puis passé sept mois en prison pour une raison qui n’a jamais été rendue publique.

Lancées mardi, les opérations d’enregistrement des candidats se poursuivent jusqu’à samedi. Tous les Iraniens pouvant se porter candidat, 197 personnes s’étaient déjà inscrites à la mi-journée, dont huit femmes. Mais jusque-là, aucune femme n’a été autorisée à se présenter à la présidentielle par le Conseil des Gardiens de la constitution.

Ce Conseil, un organe contrôlé par les religieux conservateurs, doit approuver la liste des candidats retenus d’ici au 27 avril.

– En attendant Rohani –

Le président modéré Hassan Rohani, élu en 2013 avec le soutien des modérés et réformateurs, devrait se présenter pour un second mandat de quatre ans, selon ses proches.

Dans le camp conservateur, faute de personnalité incontournable, un nouveau groupe appelé « Front populaire des forces de la révolution islamique » a été créé en décembre avec l’objectif de s’entendre sur un candidat unique.

Il a établi une liste réduite de cinq personnalités avant de choisir son candidat final, qui pourrait être Ebrahim Raissi, un religieux conservateur bénéficiant d’un solide soutien. Figure aussi sur cette liste le maire de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Après l’annonce de M. Ahmadinejad, deux anciens députés ultraconservateurs l’ayant soutenu durant sa présidence ont affirmé que sa décision d’aller à l’encontre de l’avis du guide suprême était inacceptable. « Avec ce geste, ma croyance en vous a été brisée », a écrit l’un d’eux.

La présidence de M. Ahmadinejad avait été marquée par le bras de fer avec les grandes puissances à propos du dossier nucléaire iranien et ses déclarations intempestives contre Israël et l’Holocauste.

Les Etats-Unis et les pays européens avaient également imposé début 2012 de lourdes sanctions contre l’Iran pour l’amener à la table des négociations afin de limiter son programme nucléaire. Ce qui avait provoqué une grave crise économique avec une inflation dépassant les 40% et une chute de la valeur de la monnaie nationale face au dollar.

Durant son second mandat, M. Ahmadinejad avait aussi pris ses distances avec les conservateurs, qui le critiquaient de plus en plus, notamment sur sa gestion économique.

 

AFP

Sabrina Lallemand
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