Le bilan des victimes de l’incendie qui a dévasté une tour de logements sociaux à Londres s’est alourdi vendredi à 30 morts. Les secours, à la recherche de nombreux résidents portés disparus, peinaient à progresser dans le bâtiment très instable. « Je peux malheureusement confirmer que 17 personnes sont décédées » a annoncé Stuart Cundy, commandant à la Metropolitan Police, un bilan provisoire.

Il a précisé qu’une équipe spécialisée s’est rendue sur place pour tenter de « sécuriser le bâtiment », afin de permettre aux secouristes et aux équipes cynophiles de progresser dans les étages, à la recherche des disparus. « Cela va être un processus lent et minutieux », a-t-il ajouté.

« Ce serait un miracle de retrouver des survivants », a déclaré la cheffe des pompiers Dany Cotton sur la chaîne SkyNews, soulignant que la violence du feu et la chaleur laissaient peu de chance aux personnes qui n’ont pas pu s’échapper du brasier. Les recherches pourraient prendre des semaines, a-t-elle précisé.

Des familles entières n’ont pas donné signe de vie, des médias évoquant des dizaines de personnes toujours portées disparues.

L’origine du sinistre restait inconnue mais la colère montait parmi les résidents qui pointaient des défaillances à répétition dans la gestion de la tour Grenfell, qui comptait 120 appartements et hébergeait quelque 600 personnes dans une enclave populaire du quartier cossu de Kensington.

Le nouveau revêtement de l’immeuble faisait en particulier débat. Selon la BBC, il incorporait une couche de plastique, ce qui pourrait expliquer la vitesse à laquelle le feu s’est propagé. Le quotidien Guardian écrit que c’est le même revêtement qui a été mis en cause lors d’un incendie « similaire » dans la ville australienne de Melbourne en 2014 qui n’avait pas fait de victime.

La Première ministre Theresa May, qui s’est rendue brièvement sur place dans la matinée pour rencontrer pompiers et policiers, a annoncé une enquête pour déterminer les causes de cette « tragédie épouvantable ».