Irak: les jihadistes de l’EI ont aussi violé des femmes sunnites

Irak: les jihadistes de l’EI ont aussi violé des femmes sunnites
AFP/Archives / Marwan IBRAHIM Des familles irakiennes ayant fui la ville d'Hawija, se reposent sous la protection des Peshmerga le 17 aout 2016 à Kirkouk

Les combattants jihadistes, dont les abus contre les femmes yézidies en Irak ont été bien documentés, ont également violé et torturé des femmes musulmanes sunnites, a rapporté lundi l’organisation Human Rights Watch (HRW).

L’ONG a documenté des cas de détentions arbitraires, de mariages forcés et de viols commis par les jihadistes contre des femmes ayant tenté de fuir la ville de Hawija (nord), toujours sous le contrôle de l’organisation Etat islamique (EI).

Hanan, 26 ans et dont le mari avait réussi à s’échapper, a été capturée alors qu’elle et d’autres femmes essayaient de s’échapper de la ville, indique HRW.

Les jihadistes lui ont dit que la fuite de son mari faisait d’elle une hérétique et qu’elle devait se marier avec un chef jihadiste local. Lorsqu’elle a refusé, ils lui ont bandé les yeux avant de lui asséner des coups avec des câbles en plastique et de la violer.

« Le même homme m’a violé tous les jours pendant un mois (…) devant mes enfants », a confié Hanan à l’ONG.

Pour HRW, peu de choses sont faites pour s’attaquer à la honte ressentie par ces femmes qui n’osent pas parler. « Les violences sexuelles contre les femmes sunnites vivant sous la férule de l’EI sont peu connues », regrette Lama Fakih, directrice adjointe pour le Moyen-Orient de HRW.

« Nous espérons que la communauté internationale et les autorités locales feront tout ce qu’elles peuvent pour donner aux victimes le soutien nécessaire », poursuit-elle.

L’EI, groupe ultra-radical sunnite, s’était emparé en 2014 de plusieurs pans du territoire irakien, au nord et à l’ouest de Bagdad. Ses combattants ont justifié les viols de masse contre les femmes yézidies du fait de leur appartenance à un groupe pratiquant une religion qui a emprunté certains de ses éléments au christianime ou à l’islam.

 

AFP

Sabrina Lallemand
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